‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 13 sur 148 · TISSU MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

TISSU MUSCULAIRE

Les fibres musculaires striées à contraction volontaire se développent aux dépens des cellules embryonnaires, qui s’allongent, dont le noyau devient ovoïde et se multiplie, dont le protoplasma subit des modifications nutritives qui le transforment en substance striée. En même temps il se développe autour de la cellule une membrane amorphe, résistante, qui devient le sarcolemme. Au début de cette formation, le protoplasma subit, seulement dans sa portion périphérique, les transformations qui aboutissent à la structure musculaire. Autour des noyaux, qui finalement, chez les mammifères, sont transportés à la périphérie de la substance musculaire, il reste toujours une partie du protoplasma non transformée; ces noyaux se montrent au-dessous du sarcolemme entourés d’une petite masse fusiforme dé protoplasma. Cette masse protoplasmique s’étend, du reste, sous forme de lames extrêmement minces, dans toute l’épaisseur du faisceau et le partage en colonnes longitudinales (cylindres primitifs de Leydig) ; ces colonnes elles-mêmes sont divisées par le protoplasma en cylindres dont le diamètre dépasse à peine 1 p. (fibrilles primitives).

Telle est l’origine de la striation longitudinale de la fibre musculaire. Quant à la striation transversale, qui est beaucoup plus nette, qui frappe au premier abord les yeux de l’observateur, et qui a fait donner aux faisceaux musculaires le nom de fibres striées,- elle doit être considérée comme une distribution en quelque sorte géométrique des particules contractiles de la substance musculaire. Ces particules, sur lesquelles Bowman a le premier attiré l’attention, Fig 19 Fibre musculaire striéo. ont été décrites par lui sous le nom de

sarcous éléments. D’après Bowman, la substance contractile serait essentiellement constituée par de petits prismes placés régulièrement bout à bout et les uns à côté des autres ; entre eux se trouverait un ciment. Cette manière de comprendre la constitution des fibres musculaires striées fut corroborée par l’action de certains réactifs dont les uns (alcool, acide chromique, bichromate) favorisent la division, longitudinale des faisceaux primitifs en fibrilles, tandis que les autres (suc gastrique, acides organiques dilués, alcalis caustiques) produisent la séparation des mêmes faisceaux en disques superposés comme les pièces d’une pile de monnaie.

Suivant la théorie de Bowman, il n’y avait, dans le faisceau musculaire, ni fibrilles longitudinales, ni disques transversaux, mais des sarcous éléments réunis par un ciment longitudinal dissous par l’alcool,

l’acide chromique, etc., et par un ciment transversal dissous par le suc gastrique, les acides organiques dilués et les alcalis caustiques.

Cette conception de Bowman a régné pendant plus de dix ans, bien qu’elle eût dû être ébranlée par des observations déjà anciennes d’Amici, qui ont été confirmées et étendues par Krause, par Hensen et par nous-mêmes.

Dans les lignes transversales qui séparent les sarcous éléments , il existe constamment une strie fine qui possède les qualités optiques des sarcous eux-mêmes. En outre, les sarcous éléments sont divisés transversalement en deux parties égales par une strie claire.

De ces observations il résulte que la structure des faisceaux striés n’est pas aussi simple que Bowman l’avait supposée, et qu’en réalité ils possèdent une structure extrêmement complexe.

Si nous considérons une fibrille isolée comme on les obtient facilement en dissociant les muscles des ailes des insectes, nous y voyons, après coloration au moyen du picro-carminate d’ammoniaque ou de l’hématoxyline, se succéder : 1° un disque épais divisé en deux parties égales par une strie incolore ; 2° un espace clair; 3° un disque mince; 4° un nouvel espace clair.; puis un disque épais, et ainsi de suite.

Cette disposition, qui existe dans tous les muscles striés, est en rapport avec leur mode de contraction, où interviennent deux facteurs : 1° la contractilité, qui apparaît aux disques épais; 2° l’élasticité, qui semble dépendre des disques minces et des portions intermédiaires entre les disques minces et les disques épais.

Tissu nerveux. — Les éléments essentiels du tissu nerveux sont les cellules nerveuses, cellules ganglionnaires ou neurones. Les fibres qui en naissent, fibres nerveuses et tubes nerveux, en sont une simple dépendance.

Les cellules nerveuses sont très variables dans leur forme et dans leurs dimensions, qui oscillent entre 10 \x et 100 pi; elles présentent toujours des prolongements simples ou ramifiés qui les unissent entre elles et avec les tubes nerveux. Parmi ces prolongements, il en est un partant de chacune des cellules nerveuses motrices de la moelle et du cerveau, qüi a été découvert par Deiters et qui porte son nom. Il est homogène, vitreux; il donne évidemment naissance à un cylindre-axe de tube nerveux à myéline. C’est pourquoi il est également désigné sous le nom de prolongement cylindraxile (voir a, fîg. 20).

Les cellules nerveuses des centres sont bien manifestement

dépourvues de membranes. Leur substance fondamentale est finement granulée et contient souvent des granulations pigmentaires en plus ou moins grande proportion; elle est striée à la périphérie de la cellule. Entre les stries périphériques du corps de la cellule nerveuse se trouvent des amas d’une substance granuleuse qui se colore facilement et fortement par la plupart des réactifs colorants employés dans les recherches histologiques. Cette substance, qui a été bien étudiée par FlemmingjNisl, Marinesco, etc., est désignée sous le nom de chromatophile ou chromatine. Elle semble jouer un rôle important dans la nutrition des cellules nerveuses. Toutes les cellules nerveuses possèdent un noyau limité par un double contour, pourvu d’un ou deux nucléoles. Telle est la disposition des cellules de la substance grise du cerveau, du cervelet et de la moelle épinière.

Dans tous les ganglions spinaux, les cellules nerveuses sont globuleuses; elles possèdent un seul prolongement et sont entourées d’une capsule mince dont la face profonde est tapissée de cellules endothéliales.

Les cellules nerveuses et les cellules de la névroglie se développent aux dépens des cellules du névro-épithélium primitif de la gouttière vertébrale.

Les fibres nerveuses sont de deux espèces : celles qui contiennent de la myéline (tubes nerveux à myéline ou à double contour) et celles qui n’eri possèdent pas (fibres nerveuses sans myéline). Ces dernières existent seules dans l’embryon au début de la formation des nerfs. C’est durant le cours du développement que la substance médullaire s’ajoute aux fibres nerveuses.

Les tubes nerveux à myéline peuvent être distingués en deux espèces : ceux des nerfs périphériques et ceux des centres nerveux. Les premiers sont limités par une membrane anhiste résistante, membrane de Schwann. A des distances régulières, ces tubes présentent des étranglements (étranglements annulaires), comme s’ils avaient été pris dans une ligature (a, fig„ 22). 11 en résulte qu’ils sont formés de segments égaux (segments interannulaires). La longueur de ces segments varie avec le diamètre des tubes nerveux. Sur les plus gros elle dépasse 1 millimètre. D’un segment à l’autre la myéline n’est pas continue; elle est interrompue au niveau de chaque étranglement. La membrane de Schwann semble se poursuivre sur tous les segments d’un même tube nerveux, mais en réalité elle est formée d’autant de fractions qu’il y a de segments, carie nitrate d’argent révèle une soudure régulière au niveau de chaque étranglement.

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