OEDÈME DU TISSU CONJONCTIF
passeï des ai tèies dans les veines, laisse transsuder sa portion séreuse à travers les parois des vaisseaux comme à travers un filtre. Il explique, dès lors, les hydropisies par la stase sanguine. Cependant Hodgson, à la suite de ligature veineuse pratiquée chez l’homme, n’avait pas vu se produire d’œdème. La théorie de Lower était abandonnée, lorsque Bouillaud montra que, dans la plupart des hydropisies localisées, on observe une oblitération des veines correspondantes. Cependant on constate, en clinique, qu’il y a des hydropisies sans oblitération des veines, et que, réciproquement, une veine peut être oblitérée sans qu’il y ait d’hydropisie. Chez les animaux, la simple ligature d’une . veine ne produit pas d’hydropisie, ce qui tient à ce que la circulation collatérale est toujours suffisante pour que la tension du sang ne dépasse pas la limite de résistance des parois vasculaires. Mais si, chez un animal auquel on a lié une veine, on pratique la section des nerfs vaso-moteurs, les artères étant dilatées, il arrive une plus grande quantité de sang et la tension devient suffisante pour amener la transsudation du sérum.
Cette tensiort exagérée est la véritable cause de l’hydropisie : si cette tension est suffisante, indépendamment de l’oblitération des veines, l’œdème se produira. Tous les œdèmes, sauf peut-être l’œdème cachectique, peuvent être ramenés à la même cause.
C’est ainsi que l’oblitération des veines ést une condition des hydropisies, puisqu’elle augmente la tension sanguine dans les capillaires correspondants. Cette oblitération produira l’œdème dans les cas où il y aura, en même temps, une atonie du système vasculaire. Il suffit d’irriter la peau par le grattage un peu prolongé avec l’Ongle, pour déterminer un œdème localisé, dû à la paralysie des vaisseaux. Ce phénomène, difficile à produire lorsqu’il n’y a pas d’irritation morbide préalable de la peau, s’effectue avec une très grande facilité chez les personnes atteintes d’urticaire ou au voisinage des piqûres d’insectes, des pustules d’acné, etc. On voit, en effet, alors, un gonflement œdémateux de la peau naître sous l’angle qui la gratte. Le gonflement œdémateux qui caractérise le début du phlegmon est lié à l’atonie des parois vasculaires et à l’augmentation de la tension du sang dans les vaisseaux. De cette façon, nous rattachons tous les œdèmes, de quelque nature qu’ils soient, à la même cause physiologique.
Dans les œdèmes dont le développement est très rapide, les grandes cellules du tissu conjonctif sont infiltrées d’une plus grande quantité de granulations graisseuses que dans les œdèmes survenus lentement, dans les maladies du cœur par exemple.
MALADIES DES SYSTÈMES ET DES TISSUS
Les œdèmes infectieux sont causés par diverses espèces de bactéries; ainsi l’œdème qui accompagne la pustule maligne permet de constater dans les mailles du tissu cellulaire et dans les vaisseaux les bactérides du charbon. L’œdème gangreneux de la septicémie montre les bacilles de la septicémie; l’œdème compliqué d’emphysème, le ba~ cillus perfringens ou bacillus aerogenes capsulatus.
§ 3. — Inflammation cicatricielle du tissu conjonctif.
Lorsque le tissu conjonctif sous-cutané a été divisé par un instrument tranchant, il se produit une inflammation qui aboutit à la guérison et qui en est le moyen nécessaire.
D’après tout ce que nous avons vu et exposé dans le chapitre consacré à la cicatrisation des plaies (de la page 185 à la page 208), qu’il s’agisse de plaies cutanées, de membranes muqueuses, d’organes comme le foie et le rein, de tissu musculaire, etc., c’est toujours le tissu conjonctif de ces tissus et organes qui joue le rôle principal dans leur réparation. Le processus en est le même partout. Il se fait d’abord à la surface de section du tissu conjonctif, après l’écoulement d’une quantité de sang plus ou moins grande en rapport avec son étendue, une couche mince, grise, opalescente appelée lymphe plastique par J. Hunter. Cette couche mince dans les plaies dont les surfaces seront maintenues en contact, et qui se répareront par une cicatrice immédiate, servira de milieu pour la réparation définitive. Elle contient en effet de la fibrine, des globules blancs et quelques globules rouges. Elle sera pénétrée bientôt par les cellules conjonctives des deux surfaces sectionnées qui s’y anastomoseront et plus tard, au troisième ou quatrième jour, par des vaisseaux capillaires nouveaux (voyez plus haut la description très complète que nous en avons donnée).
Ce n’eSt pas la lymphe plastique de Hunter qui s’organise par ellemême, suivant la conception de Hunter, adoptée longtemps par les chirurgiens français ; mais cette exsudation fibrineuse est simplement le terrain où poussent les éléments cellulaires qui sont les agents essentiels de la cicatrisation définitive.
Nous ne reviendrons pas ici sur les divers phénomènes concomitants de la cicatrisation, sur les néoformations de capillaires (voyez pages 178 à 181) ni sur les bourgeons charnus des plaies étendues et ouvertes qui se cicatrisent tardivement (voyez pages 181 à 185).