‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 18 sur 148 · L. — L’infiltration glycogénique des cellules · texte numérisé non relu

L. — L’infiltration glycogénique des cellules

M. — La pigmentation;

N. — L’infiltration calcaire ;

O. — L’infiltration uratique ;

P. — La mortification des cellules;

Q. — Les lésions causées par un excès de là nutrition des cellules et des tissus.

A. Régénération des cellules.

Une cellule donnée, composée de son noyau et de son protoplasma, peut se reformer et revenir à l’état antérieur après avoir perdu une

partie de sa substance. On peut présenter, comme exemple de cette rédintégration, la reconstitution des neurones après la section des nerfs (Ranvier) et un petit nombre de faits expérimentaux se rapportant à des infusoires ou à des amibes, c’est-à-dire à des êtres classés dans le règne animal et composés d’une seule cellule. Ainsi Grüber(l) a montré qu’en divisant un infusoire, le Stertor cœruleus, composé d’un protoplasma et de plusieurs noyaux, les parties renfermant un noyau régénèrent l’organisme entier de l’animal. Il en est de même de YAmœba proteus qui ne contient qu’un seul noyau ; le fragment qui contient le noyau régénère l’amibe et s’entoure bientôt de protoplasma, tandis que l’autre partie est détruite. D’après Nüssbaum(2), la restitution intégrale de l’animal s’effectue dans la partie du Gastrostyla vorax sectionné qui possède le noyau. D’où cette conclusion que l’énergie formatrice de la cellule dépend du noyau .

La physiologie des sécrétions glandulaires nous offre des exemples analogues. Dans les cellules sécrétoires des glandes mersoniennes (Ranvier), en effet, le protoplasma se charge de granulations et de sphéroïdes de mucus, de graisse, etc., qui seront éliminés dans l’acte de la sécrétion avec une partie plus ou moins considérable de ce protoplasma. Le noyau subit alors aussi des modifications de sa forme, mais le noyau persiste et reste en place alors que la partie de la cellule qui sert à la sécrétion tombe et est emportée dans les conduits excréteurs glandulaires. C’est ce qu’on observe dans la plupart des glandes, en particulier dans les glandes salivaires et dans la mamelle à l’état de lactation.

La pathologie nous montre des faits analogues. Ainsi, dans les néphrites passagères des fièvres infectieuses, les cellules des tubes urinifères contournés présentent une tuméfaction de leur protoplasma qui contient des granules et des gouttelettes hyalines. La portion superficielle de ces cellules peut être détachée et tomber dans la lumière du tube où elle entre dans la formation des cylindres hyalins (Corail). Ces cellules peuvent être abrasées, réduites à leur noyau rapproché de la paroi du tube et à la partie basale de leur protoplasma. Cependant elles se reforment et leur protoplasma revient à leur état normal lorsque cette néphrite guérit.

Les éléments qui ne possèdent pas de noyaux, comme les globules

(1) Gruber, TJeber künstliche Tlieilungen bei Infusorien, I und II- Mitlheilung Biolog. Cèntralblatt, Bd. IV, n° 23, S. 717 et Bd. V, n° 5, p. 137.

(2) Nussbadm, Ueber die Theilbarkeit der lebendein. Materie. I. Die spontané und. künstliche Theilung der Infusorien. Arch. f. mikr. Anatomie. 1886. Bd, XXVI, p. -485.

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