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HYPERTROPHIE ET ATROPHIE DES CELLULES

rouges des mammifères et de l’homme, lorsqu’ils sont épanchés hors des vaisseaux ou fragmentés dans les voies circulatoires, ne peuvent se régénérer et se transforment en fragments pigmentés. Les cellules qui sont complètement détachées, comme cela arrive pour les épithéliums cylindriques dans les catarrhes des voies respiratoires et digestives, meurent ou sont régénérées.

B. Hypertrophie et atrophie des cellules.

Le volume plus ou moins considérable des cellules est généralement lié aux conditions plus ou moins favorables de leur nutrition. Mais la nutrition, l’apport de matériaux utilisables, ne rendent point toujours compte de leur variation de grosseur. Des cellules de même nature d’un même organe seront les unes plus volumineuses que les autres. Ainsi dans un même îlot hépatique il y aura des cellules plus petites que les autres; plusieurs d-entre elles posséderont deux noyaux à l’état normal. Dans la même goutte de sang, on pourra trouver des globules rouges volumineux ou normaux à côté de petits. Les petits globules rouges, lorsqu’ils sont en grande quantité, constituent la microcythémie. Avons-nous affaire dans ces différents cas à des cellules primitivement grosses ou petites, à du gigantisme et à du nanisme ou à des éléments plus ou moins bien nourris? Parmi les cellules de la moelle des os qui appartiennent au type du tissu conjonctif, il en est d’énormes pourvues de nombreux noyaux à l’état normal. Tels sont les myéloplaxes de Robin. Des cellules géantes se rencontrent, dans le foie embryonnaire et dans le placenta. 11 est bien démontré que l’apport de matériaux nutritifs augmente le volume des cellules : par exemple, l’oxygène pour les globules rouges; le développement vasculaire et les divers phénomènes de la grossesse pour les cellules contractiles de l’utérus gravide. Dans ce développement physiologique, les fibres musculaires de la paroi utérine deviennent dix fois plus longues et quatre fois plus larges que dans la période de vacuité suivant Kôlliker. Leur noyau s’épaissit aussi, mais dans de moindres proportions. Après l’accouchement, ces fibres reprennent leur volume primitif.

En pathologie, les cellules géantes se développent dans de très nombreuses circonstances, dans tous les tissus inflammatoires, dans les sarcomes, dans les tubercules. Leur origine et leur nature sont variables. Dans les tissus enflammés expérimentalement, où il est facile de voir leur modé de formation, on s’assure que ces cellules

naissent aux dépens des cellules endothéliales des séreuses et de la membrane interne des vaisseaux et aux dépens des cellules du tissu conjonctif.

Ainsi dans les deux ou trois premiers jours qui suivent une inflam¬

mation des séreuses, on conjonctif se tuméfier

voit les cellules endothéliales et celles du tissu ainsi que leurs noyaux, s’allonger au point d’avoir acquis une longueur cinq à huit fois plus considérable qu’à l’état normal en s’anastomosant par de longs prolongements (Ranvier). Le noyau de ces cellules peut se multiplier sans qu’il ^ y ait division du protoplasma et l’on a |r alors de véritables cellules géantes. m Lorsque, dans les expériences pratiquées en vue de produire des inflam- W mations, on a placé des fils à ligature ou 1 des morceaux d’éponge stérilisés, on

? voit au bout de cinq à six jours ces

corps étrangers entourés déjà de cellules géantes longues, pourvues de nombreux noyaux, qui s’aplatissent contre les brindilles du fil ou contre les travées de l’éponge. Ges grandes

Fig. 29. — Cellules endothéliales en cellules Se développent alors aUX

prolifération dans une cicatrice fibri- , ,

neuse séro-séreuse en voie d’orga- - dépens des Cellules Conjonctives avec

SSîfcSîr&rSÆ: »*»* «ont souvent unies

cellule endothéliale plate, avec trois par des prolongements I elles peUnoyaux résultant d’une multiplication '

directe; b, ceiiuie à deux noyaux; vent naître aussi aux dépens des

c, cellule en multiplication indirecte 17 , , T ' . ,

avec une plaque équatoriale ; d, cellule C6llU16S 6ïlQ0til6liâ,l6S (Ü6S S6F6U.S6S

0t°‘- enflammées ou de l’endothélium de la surface interne des veines et des artères, dans les inflammations subaiguës expérimentales. Dans les mêmes conditions, on observe des cellules géantes dans les alvéoles pulmonaires, soit accolées à leur surface interne, soit libres dans leur cavité, à la suite des pleuro-pneumonies artificielles, et, dans les conduits biliaires, à la suite de la réparation cicatricielle des plaies du foie, aux dépens de l’épithélium cylindrique de ces conduits (Corail et Carnot). Les diverses espèces de cellules peuvent donc concourir à leur genèse. Toutefois elles ne sont nulle part aussi nombreuses que dans les formes variées de la tuberculose pulmonaire, cutanée,

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