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INFILTRATION ET DÉGÉNÉRESCENCE COLLOÏDE

de revêtement 'et dans les cellules glandulaires est fortement accrue. 11 en est de même dans les inflammations des séreuses articulaires, dans le rhumatisme en particulier. Ces sécrétions résultent de l'activité plus grande des cellules.

La mucine existe aussi dans les cartilages normaux. On rattache à une transformation muqueuse le ramollissement et la destruction de la substance fondamentale des cartilages costaux chez les vieillards. Partant de ce seul fait, quelques observateurs, Rindfleisch en particulier. ont supposé que toutes les fois que la substance fondamentale est détruite et que les cellules sont mises en liberté, cela est dû à une transformation muqueuse; mais cette manière de voir n’est pas appuyée sur des observations suffisantes.

La mucine infiltre le tissu cellulaire dans l’œdème de la maladie appelée mvxœdème.

Elle existe souvent dans les enchondromes et dans les cancers que Pon appelle muqueux. Elle donne son caractère essentiel aux néoplasmes qui reproduisent le tissu muqueux du cordon ombilical (myxomes).

G. Infiltration et dégénérescence colloïdes.

On connaît en outre dans l’organisme une matière gélatineuse, colloïde, ressemblant à de la colle, plus consistante que la mucine, qui résulte également d’une élaboration physiologique des cellules; on l’observe dans le corps thyroïde, la prostate et les vésicules séminales.

On voit, en effet, dans les follicules du corps thyroïde une masse’ réfringente qui est le produit des cellules qui les tapissent. Ces cellules paraissent donner la substance colloïde par une dégénérescence physiologique qui aboutit à leur destruction. La matière colloïde se colore facilement en rouge par le carmin et conserve cette coloration qui est moins forte que la coloration des noyaux, mais plus intense que celle du corps des cellules et de la substance intercellulaire; l’acide acétique ne la gonfle pas ou ne le fait que très légèrement et ne la rend jamais grenue.

La substance colloïde diffère donc de la mucine, en ce qu’elle ne se précipite pas par l’acide acétique. Cette substance colloïde a des rapports tels avec les substances protéiques, que Yirchow est arrivé à la produire artificiellement, en traitant du sérum sanguin parle sel de cuisine calciné.

Cette substance ne répond pas à une composition chimique bien

définie, et il n’y a pas de limite absolument tranchée entre elle et la

mucine.

Langendorff(l) a étudié sur des coupes, après durcissement dans l’alcool, la glande thyroïde des animaux et il en a donné toutes les réactions microchimiques et de coloration. L’acide acétique gonfle la substance colloïde, mais elle revient à son état antérieur par l’addition de sel de cuisine. Les alcalis la gonflent et elle se dissout alors par l’addition d’eau. L’acide nitrique la colore en jaune et, si l’on ajoute de l’ammoniaque, elle devient rouge orangé. L’acide chlorhydrique faible additionné de pepsine la dissout. L’alcool et l’eau bouillante la coagulent. L’éosine et toutes les matières colorantes tirées de l’aniline la colorent fortement. Sur une même coupe traitée également par une de ées matières colorantes, les follicules voisins se colorent inégalement, ce qui fait croire que la substance colloïde y est à divers degrés de condensation et de pureté.

Au point de vue de sa formation dans les cellules de la thyroïde, on en voit qui présentent à côté de leur noyau dé petites gouttelettes colloïdes; d’autres cellules sont complètement envahies; ces dernières ainsi transformées s’agglutinent les unes avec les autres, ne sont plus reconnaissables isolément, ont perdu leurs noyaux et constituent par leur agglomération et leur destruction finale en tant qu’éléments vivants, la masse amorphe qui occupe le centre des follicules thyroïdiens. On trouve aussi des boules libres colloïdes, qui sont exsudées des cellules.

D’après Foerster, et nous nous rangeons à son opinion, une partie des corps appelés phvsalides par Virchow résultent de la transformation colloïde des cellules. Les globes colloïdes formés dans l’intérieur des cellules peuvent présenter des couches concentriques. Ils se colorent facilement par le carmin, se rétractent quelquefois sous l’influence de l’acide acétique. Nous verrons bientôt comment on les distingue des globes calcaires, amyloïdes et graisseux.

L’exagération de la formation de la substance colloïde acquiert son maximum d’intensité dans les tumeurs du corps thyroïde appelées ■ goitres. Dans certains goitres, en effet, il n’y .a-rien autre que l’exagétion de cette formation, qui aboutit à donner des kystes plus ou moins volumineux, pouvant communiquer les uns avec les autres.

La transformation colloïde des cellules s’observe quelquefois dans

(1) Beitrage zur Kenntniss der Schilddrüse. Archiv von Dubois-Revmoncl, 1889. Suppl.-Bd. S- 219. “

dégénérescence vitreuse ou cireuse des muscles

les ganglions lymphatiques chez les vieillards. On voit alors toutes les cellules lymphatiques d’un follicule devenir colloïdes et donner naissance à des kystes nombreux, comparables aux follicules de la glande thyroïde de l’adulte, f Dans le rein, chez les vieillards surtout, certains kystes sont remt plis par une substance colloïde qu’on peut voir naître aux dépens des cellules épithéliales des tubuli.

Ceux-ci se dilatent et se transforment en kystes dont le centre

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de laquelle on voitdes cylindres hyalins, b, b’. est oCCUpé par Une masse Colloïde — Grossissement de 100 diamètres.

festonnée à ses bords et montrant des cellules en train de subir celte dégénérescence, comme dans le corps thyroïde.

Les cylindres dits fibrineux de la maladie de Bright paraissent for-

FiG. 33. — Coupe de deux tubes

més par une substance très analogue à celle des kystes : même réfringence, même coloration facile par le carmin, résistance analogue à l’acide acétique.

Nous rattachons aux substances colloïdes, ainsi que nous l’avons déjà fait pressentir, la dégénérescence vitreuse des muscles (dégénérescence cireuse de Zenker).

Dans celle-ci les fibres musculaires se gonflent et deviennent transparentes; elles

présentent des cassures transversales et longitudinales ; la substance nouvelle qui détermine ces changements physiques se colore par le carmin, se gonfle légèrement par l’acide acétique qui en fait dis-

paraître les fentes. Cette altération s’observe dans la fièvre typhoïde et dans beaucoup d’affections des muscles, quelle que soit leur cause (fièvres éruptives, tumeurs, abcès, etc.).

Nous retrouvons des caractères semblables dans les cellules épithéliales ayant subi la dégénérescence dite fibrineuse de Wagner, lésion importante des muqueuses atteintes de diphtérie. Les cellules obtenues par la dissociation des pseudo-membranes diphtériques ont pris un aspect vitreux, transparent; elles montrent des prolongements, se colorent très facilement dans le picro-carminate d’ammoniaque et se gonflent très légèrement dans l’acide acétique. Les noyaux ne se colorent plus et les cellules ainsi altérées sont mortifiées (fig. 35).

Dans les tumeurs (épithéliome, sarcome, carcinome, etc.), les transformations muqueuses et colloïdes des cellules sont très communes. Lorsqu’elles existent, elles détruisent les éléments cellulaires et le tissu ; elles arrivent à former des cavités anfractueuses pleines de matière muqueuse ou colloïde qu’on peut extraire et dont on peut constater les réactions ; cette lésion est très commune dans les sarcomes, les carcinomes, les fibromes, les myxomes, etc. Dans certains épithéliomes^t quelquefois dans les kystes, on constate les caractères de la matière colloïde. Ces transformations colloïdes des tumeurs servent alors à établir dans chacune d’elles des variétés. Les dilatations des glandes du corps de l’utérus et de la mamelle contiennent parfois de la matière colloïde.

Dégénérescence hyaline de RecTclinghausen. — A l’état physiologique, l’endothélium des vaisseaux, surtout des lymphatiques, élabore une substance colloïde myélinoïde (Ranvier). Cette substance paraît être de l’hyaline, que Recklinghausen a observée seulement à l’état pathologique. D’après Recklinghausen et ses élèves, elle se caractérise surtout par ses caractères optiques et par sa coloration en rouge par le carmin et le picro-carmin, et surtout par la couleur rouge très intense que lui donne la fuchsine.. Cette lésion affecte souvent la disposition d une infiltration ou de boules anhistes transparentes. On l’a décrite surtout dans les altérations chroniques de la paroi des vais-

Fig. 35. — Cellules épithéliales des fausses membranes diphtériques.

dégénérescence amiloïde

seaux, dans les anévrismes des artères, autour des vaisseaux du cerveau, dans la paroi des petits vaisseaux de cet organe, dans la choroïde, dans les muscles lisses de l’estomac, dans les ganglions lymphatiques, etc. Cette lésion est mal définie, car certains auteurs décrivent comme altération colloïde ou muqueuse ce que Recklinghausen appelle hyaline.

H. Dégénérescence amyloïde.

Virchow a donné le nom d’amyloïde à une substance protéique qui se rapproche de l’amidon végétal par sa réaction vis-à-vis de l’iode.

La constatation de Virchow eut un grand retentissement, car elle coïncidait avec la découverte du glycogène dans le foie par Claude Bernard. On crut d’abord qu’il s’agissait d’une variété de l’amidon appartenant aux tissus des animaux. Mais bientôt les analyses faites par Kékulé et Schmidt, par Kuhne, par Rudneff, ont montré qu’il s’agissait d’une substance protéique renfermant 15 pour 100 d’azote et donnant lieu à la réaction de Millon.

Cette substance est disposée, tantôt sous forme de globes à couches concentriques, tantôt elle est infiltrée dans les cellules et les tissus. Elle possède la propriété de se colorer en rouge acajou dans l’eau iodée. Si, par exemple, on examine une rate en dégénérescence amyloïde parsemée de grains transparents formés par les follicules de Malpighi ( rate-sagou ), et qu’après l’avoir bien lavée pour enlever le sang, on y verse de la solution de Lugol, toutes les parties transparentes se colorent en rouge acajou. Quelque faible que soit la solution employée, cette substance se colore fortement, tandis que les tissus voisins sont à peine teintés en jaune. Si l’on a fait durcir le même organe dans l’alcool, les coupes minces traitées par la solution iodée offrent au mieux la fixation de la couleur sur les parties altérées. Souvent, après la coloration par l’iode, on obtient une couleur successivement bleue, verte ou violette, en ajoutant de l’acide sulfurique. Cette réaction est tout à fait caractéristique. Avec le violet de méthylaniline ou violet de Paris (violet de Lauth) on décèle tout aussi bien qu’avec l’iode les parties atteintes de dégénérescence amyloïde (Cornil). Le violet d’Hoffmann présente la même réaction. Il suffit de teindre une solution de ces couleurs par une section mince de la pièce à l’état frais ou après son durcissement dans la liqueur de Müller, ou dans l’acide picrique, ou dans l’alcool. Au contact de la préparation, le "violet se dissocie en deux couleurs, rouge violacé et bleu violet.X'

Toutes les parties amyloïdes sont colorées en rouge violacé et les par. lies normales en bleu violet. Celte dissociation est parfaitement nette sur les parties élémentaires les plus fines, comme, par exemple, les fibrilles et les granulations, aussi bien que sur les cellules. Aussi permet-elle d’étudier dans tous ses détails le siège de la substance amyloïde. On peut conserver ces préparations colorées dans la glycérine ou dans l’eau additionnée d’acétate de potasse à 50 pour 100. La safranine teint en jaune rouge les parties altérées, les cellules normales restant rouges.

Cette substance existe à l’état physiologique sous forme de granulations ou de masses plus ou moins considérables, à couches concentriques, dans les glandes de la prostate pelle se montre sous forme de petits globes dans le système nerveux central, principalement à la périphérie de la moelle et à la surface du cerveau. Avant d’employer l’iode et l’acide sulfurique, on ne saurait dire toujours si Ton a affaire à des productions colloïdes ou amyloïdes ; la réfringence est en effet la même dans les deux cas, et les globes colloïdes présentent alissi souvent des couches concentriques.

A l’état pathologique, la matière amyloïde infiltre divers éléments. Elle se dispose alors d’une manière diffuse dans les cellules qui sont ensuite détruites, perdent leurs noyaux et se transforment en blocs amorphes, plus ou moins volumineux, ainsi qu’on l’observe souvent dans le foie et dans la rate. Mais le tissu le plus disposé à cette dégénérescence est le tissu musculaire lisse des petites artères et la membrane des capillaires.

Lorsque les cellules en dégénérescence amyloïde sont disposées demanière à limiter un 'canal, par exemple dans les vaisseaux sanguins et dans les canaux urinifères, elles se soudent, se fondent en une masse commune, amorphe; la membrane du canal devient très épaisse; les éléments cellulaires se tuméfient et s’unissent de telle sorte que le calibre des vaisseaux et des tubes urinifères, dans certains de ces cas, devient très étroit. Les vaisseaux capillaires ainsi altérés montrent souvent leurs cellules endothéliales conservées, mais atrophiées. Ces cellules finissent par disparaître, et le calibre des vaisseaux est tellement rétréci qu’ils sont devenus imperméables au sang. 7

Dans les organes les plus altérés, des parties étendues'et quelqucfois tout l’organe sont transformés en un bloc cireux privé de sang, semi-transparent, qui résiste à la putréfaction. Celte substance amyloïde pure se gonfle dans les alcalis, et résiste incomplètement à la

digestion par le suc gastrique. -

KÉRATINISATION DES CELLULES 75

La production de corpuscules amyloïdes dans le cerveau et la moelle -s’effectue en abondance dans tous les processus inflammatoires

chroniques de ces organes. ___

La substance amyloïde se rencontre sous forme d’infiltration diffuse dans les éléments du foie, de la rate, du rein, des ganglions lymphatiques, des vaisseaux de l’intestin, des muscles, etc., dans un assez orand nombre de cas pathologiques. Le plus souvent elle s’observe dans les suppurations chroniques dues à la tuberculose (phtisie), à la scrofule (tumeurs blanches, adénites, abcès froids) ou aux suppurations dues à l’action du staphylocoque ou du streptocoque (ostéites chroniques, périostites, nécrose des os); dans la syphilis; dans lès affections intestinales; dans la cachexie paludéenne; dans les ulcères chroniques de l’intestin (dysenterie) ; dans l’alcoolisme; dans laleucocythémie ; dans le cancer, etc. Enfin, on l’a produite expérimentalement dans les infections chroniques à l’aide du streptocoque (Birsch-Hirschfeld), du pus bleu (Charrin). Krawkow et Davidson ont étudié récemment ces dégénérescences amyloïdes expérimentales. Elles se produisent beaucoup plus rapidement qu’on ne le pensait par l’observation clinique et elles sont très avancées déjà au bout de trois ou quatre semaines.

Au lieu d’infections générales, on peut rencontrer cette dégénérescence localisée, comme par exemple dans le trachome de la conjonctive.

Certains tissus, comme l’épiderme, la peau, le poumon, le tissu osseux, le tissu nerveux, etc., ne sont pas atteints par l’infiltration amyloïde.

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