‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 51 sur 148 · NÉOFORMATION DE VAISSEAUX DANS L’INFLAMMATION · texte numérisé non relu

NÉOFORMATION DE VAISSEAUX DANS L’INFLAMMATION

Les vaisseaux capillaires sont, comme on le sait, formés par des cellules endothéliales munies de noyaux et soudées par leurs bords. C Sous l’influence de l’irritation, ces cellules se gonflent et se ramollissent; plus tard, si l’inflammation continue, leurs noyaux se mulfipar division directe ou indirecte. Ces phénomènes sont les jjjêïnes qufTceux que nous avons décrits dans les cellules endothéliales du grand épiploon à pro- ^

pos de la péritonite produite - J

artificiellement. Les vaisseaux ^ ^ ^

riAS tissus enflammés reviennent # 0 |®| fi fu /

bryonnaire.

~ Laparoi des vaisseaux ainsi modifiée est molle alors comme tout tissu embryonnaire; elle se laisse facilement distendre ou rompre par la pression sanguine. On conçoit que, dans ces conditions, la sortie des globules blancs et des globules rouges à travers les parois des vaisseaux soit rendue facile et abondante.

î. 78. — Vaisseaux: de nouvelle formation dans une cicatrice pleuro-pulmonaire fibrineuse chez lé chien, au quatrième jour :(, d’après une figure de la thèse de M. Vermorel; grossissement de 600. diamètres) : v, v, v’, vaisseaux de nouvelle formation remplis de sang en circulation, limités .par de grandes cellules endothéliales b, c, d; a, cellules de tissu conjonctif anastomosées, Tous «es éléments, cellules et vaisseaux, sont situés au milieu de la fibrine.

Voyons maintenant comment les capillaires et petits vaisseaux ainsi modifiés vont devenir le point de départ de vaisseaux nouveaux.

Cette néoformation se fait suivant plusieurs types : tantôt une anse papillaire s’agrandit et présente une courbe plus allongée, plus para- 0 I(lue i tantôt de la partie convexe d’une anse capillaire partent des B^longements cellulaires cfui se creusent ensuite à mesure cfue le !ang Y pénètre.

D après Rindfleisch, les cellules contenues dans les exsudats des membranes séreuses s’allongeraient et se disposeraient en séries parales entre lesquelles pénétrerait le sang venu d’un capillaire voisin, dan 6 6St C6*U* ^Ue n°US avons °^serv® et décrit complètement.

s nos expériences relatives à la formation des cellules plasmatiques

DÛS INFLAMMATIONS

et des vaisseaux dans le caillot des veines après leur ligature et d les exsudais fibrineux des séreuses (voir p. 136 et suivantes) ^ cellules endothéliales qui ont pénétré dans la fibrine et le sang et s’* sont multipliées, se disposent en séries qui ménagent entre elles une lumière étroite. Elles forment ainsi vers le quatrième jour un système de lacunes et de canaux anastomosés prêt à recevoir le sang en circulation, ce qui arrive quelques jours après.

Les vaisseaux anciens dont la paroi est embryonnaire montrent de grandes cellules endothéliales qui partent de leur paroi, s’anastomosent avec les cellules conjonctives ou endothéliales voisines et celles-ci forment des néocanalicules capillaires qui reçoivent bientôt le sang des capillaires avec lesquels ils se sont unis.

On sait que les néomembranes inflammatoires qui se développent rapidement à la surface des séreuses, notamment sur la plèvre dans la pneumonie aiguë (voir p. 140, fig. 62), sont bientôt munies de vaisseaux sanguins dont l’abondance ne le cède à aucun organe vasculaire. Ce développement exubérant de capillaires, qui se fait en quelques jours, ne peut guère être expliqué par une simple expansion des rares vaisseaux qui appartiennent en propre à la plèvre normale. On devait dès lors être conduit à admettre une néoformation indépendante. Quelques auteurs avaient pensé autrefois qu’il devait en être ainsi, mais on n’avait jamais apporté une preuve directe à l’appui de cette manière de voir qui était depuis longtemps abandonnée.

On peut enfin invoquer le mécanisme de la formation des vaisseaux observé par Ranvier dans les cellules vaso-formatives. Ces cellules peuvent être facilement observées dans le grand épiploon des jeunes lapins (1). Elles apparaissent dans certaines taches laiteuses de cet organe, qui ne sont pas encore en rapport avec les vaisseaux sanguins de la membrane, au milieu du groupe des cellules lymphatiques. Mais bientôt elles s’agrandissent et au sein de leur protoplasma se forment des globules rouges du sang, comme au sein des cellules végétales apparaissent des grains d’amidon. Puis elles émettent des prolongements qui se ramifient, s’anastomosent les uns avec les autres, tandis que la formation des globules rouges dans leur intérieur se fait avec une activité de plus en plus grande. Bientôt elles couvrent de leurs ramifications toute l’étendue de la tache laiteuse, en constituant un réseau aux points nodaux duquel se trouvent accumulés des globules

(I) Pour de plus amples renseignements, voir Ranvier, Traité technique d’hist0' logie, p. 625. ’

Page 1