‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 53 sur 148 · BOURGEONS CHARNUS · texte numérisé non relu

BOURGEONS CHARNUS

irritante a continué longtemps son action, par exemple au ^veau d’un séton ou d’un tube de drainage, ils atteignent des

dimensions considérables. . .

Us sont simples ou composes ; ceux-ci, plus volumineux, présentent - leur surface une série de bourgeons secondaires. La plupart d’entre 3 x sont simples ; à leur début, ils sont formés d’un tissu conjonctif inflammatoire avec ses grandes cellules connectives et ses capillaires de

formation nouvelle, le tout au milieu de

cellules lymphatiques et de globules rouges .

Leur surface libre est le plus ordinairement coiffée de fibrine (Cornil) fibrillaire disposée en une ou plusieurs couches et contenant des leucocytes avec des globules rouges. Cette couche de fibrine Se continue directement avec le tissu du bourgeon charnu. Bientôt les cellules conjonc¬

tives anastomosées les unes avec les autres s’organisent en un tissu de cellules qui sert de soutien

Fig. 80. — Structure de la surface d’un bourgeon charnu cutané : v, v', vaisseaux capillaires de nouvelle formation venant de la profondeur du bourgeon charnu et accompagnés de cellules conjonctives (c) et de leucocytes (i). Une couche de fibrine Çf) occupé toute la surface du bourgeon. Entre les couches fibrineuses superficielles on voit de grandes cellules conjonctives (à’) provenant du bourgeon (d) (4 reh. de méd. expér., Masson et Cie, édit.). — Grossissement de 300 diamètres.

aux capillaires qui continuent à se développer. Ces mêmes grandes cellules pénètrent dans la couche superficielle fibrineuse. Ce tissu de bourgeons charnus récemment formé ne présente pas encore de fibres de tissu conjonctif. On y trouve assez souvent de volumineuses cellules de tissu conjonctif avec plusieurs noyaux et même de véritables -liiiles géantes sans qu’il y ait de tuberculose. Les fibres n’apparaîll°nt que plus tard et cette organisation des bourgeons coïncidera^ a'ec leur union et leur rétraction.

Ce stade initial dure peu : bientôt un certain nombre des cellules embryonnaires changent de forme, deviennent anguleuses, se réu-

DliS INFLAMMATIONS

nissent par leurs prolongements et constituent un réseau de cellule connectives embryonnaires. Les mailles formées par ce réseau sont comblées par une substance amorphe au milieu de laquelle restent emprisonnées des cellules lymphatiques.

La quantité des leucocytes est variable suivant la période de l’évolution des bourgeons et suivant les variations de l’état pathologique général et local du sujet. Au début, les leucocytes sont abondantsplus tard, si les bourgeons sont rouges et de bonne nature, ils sont en nombre plus restreint. Quand les plaies ont une marche incertaine lente, que l’état général des malade est mauvais, que les bourgeons deviennent gris, qu’ils sont dits de mauvaise nature parles chirurgiens, alors ils renferment beaucoup de leucocytes en dégénérescence ou globules de pus.

Fig. 81. — Tissu de bourgeon charnu où prédominent les leucocytes (d’après Billroth).

Tant que les bourgeons charnus contiennent des globules de pus, ils en sécrètent à leur surface, pour employer une expression vieillie, mais qui exprime bien ce qu’on voit. Par quel mécanisme ces globules de pus se trouvent-ils à la surface des bourgeons ? Sont-ils simplement produits à leur superficie ou cheminent-ils de la profondeur à la surface? Jusqu’à présent on n’a pas de preuve directe de la migration dans l’intérieur même des bourgeons charnus ; mais, d’une part, on a la preuve de la migration des cellules dans les tissus enflammés, et, d’autre part, la sécrétion du pus est assez abondante en peu de temps pour faire supposer que les éléments cellulaires cheminent, soit à l’aide de leurs mouvements amiboïdes, soit sous l’influence du courant liquide qui, des capillaires, s’établit dans le bourgeon jusqu’à sa surface. Ce liquide transsude des vaisseaux, emporte et balaye sur son passage les éléments libres qu’il rencontre. L’expérience suivante nous

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