‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 54 sur 148 · CICATRISATION DES PLAIES · texte numérisé non relu

CICATRISATION DES PLAIES

-emble démontrer ce fait: lorsque, après avoir bien nettoyé une plaie, 50 l’irrite en y mettant du chlorure de sodium ou en approchant d’elle

fer chaud, on voit suinter une rosée de gouttelettes liquides à sa =urface. Dans ce liquide il y a des globules de pus, évidemment entraînés par lui.

La couche de fibrine plus ou moins épaisse qui existe à la surface des bourgeons charnus, est pénétrée peu à peu par les cellules plasmatiques et par les vaisseaux à mesure que ce bourgeon s’accroît, et elle sert à cet accroissement. C’est aussi à l’aide de cette couche de fibrine que des bourgeons contigus se réunissent et se soudent. Deux bourgeons voisins et distincts l’un de l’autre, faisant chacun une saillie isolée, réunis par de la fibrine intermédiaire, envoient l’un à l’autre des cellules dans la fibrine et contractent ainsi une union qui deviendra définitive lorsque les vaisseaux capillaires et des fibres s’y seront développés.

A mesure que la cicatrisation s’avance, le pus se tarit et il ne s’en forme plus à l’intérieur des bourgeons. La substance intercellulaire de ces derniers se condense et des fibrilles de tissu conjonctif ,s’y développent. Leur tissu s’organise en tissu fibreux qui subit un retrait en vertu duquel ils s’affaissent. Les bourgeons voisins, en contact les uns avec les autres, se soudent par le procédé que nous venons d’indiquer, et leurs vaisseaux communiquent. Ils forment ainsi une membrane continue.

La membrane plus ou moins bourgeonnante se recouvrira en dernière analyse d’une couche de cellules stratifiées, épidermiques s’il s’agit de la peau, muqueuses s’il s’agit d’un conduit muqueux. Nous étudierons bientôt ce processus.

D. Cicatrisation des plaies. — Une plaie peut se réunir par première intention, par seconde et même par troisième intention. La cicatrisation consiste essentiellement, dans tous les cas, dans la formation, entre les bords de la plaie, d’un tissu inflammatoire qui devient adulte par la suite.

Cicatrices. — Nous envisagerons d’abord la cicatrisation de parties septiques, car les plaies infectées, compliquées de la présence de microbes ou de leurs toxines, se conduisent différemment. Nous disons Plaies aseptiques, car celles qui sont en rapport, avec des agents antiseptiques, qui sont des poisons pour les cellules, se réparent aussi bien plus lentement.

DES INFLAMMATIONS

Les cicatrices osseuses seront étudiées à propos du cal.

Nous procédons du simple au composé. Les deux expériences de Ranvier, l’une relative à l’inflammation du grand épiploon, l’autre aux plaies de la cornée, nous donnent les exemples les plus nets du phénomène de la cicatrisation dans sa plus grande simplicité.

Si l’on détermine une inflammation du grand épiploon chez un petit mammifère, on voit (p. 130 et suivantes) au second et au troisième jour les cellules endothéliales qui tapissent les travées du grand épiploon se relever, pousser de prolongements et s’accoler aux filaments de fibrine coagulés dans l’aire de la maille épiploïque. Les prolongements d’une

Fig. 82. — Cornée du lapin. Incision superficielle examinée cinq heures après. La masse épithéliale b a contracté une adhérence solide avec la lèvre correspondante de la plaie; la masse épithéliale a, plus petite, s’est avancée, sans adhérer encore à la lèvre de la plaie qui lui correspond (d’après Ranvier J (A reh. d’anat. microscop., Masson et Cie, édit.).

cellule anastomosés avec ceux d’une cellule partie d’un point opposé de la circonférence de la même maille épiploïque constituent une adhérence, une union entre deux points de ce cercle. Cette adhérence, cétte union formée entre deux parties d’une maille circulaire, constitue déjà une cicatrice qui a été d’abord fibrineuse, puis cellulaire. L’anastomose des cellules fortifie la charpente primitivement fibrineuse et plus tard des fibrilles de ti.ssu conjonctif viendront la rendre solide et définitive- D’après cette expérience, Ranvier avait pensé qu’il en était de même dans les cicatrices du tissu conjonctif et ses recherches ultérieures lui ont donné raison.

Dans une autre série d’expériences, Ranvier a fait avec un rasoir bien affilé des plaies de la cornée.

Les cellules épithéliales de la surface cornéenne à l’état normal et en place forment trois couches réguliêrès : une couche de cellules

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