CICATRISATION DES CORNES UTÉRINES DE LA CHIENNE
,1e contracter adhérence avec elle. Aussi, lorsque nos animaux étaient lacrifiés de douze à vingt joürs après l’opération, la cavité de la corne utérine était complètement reconstituée; sur une section transversale complète de la corne utérine au centre de la plaie, on voyait que sa surface interne, sur la moitié environ de sa circonférence, était formée par la muqueuse ancienne avec son revêtement d’épithélium ^cylindrique et ses glandes. Souvent la muqueuse était bourgeonnante et ses bourgeons principaux séparés par des dépressions ou plis également tapissés d’épithélium cylindrique. Cette muqueuse présente habituellement les signes d’une inflammation, car le tissu conjonctif possède des cellules volumineuses, des leucocytes en plus ou moins grande quantité, des vaisseaux à parois minces et molles laissant échapper des globules rouges qui forment de petites ecchymoses ou dont le pigment remplit un certain nombre de cellules migratrices et de cellules conjonctives. L’autre moitié de la surface interne et de la paroi de la corne utérine était formée par le grand épiploon, enflammé lui-même, présentant des cellules de tissu conjonctif hypertrophiées, des leucocytes, souvent aussi des infiltrations sanguines et du pigment sanguin dans les cellules ou en dehors d’elles.
Cette lame épiploïque enflammée, épaisse, devenue fibreuse et cicatricielle qui unit les deux bords de la plaie utérine et les rapproche l’un de l’autre est toujours tapissée à sa surface interne, après douze ou quinze jours, par des cellules épithéliales qui se continuent sans interruption avecles cellules cylindriques du revêtement de la partie ancienne de la muqueuse. Aussi sur les coupes voit-on une couche d’épithélium ininterrompue limitant la lumière de la cavité utérine reconstituée à nouveau.
Dans la cavité elle-même on trouve du mucus, des leucocytes et de grandes cellules cylindriques devenues sphériques, parfois avec deux ou trois noyaux et des vacuoles.
Dans cette reconstitution complète de la paroi et de la cavité uténne> il faut considérer deux parties : la paroi et la muqueuse. La paroi normale de la corne utérine présente à considérer deux couches épaisses de faisceaux musculaires lisses, l’une sous-muqueuse, interne, autre externe, sous-péritonéale, séparées par du tissu conjonctif très 'ascularisé et le péritoine à la périphérie. La cicatrice épiploïque qui complète la paroi après sa section et l’écartement des deux lambeaux e,St uniquement formée de tissu conjonctif enflammé et cicatriciel ; elle 5 unit et se continue avec le tissu conjonctif de la paroi utérine
DES INFLAMMATIONS
ancienne, mais elle ne renferme pas de faisceaux de fibres musculaire lisses.
La partie ancienne de la paroi étudiée au niveau du fil à li gatur ou près de lui montre les trous aux bords de la solution de conti huité opératoire. Ces fils ont bien tenu et ils ont imprimé deux plica tures très prononcées à la couche musculaire externe.
L’épithélium superficiel et glandulaire de la partie ancienne delà muqueuse est enflammé; ses cellules cylindriques sont longues; leurs noyaux, volumineux, souvent en division directe ; quelquefois on y voit des figures de division indirecte. A la surface des végétations, des saillies qui se développent souvent entre les glandes, on trouve parfois des rangées de cellules cylindriques dont les plus superficielles sont claires, avec des vacuoles et parfois plusieurs noyaux. Ce sont ces cellules qui tombent dans le liquide muqueux de la cavité.
Il n’y a pas de séparation ni de ressaut entre cet épithélium cylindrique très long de la partie de la muqueuse ancienne avec le revêtement épithélial qui existe à la surface de la cicatrice épiploïque. Mais souvent le bord de la lumière muqueuse est irrégulier au niveau du passage de la muqueuse ancienne et de la nouvelle. Il y a souvent des glandes en tube parfaitement nettes qui se trouvent à l’angle de séparation de l’une et de l’autre. Une glande sera placée par exemple de telle sorte que, sur une coupe, sa bordure épithéliale se continuera avec la muqueuse ancienne et par sa bordure épithéliale opposée avec les cellules du revêtement de la cicatrice (voir fig. 92).
Sur les sections transversales du conduit de la corne utérine reconstituée, sa circonférence, au lieu d’être régulièrement circulaire, est anguleuse aux deux points où la cicatrice épiploïque s’unit à l’ancienne paroi. C’est dans ces deux points que se montrent souvent des végétations, des dépressions glandulaires soit anciennes, soit de nouvelle formation, toujours tapissées de cellules épithéliales cylindriques plus ou moins hautes, parfois presque cubiques ou même un peu aplaties. Là, des végétations couvertes d’épithélium appartenant à la muqueuse ancienne ou au tissu nouveau de la cicatrice peuvent se mettre en contact soit entre eux, soit avec des cellules de revêtement de la partie opposée et même s’unir par leurs cellules épithéliales, ce qui ne constitue qu'une adhérence fragile. C’est là aussi que l’on voit se former des glandes nouvelles, c’est-à-dire des dépressions limitées par un rebord circulaire saillant, dépressions et rebords toujours tapissés d’épithélium. .
Sur la longue bande cicatricielle qui forme la moitié ou le tiers de