‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 4)Chapitre 60 sur 148 · CICATRISATION DES CONDUITS MUQUEUX. - GREFFES ÉPITHÉLIALES · texte numérisé non relu

CICATRISATION DES CONDUITS MUQUEUX. - GREFFES ÉPITHÉLIALES

tère ancien sur le grand épiploon aux angles d’union de ces deux membranes. La figure 89, qui représente un angle de ce genre, vingtquatre heures après l’opération, en est un exemple.

Ce procédé est celui qui a été décrit par Ranvier dans la cornée, et qui s’observe aussi dans les cicatrices cutanées ;

2° Par la greffe ou le décalcage (1-) des cellules épithéliales du revêtement . ancien sur la paroi fibrino-épiploïque qui est en contiguïté avec elles.

Lorsqu’on pratique des coupes transversales de l’uretère sectionné cinq heures et dix heures après l’opération, on peut constater une sorte de clivage, de sépa¬

ration des cellules épithéliales, de telle sorte que des lambeaux des plus superficielles de ces cellules s’accolent à la fibrine exsudée à la surface du grand épiploon ou à cette membrane elle-même, pendant que des couches épithéliques profondes restent attachées à la muqueuse ancienne.

Au lieu d’une greffe parlambeaux de plusieurs cellules restées unies et justifiant parfaitement le terme de décaicage (Cornil et Carnot), on peut avoir

Fig. 89. — Union de l’épiploon avec la muqueuse urétérale un jour après la section : n, muqueuse de l’uretère dontles vaisseaux sont dilatés, remplis de sang et dont le tissu conjonctif est ecehymosé; b, revêtement épithélial ancien, ne présentant que deux couches de cellules ,• f, fibrine doublant le grand épiploon. A l’angle d’union n de la fibrine avec le tissu conjonctif de la muqueuse de l’uretère, on voit des cellules épithéliales c, d de la muqueuse formant une seule couche et aplaties se continuant avec les cellules épithéliales également plates qui s’avancènt sur la fibrine et le grand épiploon (300 diamètres) (Arch. deméd. expêr., G. Masson, édit.).

simplement des cellules épithéliales isolées, désunies par la trans¬

sudation des liquides au niveau de la muqueuse enflammée et œdématiée. Ces cellules, libres dans la fente inter-épiplo-urétérale, avec quelques globules blancs et rouges, se fixent sur la fibrine et ie grand épiploon. Ainsi la figure 90 représente ce mode de greffe à l’angle d’union de la muqueuse avec la fibrine sous-épiploïque, dix heures après l’incision.

Les cellules épithéliales ainsi fixées à la fibrine ou à la membrane péritonéale, soit par un décalcage de lambeaux, soit par des greffes de

(1) Voir Cornil et Carnot, Mémoire sur la régénération cicatricielle des conduits «queux (Arch. de méd. erpériment., n° 6, novembre 1898).

DES INFLAMMATIONS

cellules isolées ou en petits groupes, continuent à y vivre et à s» multiplier. On peut s’en assurer sur les coupes d’uretères, vingt” quatre heures, deux et trois jours après l’opération. On voit, en effet que le revêtement épithélial de la cicatrice, au lieu d’être continu” en partant des angles d’union, est interrompu et qu’il, existe des lambeaux ou plaques épithéliales isolées au milieu de la partie appartenant au grand épiploon. C’est ce que montré la figure 88 en f. Ces

Fig. 90. — Angle d’union de la muqueuse, avec: la fibrine sous épiploïque, dix heures après l’incision: n, muqueuse uréthrale avec ses vaisseaux e, v' ; e, fibrine doublant le grand épiploon qui s’unit en a avec le tissu' conjonctif de la muqueuse uréthrale. Entre cette dernière et la fibrine épiploïque, on voit une fente f, qui contient des globules blancs et des cellules épithéliales libres provenant de la, muqueuse., Le. revêtement épithélial m est désagrégé; ses cellules sont libres ou fixées à la fibrine comme en o, o. A l’angle a, on ne voit plus de cellules épithéliales.

• Arch. de méd. expér.

plaques s’accroissent en étendue et en épaisseur par la multiplication directe et par la karyokinèse des cellules, qu’elles aient pour origine un glissement ou une greffe.

Le gliss'ement ou la greffe épithéliques s’effectuent aussi bien sur une couche de fibrine que sur une membrane cellulaire. La fibrine étant résorbée plus tard, après son organisation en tissu conjonctivovaseulaire, le revêtement épithélial tapisse avec une solidité définitive la cicatrice devenue fibreuse.

Qu’il s’agisse d’une plaie simple de l’uretère ou d’une incision étendue avec retournement en dehors de ce conduit, l’épithélium est

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