PSEUDO-TUBERCULOSE INTESTINALE
Il est possible d’observer au niveau de l’intestin des lésions pseudotuberculeuses dues à des agents pathogènes variés.
Ziegler décrit :
1° Les pseudo-tuberculoses par corps étrangers;
2° Les pseudo-tuberculoses par bacille mono ou polymorphe (b. de Courmont, b. du beurre de L. Rabinovitch, b. de Mœller...);
3° Les pseudo-tüberculoses par hyphomycètes (aspergillus...);
4° Les pseudo-tuberculoses parasitaires (pseudo-tuberculeuses vermineuses).
Askanazy, Wagener, Yuillemin et Frœlich, Kuffer ont trouvé enkystés dans la paroi intestinale des œufs d’ascaris, des anguillules, des Balantidia eoli, des œufs d’oxyure calcifiés. Les protozoaires créent des lésions intestinales.
M. Leube a publié l’observation d’une femme qui présentait à
ENTÉRITES SPÉCIFIQUES
l’anus des productions grosses comme un pois et qui avaient été considérées comme des végétations cancéreuses. Histologiquement, il constata des lésions de redite chronique avec de place en place des follicules à cellules géantes.
Dans certains nodules, à côté d’amas d’hémosidérine, l’examen révéla la présence de corpuscules naviformes de 25 [/.. Leube se basant sur les travaux de von Roos, serait disposé à voir dans ces corpuscules des amibes enkystés.
J. Courmont et Nicolas ont étudié en détail un cas de tuberculose bovine d’origine streptobacillaire. L’inoculation de ce microorganisme était suivie de lésions à type granulique, constituées par des amas de petites cellules prenant fortement la couleur sans dégénérescence caséeuse ni cellules géantes. Ce streptobacille est distinct du bacille de J. Courmont.
Charrin, Gouget, Letulle, Josué décrivent des appendicites épidémiques à streptobacille chez le lapin. Le Play a également vu chez le même animal, de petites tumeurs cæco-appendiculaires composées d’amas de cellules migratrices sans cellules géantes où intervenaient des parasites de même ordre.
Moussu et Faroy (1) ont étudié, au cours de la diarrhée chronique des bovidés (entérite paratuberculeuse), les lésions provoquées dans l’intestin par un bacille acido-résistant, paratuberculeux.
Macroscopiquement, ces lésions, plus marquées sur le gros intestin que sur l’intestin grêle, se réduisent à peu de chose : muqueuse congestionnée ou paraissant presque normale, présentant rarement des exulcérations de très petite taille et atteignant à peine le chorion ; sous-muqueuse hypertrophiée.
Microscopiquement, on constate au contraire une grave atteinte de la muqueuse : réaction inflammatoire intense, du type subaigue ou chronique, avec atrophie, ou transformation muqueuse ou kystique des glandes, suivant les points ; par contre, prolifération énorme du tissu conjonctif muqueux et sous-muqueux, avec cellules géantes, cellules épithélioïdes et lymphoïdes, jamais groupées de façon à constituer un tubercule vrai; enfin congestion généralisée de toutes les tuniques. Les bacilles se rencontrent, parfois très abondants, dans le tissu conjonctif muqueux ou sous-muqueux, dans les cellules géantes, et dans les lymphatiques, jamais dans les cellules glandulaires. Les ganglions mésentériques en sont bourrés.
(1) C. R. Soc. de Biologie, 17 juin 1911.
Letulle et Marotel signalent une tvphlite parasitaire observée chez le faisan doré due à l’Héterakis vesicularis, et constituée par d’innombrables nodules inflammatoires disséminés dans la sous-muqueuse les nodules jeunes sont formés de cellules épithélioïdes et géantes, les plus âgés de cellules fixes irritées disposées en tourbillon, ou de fibroblastes, enfin il en est qui se- réduisent à une plaque fibreuse^
Les mycoses créent un type de pseudo-tuberculose. Dans leurs recherches expérimentales sur les mycoses internes, Bodin et Savouré ont vu des amas de grands éléments polymorphes à gros noyau, simple ou polylobé, au niveau desquels se localisaient les parasites. Schwartz, Blanchard et Binot signalent un cas de blastomvcose péritonéale avec appendicite folliculaire hypertrophique.
' ACTINOMYCOSE INTESTINALE
C’est une affection relativement rare. Généralement primitive, cette localisation de l’infection actinomycosique n’est que rarement consécutive à une lésion des. voies digestives supérieures. Mais elle peut être la conséquence d’une propagation dont le point de départ serait les organes urinaires, la trompe, la colonne vertébrale, ou d’une inoculation directe à travers les téguments • (actinomycose ano-rectale).
Le champignon rayonné se greffe sur une muqueuse préalablement altérée (entérite ulcéreuse) ou érodée par une barbe d’épi que certains auteurs, Regnier notamment, ont retrouvée au niveau des lésions. Les différentes portions du tractus digestif sont d’autant plus fréquemment atteintes que les aliments ou les matières y stationnent davantage (Poncet et Bérard). C’est donc surtout au niveau de la région appendieulo-cæcale que se développera le parasite. La statistique de Grill montre que par ordre de fréquence on rencontre d’abord l’actinomycose du cæcum, puis du côlon, du rectum, enfin du duodénum, du jéjunum et de l’intestin grêle.
La lésion est disséminée ou localisée.
Le premier cas est des plus rares. A l’autopsie d’un paralytique général, Chiari a observé à la surface de l’intestin des plaques arrondies, blanchâtres, constituées presque entièrement par des colonies d’actinomyces dont les filaments envahissaient les: glandes deLieberkühn; la forme localisée se rencontre plus couramment. Elle a été . surtout étudiée autour du cæcum, constituant la pérityphlite actino- ■>* mycosique, l’actinomycose appendiculo-cæcale (Hanau, Lanz, Hin-
Fig. 196. — Aetim îtinomycès ayant travers ant accumulés au bas de
par effraction la totalité des parois du a figure. (Letulle.) — Groissement : là
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glais), et au niveau du rectum, où elle est primitive ou secondaire à une lésion de voisinage de l’appendice (Hinglaisî, de la vessie (Michaïloff, Poncet) ou de l’abdomen.
Le champignon qui, suivant P'oneet, pénètre dans l’intestin par effraction, détermine l’apparition d’abeès, d’ulcérations, d’infiltrations, de péritonite plastique, de collections purulentes et de fistules. Sur l’intestin, l’actinomycès qui infecte peu les voies lymphatiques produit des pertes de substances rappelant assez celles que l’on observe dans
la tuberculose, mais n’affectant pas l’extension transversale commune au cours de cette infection. Au point de pénétration du parasite, il se fait un nodule d’aspect furoneuleux qui devient le point de départ d’altérations plus ou moins étendues. Histologiquement, on voit des coulées inflammatoires envahir la celluleuse, la musculeuse, en donnant naissance à de véritables puits puriformes, apparaître finalement au niveau du péritoine ou constituer de vastes nappes infiltrant et épaississant la sous-muqueuse et la musculaire, avec de places en
TÜBE DIGESTIF
places des clapiers purulents. En elle-même, à part son siège, la lésion spécifique n’a au niveau de l’intestin absolument rien de bien spécial. Elle est formée de nodules actinomycosiques que caractérisent : au centre les parasites, autour d’eux des cellules géantes, à la périphérie des éléments diapédétiques. Dans d’autres cas, on trouve une belle réaction conjonctive, avec des mastzellen, des éosinophiles et parfois d’abondantes cellules rondes ou fusiformes rappelant les cellules du sarcome (actinomycome de Lœper). .