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VALEUR DES EXAMENS BACTÉRIOLOGIQUES FAITS SUR LE POUMON DES CADAVRES

Il est d’usage courant de prélever sur le cadavre des parcelles de parenchyme pulmonaire ou des gouttelettes de pus, pour en pratiquer l’examen bactériologique. Étant donné que le poumon est en communication directe avec l’air extérieur et avec le réceptacle bucco-pharyngien qui pullule de microbes, que, d’autre part, on a attribué aux microbes intestinaux la faculté d’arriver au poumon après la mort, ■cette pratique est-elle légitime?

Il va sans dire que nous entendons cette recherche faite suivant les règles de l’asepsie la plus rigoureuse, c’est-à-dire en ayant soin de cautériser préalablement, au fer rouge, la surface pulmonaire au niveau de laquelle l’examen doit être pratiqué.

Les microbes de Vintestin passent-ils dans le poumon après la mort?

La présence de microbes dans les différents viscères après la mort a fait supposer à un certain nombre d’auteurs que cet envahissement se faisait après la mort (Wurtz et Herman) (1). Beco (2) a montré que pareil fait se produisait seulement chez les sujets ayant eu une longue agonie. Chez les malades qui meurent lentement, il se fait ante mortem un envahissement du sang et des organes qu’il dessert par les microbes de l’intestin. Ces microbes peuvent alors se multiplier dans les viscères, et la flore, de variée qu’elle pouvait être au début, tend à s’unifier aux dépens d’un saprogène par excellence, le bacterium coli.

Le bacillus perfringens semble, lui aussi, capable de pénétrer •dans la circulation générale et dans le poumon et de ne pas se laisser réduire par le bacterium coli (Milian).

(1) Wurtz et Herman, Arch. deméd. expériment., 1891.

(2) Beco, Ann. de l’Institut Pasteur, 1895.

BRONCHES ET POUMONS

Les microbes de la cavité bucco-pharyngéc descendent-ils dans V alvéole pulmonaire après la mort?

D’anciennes expériences portant sur la rapide diffusion des matières colorantes introduites dans la [bouche des cadavres avaient pu faire croire à la prompte uniformisation de la - flore des voies aériennes. Mais il n’v a rien d’assimilable entre la diffusion d’une matière colorante et la multiplication de proche en proche de microorganismes.

Beco (1) a institué des recherches sur ce point et a montré que les animaux sacrifiés brusquement en pleine santé se conservent parfaitement pendant plusieurs jours, sans subir de putréfaction viscérale, à la température de 10 à 15 degrés centigrades.

Il en est de même lorsqu’on introduit après la mort des microbes mobiles (bacterium coli) dans la bouche. Dans ce cas, les bactéries des voies aériennes supérieures ne descendent pas au delà des grosses divisions bronchiques et les poumons restent stériles.

Ces résultats expérimentaux ne peuvent malheureusement pas être assimilés à ce qu’on observe sur les cadavres. Au moment de l’agonie, les efforts inspiratoires entraînent les mucosités, et avec elles les microbes de la cavité bucco-pharyngée, dans les profondeurs du parenchyme. Les recherches bactériologiques sur le poumon des cadavres n’ont donc qu’une valeur très relative; encore l’examen direct des frottis montre-t-il cependant la prédominance d’un germe autochtone que pourrait ne pas révéler la culture envahie par ces microbes surajoutés.

Il faudra donc tenir compte de ces différentes restrictions lorsqu’on pratiquera un examen bactériologique sur le poumon d’un cadavre et qu’on voudra apprécier le rôle d’un microbe dans la production de lésions histologiques.

(1) Beco, Arch. deméd. expé riment., 1899, p. 330.

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