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VIII. — INFILTRATION ET SURCHARGE PIGMENTAIRE

Les cellules hépatiques contiennent normalement des grains de pigments biliaires. Ces pigments peuvent, dans certaines conditions pathologiques, s’accumuler et donner lieu à une surcharge pigmentaire facile à définir. Cette lésion s’observe lorsqu’il y a rétention ou stase biliaire, dans les cirrhoses biliaires, l’hépatite nodulaire ou l’adénome par exemple. On la rencontre aussi, et sans doute pour la même raison, dans les cellules atrophiées, au milieu des îlots de sclérose.

Dans d’autres cas, le pigment trouvé dans le foie est la mélanine. Ce pigment n’existe que dans les tumeurs mélaniques qui appartiennent à une tout autre classe de faits, et dans l’impaludisme où

il occupe exclusivement les éléments conjonctivo-vasculaires; nous n'en parlerons pas davantage ici.

Le véritable pigment de la lésion décrite jusqu’à ces derniers temps comme une dégénérescence pigmentaire et qu’il convient de désigner sous le nom d’infiltration ou de Surcharge pigmentaire, — car dans ces cas les cellules, loin d’être dégénérées, sont quelquefois en état d’hyperfonctionnement — est le pigment ocre. Il apparaît dans le protoplasma des cellules hépatiques sous forme de grains isolés, puis agminés en masses jnûriformes mesurant souvent de 2 à 3 p. de diamètre ou en blocs irréguliers plus volumineux. Les granulations ont des contours anguleux et une consistance assez ferme; les gros blocs ont une apparence semi-fluide qu’indiquent leurs contours arrondis et leur tendance à se fusionner en masses homogènes. La couleur de ce pigment est variable, japne roux, jaune d’ocre, parfois noire, avec toute la gamme des teintes intermédiaires. A l’état de pureté, tel qu’il a été isolé par Auscher et Lapicque, il présente des réactions microchimiques qui le caractérisent nettement. Il résiste à l’action des alcalis et des acides ; il se colore en bleu par le ferrocyanure de potassium en présence de l’acide chlorhydrique, et en noir par le sulfhydrate d’ammoniaque. Auscher et Lapicque ont donné le nom de rubigine à ce pigment, qui est une variété d’hydrate ferrique.

Le noircissement des particules pigmentaires sous l’influence du sulfhydrate d’ammoniaque et leur bleuissement par le ferrocyariure de potassium constituent les réactions spécifiques du fer. La première de ces réactions avait été déjà trouvée par Quincke, qui avait désigné sous le nom de sidérose Ain état anatomique particulier des organes •consistant en leur imprégnation par des composés ferrugineux dérivant de l’hémoglobine et, du reste, mal définis. Longtemps ces produits reçurent la dénomination de sidérine ou d ’hémosidérine, qui est mauvaise en ce sens qu’elle laisse croire qu’il s’agit d’une substance chimiquement définie dans tous les cas, alors qu’il n’en est rien. La même confusion fut faite par Recklinghausen, qui réunit tous ces pigments Sous une même désignation générique, l’hémochromatose. Pourtant nombre d’auteurs contemporains reviennent à ces termes et emploient constamment les mots d’hémosidérine et d’hémosidérose viscérale (Regaud, Duvernay).

Les' composés ferrugineux sont en effet très variables dans leur constitution, et leurs réactions microchimiques sont loin d’avoir toujours la netteté parfaite que présente l’hydrate ferrique d’Auscher et Lapicque. L’étude des pigments sera complétée à propos

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