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LIGATURE DE LA VEINE PORTE ET DE L’ARTÈRE HÉPATIQUE

de valeur, en raison du manque de précautions aseptiques à cette époque déjà lointaine.

Les conséquences de la ligature ont été observées par les physiologistes (Zillesen, Àrthaud et Butte, Doyon et Dufourt, Stolnikow, de Dominicis). Rappelons surtout ici les recherches de Arthaud et Butte (Action, de la ligature de VA. hépatique sur la fonction glycogénique du foie, in Archives de Physiologie, A 890, p. 168), qui, opérant aseptiquement, ont constaté : 1° que les chiens mouraient tous entre le cinquième ou le sixième jour; 2° que l’opération était suivie d’une disparition complète du glycogène du foie; 3° qu’ après une phase d’hyperglycémie survenait une période d’hypoglycémie; 3° que la cause de la mort était représentée par la perte de la fonction glycogénique et glycosique du foie.

Cohnheirn et LittenT (Berl. Klin . Woch., 1876, p. 229) observent que la ligature tue constamment les animaux et qu’à l’autopsie on trouve des foyers de nécrose étendus au foie. En ces points, les cellules hépatiques sont en désintégration complète, ainsi que le montre le microscope.

Stolnikow ( Arch . f. d. Ges. Physiol. , XXVIII), de Dominicis (Areh. ital. de Biologie, 1891, t. XVI) n’ohtiennent aucun résultat : les chiens survivent indéfiniment

Le travail de Janson (Ziegler’s Beitrâge zur path. Anat., 1895, t. XVII, p. 505) est des plus importants. Il est intitulé : Weber Lebervermderungen nack Unterbindung der Art. hepatica. Tantôt l’opération, aseptique, bien entendu,, détermine la mort de l’animal, tantôt il y a survie prolongée. Les expériences ont été faites sur le lapin. Les lésions sont de trois ordres :

1° Nécrose du foie;

2° Élargissement des canaux biliaires et néoformation conjonctive péribiliaire ;

3° Cirrhose avec néoformation de canaux biliaires.

Les. foyers de: nécrose sont multiples, gros comme un pois, ou envahissant tout un lobe. C’est une nécrose de coagulation par interruption de la circulation artérielle. À ces foyers succèdent des kystes.

Ceux-ci ont les dimensions des foyers de nécrose. Ils sont souvent pisiformes, d’autres fois très volumineux. Le foie est dur à la coupe, d’aspect chagriné si les kystes sont très nombreux et très rapprochés. La paroi de. ceux-ci est constituée par du tissu conjonctif à différents âges, tissu à petites cellules, puis tissu fibreux. Qn y voit des cellules hépatiques profondément modifiées, des cellules géantes; le

FOIE

contenu est représenté par une substance jaunâtre ou verdâtre. D’autre part, mécaniquement, ces foyers empêchent le cours de la bile : les voies biliaires se dilatent, les parois s’épaississent et il- se produit des altérations conjonctives à systématisation périlobulaire. Finalement, assez tard, après un mois, une induration se produit avec atrophie progressive du foie. L’auteur insiste sur les analogies qui existent entre ces lésions et celles qui ont été constatées, après la ligature du cholédoque (cirrhose, taches d’apoplexie biliaire)- et admet que la cirrhose est absolument identique dans les deux cas. Pour lui, le point capital est, après ligature de l’artère, fait primaire, l’apparition d’une cirrhose, quelle qu’en soit la pathogénie.

Il faut remarquer que l’auteur a vu la symphyse du foie avec le diaphragme, l’estomac, le côlon, en même temps que des lésions de cholécystite, et il n’est pas certain que l’infection n’ait pas joué un rôle dans la production de ces désordres. •

Doyon et Dufourt ( Archives de physiologie, 1898, p. 522) ont été frappés des résultats discordants fournis par les auteurs.

Pour eux, tout dépend de la manière dont a été faite la ligature. Si elle est posée dans le voisinage du hile, on obtient la nécrose. Si elle est posée plus bas, on provoque quelquefois de la nécrose, mais souvent on n’obtient aucun résultat, car il s’établit des anastomoses.

Castaigne et Dujarrier ( Ligature expérimentale de VA. hépatique , in Soc. anatomique, 1899), ont opéré chez le chien; ils ont confirmé les faits de Doyon et Dufourt. Si la ligature est faite après l’émission des branches de l’hépatique, on constate de multiples foyers de nécrose, et en plus, comme Janson, la dilatation des canaux biliaires. Au niveau des foyers, les éléments ne se colorent pas. Leurs conclusions diffèrent de celles de Janson en ce que, pour eux, la cause des accidents est surtout le fait d’une infection. Il y a de l’angioçholite, quelquefois même une cholécystite ulcéreuse ainsi que de la périhépatite. Dans les régions malades, on trouve des microbes. La culture d’un foyer de nécrose a révélé la présence de microbes probablement anaérobies. Suivant ces auteurs, si la gangrène se produit, elle est le résultat dune infection de même ordre. Ils pensent que les canaux biliaires privés de vaisseaux nourriciers sont distendus par la bile qui stagne, d’où l’envahissement microbien du foie.

Ribadeau-Dumas et Mercadé ont déterminé, par la ligature de l’artère hépatique, dans deux cas, des foyers de nécrose à contours polycycliques, au centre desquels le glycogène avait disparu, et dans deux autres faits une nécrose complète du foie.

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