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HÉMORRAGIES

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A l’autopsie, dans le cas de pancréatite hémorragique, on constate, à l’ouverture de l’abdomen, la présence fréquente de sang dans l’arrière-cavité des épiploons : parfois le duodénum lui-même est rempli de sang; rarement l’épanchement se fait dans la grande cavité péritonéale.

Les vaisseaux du grand épiploon sont dilatés, les anses intestinales grêles et parfois même le gros intestin ont leurs parois rosées par vascularisation.

Le sang peut farcir tout le pancréas qui apparaît alors sous l’aspect d’une masse volumineuse noirâtre, allongée, transversalement et présentant l’aspect d’un gros caillot sanguin. D’autres fois il existe des foyers hémorragiques enkystés ou à contours diffus : on peut voir aussi des ecchymoses sous-capsulaires.

Le sang est souvent en voie de digestion et mélangé à du sue pancréatique.

Dans la moitié des cas au moins, l’altération dite nécrose graisseuse ( fettnekrose ), dont on trouvera au paragraphe suivant la description, accompagne les lésions hémorragiques du pancréas.

Les constatations histologiques ont peu d’intérêt en ce qui concerne les grosses hémorragies, les seules que nous étudions spécialement ici : le sang est surtout abondant le long des gaines vasculaires, il infiltre les acini dont il comprime les cellules, les bouleversant et déterminant leur nécrose.

Au point de vue expérimental Carnot a déterminé ces lésions par le traumatisme, par l’injection canaliculaire de divers toxiques : Thiroloix a utilisé le chlorure de zinc, Hlava, l’acide chlorhydrique dilué; cependant divers caustiques, tels que le nitrate d’argent, le perchlorure de fer, l’alcool, etc., ne donnent que des résultats négatifs.

Certaines diastases, la papaïne surtout et aussi la trypsine, peuvent déterminer, par injection massive intra-canaliculaire, de fortes lésions hémorragiques, alors qu’à doses moindres elles déterminent la sclérose (Carnot et Deflandre). Le sue gastrique a donné des résultats positifs.

De même la toxine diphtérique (Carnot), la toxique tétanique (Charrin et Levaditi).

Parmi les microbes pathogènes, on a pu déterminer à l’aide du colibacille et du bacille de Lœffler des pancréatites hémorragiques.

Tous les faits expérimentaux précédents ne sont pas à l’abri de la critique et il est bien difficile de faire le départ de ce qui revient à l’infection elle-même, au traumatisme ou à la stase provoquée dans

PANCRÉAS

les canaux. En somme, la question est plus complexe qu’elle ne paraît: il est logique cependant de supposer que, chez l’homme, les causes mécaniques, toxiques ou infectieuses, les oblitérations vasculaires ou les lésions nerveuses ne jouent que le rôle de causes provocatrices, affaiblissant les défenses naturelles que possède la glande vis-à-vis des diastases et des microorganismes et qu’elles ne constituent que l’amorce d’une lésion se continuant d’elle-même ensuite à la faveur de l’autodigestion.

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