‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 200 sur 289 · GL0MÉRUL1TES SURAIGUËS ET AIGUËS · texte numérisé non relu

GL0MÉRUL1TES SURAIGUËS ET AIGUËS

Dans la grande majorité des cas, les lésions constatées au niveau des glomérules dans les néphrites suraiguës rapidement mortelles chez l’homme, se traduisent par des phénomènes congestifs quelquefois très marqués, pouvant aller jusqu’à l’hémorragie, mais sans qu’il soit possible de distinguer aucune autre marque de réaction inflammatoire. Souvent même, les glomérules paraissent intacts, quand on les compare surtout aux tubes sécréteurs qui présentent au contraire des lésions intenses. — Les troubles fonctionnels du rein indiquent cependant que les divers éléments différenciés dont se compose la glande ^ •doivent être fortement atteints, mais nos moyens d’investigation ne nous donnent encore que des constatations assez banales. Il existe toutefois certaips toxiques qui semblent avoir une électivité spéciale, pour l’appareil glomérulaire. On sait ainsi, depuis les recherches de Browicz, Cornil, Eliaschoff, Aufrecht, etc., combien la cantharide est nocive pour le rein et que, dans l’intoxication par cette substance, les glomérules sont toujours particulièrement atteints. Sans aller jusqu’à une systématisation qui serait par trop schématique, Schlayer et Hedinger ont montré que d’autres toxiques,' tels que l’arsenic, la toxine diphtérique, avaient une certaine électivité d’action sur le système vasculaire du rein et qu’on pouvait en voir la manifestation au niveau dès glomérules. C’est donc àd’expérimentation qu’il faut s’adresser pour étudier les réactions du glomérule dans les intoxications , graves.

Takayasu, discutant les constatations faites par les divers expérimentateurs et se servant du matériel fourni par les expériences physiologiques de Schlayer et Hedinger, pense que dans lès intoxications graves, qui tuent en quelques heures, les phénomènes congestifs habituellement signalés, de même que les exsudations intraglomérulaires, sont tout à fait inconstants et manquent bien souvent. Il faut des expériences de longue durée pour que ces réactions se manifestent. D’après •cet auteur, les' exsudations ne peuvent servir de . base pour juger de l’altération glomérulaire, il n’y a que deux éléments qui soient constants, Y œdème du noyau glomérulaire et la modification de structure de la paroi des capillaires.

a) Uœdème est caractérisé par l’augmentation de volume du noyau •qui devient énorme, pâle et vésiculeux. Ces modifications sont surtout

mettes au niveau de la convexité des anses, mais l'endothélium des -capillaires est atteint lui aussi. Cet aspect des noyaux correspond à celui que Ribbert a décrit sous le nom d 'hypertrophie hydropique.

b) La paroi des capillaires éprouve aussi une modification caractéristique : elle s’élargit, ses limites sont moins nettes, elle perd sa transparence et paraît trouble.

Il en résulte un aspect flou, œdémateux et voilé des glomérules.

Christian, qui a vérifié expérimentalement ces faits, ajoute que la paroi des capillaires est épaissie par la formation de petites gouttelettes rondes ou ovales, rarement irrégulières, d’aspect homogène, quelquefois un peu granuleux. Jamais ces gouttelettes ne se trouvent dans la lumière vasculaire ou dans l’épithélium de la capsule de Bowman ; -elles se teintent en bleu noir par la méthode de Mallory.

Les exsudats décrits dans la cavité glomérulaire sont, nous l’avons dit, inconstants. Dans l’empoisonnement par la cantharide, Cornil avait -constaté aux toutes premières phases (quarante minutes ou une heure -après l’injection) un exsudât qu’il crut tout d’abord, formé par des leucocytes transsudés par diapédèse. Étudiant à nouveau ces faits avec "Toupet, puis avec Pinoy, il conclut dans la suite que l’exsudât était -composé par les cellules de l’endothélium qui recouvre les anses va s ■culaires. Ces cellules tuméfiées, en voie de réaction se détacheraient en bloc de la convexité du bouquet vasculaire, qui serait comme dépouillé de tout revêtement. A ces cellules endothéliales se trouveraient mêlés aussi quelques globules blancs.

L’exsudât peut être assez abondant pour refouler le bouquet vasculaire.

Le col du glomérule est souvent rempli de larges cellules granuleuses plus ou moins tassées, à bords irréguliers; ces cellules, d’après /Corail, dérivent de la multiplication des éléments qui tapissent normalement le col qui sert de transition entre le glomérule et le tube contourné.

G. Lyon (d’Edimbourg) pense que la multiplication cellulaire est telle à ce niveau que les éléments néoformés viennent refluer jusque dans le glomérule et que ce sont eux qui forment l’exsudât.

Les capillaires glomérulaires peuvent présenter des altérations qui se voient surtout nettement dans l’intoxication par la toxine diphtérique, pourvu que l’animal ait pu survivre quelque Temps (trois ou quatre jours). A côté de la lésion banale, qui est caractérisée pir la dilatation congestive des anses vasculaires, on voit certains capillaires -qui sont obstrués dans une certaine étendue de leur parcours par une

masse hyaline, véritable thrombus que G. Lyon, qui a particulièrement étudié ces cas, explique soit par des coagulations albumineuses, soit par la transformation sur place de masses fibrinoides.

Ces altérations vasculaires se manifestent encore mieux lorsque les animaux en expérience survivent plusieurs jours. On peut voir alors la réaction inflammatoire s’étendre à l’artériole afférente du glomérule qui peut être obstruée par un thrombus de même nature.

Ces thrombus et artérioliles glomérulaires peuvent se rencontrer parfois dans d’autres glomérulites suraiguës Ou aiguës (Klein, Councilman, Langhans, Welch).

L ’ endothélium de la capsule de Bowman reste en place et n’est guère modifié, on voit cependant quelquefois dans certaines glomérulites aiguës des cellules un peu tuméfiées et granuleuses en partie détachées de la paroi.

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