ALTÉRATIONS DES GLOMÉRÜLES DE MALPIGHI
Les progrès réalisés dans la technique histologique du rein n’ont guère profité qu’à l’étude des éléments sécréteurs de cet organe. En ce qui concerne les glomérules de Malpighi, on semble n’attacher à leurs altérations qu’une importance toute secondaire. Les idées physiologiques de certains auteurs qui tendent à restreindre de plus en plus le rôle du glomérule dans les fonctions rénales, sont-elles la cause de cette sorte de discrédit. Faut-il y voir une réaction contre la place un peu prédominante qu’on faisait jouer au glomérule il y a vingt ou trente ans, au détriment des éléments sécréteurs? Quoi qu’il en soit, les descriptions des altérations glomérulaires dans les diverses études ou observations concernantl’histologie pathologique du rein, restent assez schématiques, en France surtout, et ne font que reproduire les descriptions déjà assez anciennes.
Et cependant le glomérule, nous l’avons vu, ne paraît pas limiter sa fonction à un rôle purement mécanique ; de par la constitution même de ses cellules, il peut exercer une action véritablement sécrétrice.
11 nous a paru intéressant d’étudier dans un chapitre d’ensemble, les diverses phases des altérations glomérulaires pour en montrer la filiation et les divers modes de réaction aux processus morbides. Mais nous n’envisagerons que les réactions inflammatoires banales, nous réservant d’étudier dans des chapitres spéciaux, d’une part, les altérations purement mécaniques, congestion passive (distension glomérulaire par rétention d’urine), d’autre part, les altérations spécifiques (tuberculose et syphilis) ou dégénératives (dégénérescences graisseuse et amyloïde).
ALTÉRATIONS INFLAMMATOIRES — GLOMÉRLLITES
On doit entendre par cette expression de glomérulite, l’inflammation des parties constituantes du glomérule et de la capsule qui l’entoure (Cornil et Brault).
Le glomérule réagit d’une façon variable aux processus morbides qui attaquent le rein, et les phénomènes inflammatoires qui manifestent cette réaction sont différents, suivant que l’atteinte nocive est suraiguë, aiguë, subaiguë ou chronique. Au cours de ces diverses réactions
inflammatoires, on voit fréquemment se produire des phénomènes congestifs, manifestion banale dans beaucoup de cas, mais qui au point de vue de la fonction même du glomérule peut jouer un rôle très important. Nous étudierons donc en premier lieu la congestion aiguë du glomérule.
CONGESTION GLOMÉRULAIRE AIGUË
La congestion glomérulaire active peut être la résultante d’un trouble circulatoire brusque et rapide sans adjonction d’aucun phénomène inflammatoire, ou représenter la réaction du glomérule aux processus toxi-infectieux; elle peut encore se manifester comme phénomène surajouté au cours des néphrites en évolution.
Suivant l’intensité de la fluxion congestive, on peut souvent, sur une coupe du rein, distinguer les glomérules qui apparaissent à jour frisant comme de petits points brillants. Certains même sont indiqués par une tache sombre, indice d’un raptus hémorragique.
A l’examen histologique, à un faible grossissement, les gloméruies sont volumineux, les anses vasculaires remplissant complètement la cavité endoeapsulaire. A l’état normal, on le sait, et avec l’emploi d’un bon fixateur, les capillaires glomérulaires ne doivent pas laisser d’espace libre entre eux et la capsule de Bowman, mais ils ne paraissent pas distendus. Dans la congestion aiguë, ait contraire, les capillaires sont bourrés de globules rougfes, leurs anses dilatées en totalité ou parfois dans une portion restreinte effacent toutes les dispositions normales. Fréquemment le flux congestif est assez brusque et intense pour provoquer des hémorragies qui peuvent soit se localiser dans le bouquet vasculaire lui-même, un petit lac sanguin se trouvant ainsi limité par la fusion de deux ou trois anses, soit s’étendre dans la cavité du glomérule. Le sang répandu dans l’espace endoeapsulaire refoule plus ou moins le bouquet des vaisseaux et l’entoure comme d’un croissant ou d’une couronne complète; quelquefois il s’insinue entre les anses jusque dans la profondeur du glomérule, le cache presque complètement et rend l’examen des anses très difficile si l’on ne pratique pas des coupes d’une très grande minceur. Souvent aussi le sang extravasé peut fuser par le coi urinaire jusque dans le tube contourné.
REIN