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CHAPITRE II

CONGESTION RÉNALE AIGUË

La congestion rénale aiguë ne doit pas être considérée comme le premier degré de, la néphrite, mais comme un état particulier de dilatation vasculaire généralisé à tout l’organe et dont la durée est essentiellement transitoire.

Cette dilatation vasculaire active, survenue brusquement sans adjonction d’aucun état inflammatoire, peut se rencontrer comme processus primordial et caractéristique dans un certain nombre de circonstances. En réalité, on ne peut nier que dans ces cas l’examen histologique ne révèle quelques altérations des épithéliums sécréteurs et les mafques de la réaction du tissu de soutènement, mais ces diverses lésions, toujours légères, ^paraissent plutôt d’ordre mécanique que dégpnératif; elles passent souvent inaperçues et sont au second plan. La congestion active généralisée prime tout.

Considérée ainsi, la congestion rénale aiguë doit se séparer de tous les cas, et ceux-ci sont certainement les plus nombreux, dans lesquels la dilatation vasculaire, plus ou moins généralisée à tout le rein et souvent assez marquée, se présente comme un phénomène parfois aigu et transitoire, mais toujours secondaire aux processus inflammatoires aigus ou chroniques du parenchyme rénal.

Les causes qui peuvent provoquer une congestion rénale aiguë à l’état de pureté ressortissent surtout à l’action du système nerveux; c’est ainsi qu’on en a observé des exemples à la suite de lésions du système nerveux central, traumatisme, excitation violente, attaques sûbintrantes d’épilepsie jacksonienne (Mallet);' à la suite de lésions ou d excitation du sympathique abdominal, ou après- la décollation.

CONG-ESTIüN RÉNALE AIGUË

D’ordre réflexe, la fluxion sanguine intense qui frappe le rein reste dans ces cas le fait capital, sans adjonction d’aucun processus inflammatoire.

Certaines substances toxiques peuvent, comme premieer effet de leur passage à travers le filtre rénal, provoquer une congestion très marquée. ,La cantharidine est le type de ces substances ; avec elle nous pouvons citer le copahu, le santal, l’essence de térébenthine, l’acide phénique, le sulfonal, l’essence de moutarde, l’azotate de potasse, etc.

Beaucoup de maladies infectieuses dans leurs complications rénales s’accompagnent de phénomènes fluxionnaires aigus, mais ceux-ci, secondaires et surajoutés aux lésions dégénératives du parenchyme, se confondent avec elles et n’ont qu’une importance relative : néphrite congestive de la fièvre typhoïde, de la scarlatine, etc.

Par contre, le paludisme, au cours de ses accès pernicieux, peut provoquer des congestions rénales aiguës qui, par leur brusquerie et leur intensité, ont une importance réelle.

Nous devons ajouter à ces faits les congestions rénales aiguës passagères que l’on voit se produire au cours de certaines dyscrasies telles que la goutte et le diabète, celles plus graves qui apparaissent à la suite de la réfrigération brusque du corps, comme complications des brûlures étendues, ou de la suppression de la perspiration cutanés.

Le rèin atteint de congestion aiguë-est turgide, complètement lisse et d’une coloration rouge vineux très intense; d’un volume variable, il peut atteindre le double de la normale; à la pression, sa consistance est accrue.

Au-dessous de la capsule distendue, les étoiles de Verheyen dila-, tées dessinent leurs arborescences, et quand la fluxion rénale a été subite et violente, des ecchymoses punctiformes marquent de taches plus sombres la surface extérieure de l’organe.

Sectionné longitudinalement, le rein laisse s’écouler une grande quantité de sang, et les substances corticale et médullaire, d’une teinte égale rouge sombre, sont difficiles à bien délimiter. Quand on regarde à jour frisant sur ce fond uniforme, on voit cependant pointer au niveau de la substance corticale une série de petits grains brillants: ce sont les corpuscules de Malpighi distendus. De même, au niveau de la médullaire, des stries plus foncées indiquent les vaisseaux droits dilatés.

A l’examen microscopique, on constate une dilatation vasculaire

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généralisée à tout le rein, c’est le fait capital. Parfois plus accentuée au niveau de certains points, elle peut s’accompagner de raptus hémorragiques qui constituent de véritables ecchymoses.

Ce sont les glomérules qui paraissent surtout avoir subi l’effet principal de la fluxion sanguine, ils sont tous plus ou moins augmentés de volume (flg. 336 et 337). Leur aspect est variable. Dans certains, les capillaires, distendus à l’excès, remplissent complètement l’espace endocapsulaire ; bourrés de globules rouges, ils ont un aspect

it de 130 diamètres. (Brault.

dilatés présentent autour du bouquet vasculai rouges, les épithéliums paraissent inta

angiomateux. Dans d’autres glomérules, les parois si délicates des anses vasculaires se sont rompues, et le sang répandu dans l’espace endocapsulaire refoule complètement le bouquet capillaire vers le pôle artériel : il s’agit d’une hémorragie glomérulaire. D’autres fois, le raptus hémorragique s’est produit au centre des flocules et se trouve limité au milieu de leurs anses.

Les capillaires péritubulaires sont aussi très dilatés et remplis de sang; ils dessinent leurs sinuosités autour des tubes contournés, à l’intérieur desquels se voient de nombreux globules rouges venus le plus souvent des glomérules. La même distension vasculaire se

de la fluxion sanguine est telle que des ruptures vasculaires se produisent, non seulement dans les glomérules, mais aussi dans les capillaires péritubulaires de la région corticale et médullaire.

Kelsch et Kiener ont décrit l’aspect un peu spécial des reins atteints de congestion aiguë au cours des accès pernicieux de paludisme. Peu augmentés de volume, plus consistants et plus lourds que normalement, les reins présentent une teinte rouge brun sombre uniforme. A l’examen histologique, on retrouve une dilatation vasculaire généralisée avec foyers hémorragiques glomérulaires et péritubulaires, mais en plus, sous l’action des poisons hémolysants. les tubes sécré-

COXGESÏION RÉNALE AIGÜË ' 12i7

retrouve autour des anses descendante et ascendante de Henle. Au niveau de la zone médullaire, les vaisseaux compriment les tubes droits ; ceux-ci contiennent souvent des globules rouges qui paraissent parfois agglomérés en cylindres.

Telles sont les lésions habituellement observées dans les premières phases de l’intoxication cantharidienne. Les mêmes aspects histologiques se retrouvent dans les congestions rénales violentes observées à la suite de traumatismes nerveux ou comme conséquence d’une action réflexe nerveuse brutale. Dans ces cas, cependant, la brusquerie

Fig. 337. — Détail d'une hémorragie glomérulaire. — Grossissement 260 diamètres. (Brault.)

Le sang a fait irruption dans la cavité glomérulaire qu’elle à fortement distendue. Au milieu de la masse des globules rouges, on voit un grand nombre de globules blancs. Les anses vasculaires restent distinctes et perméables au sang, elles ne semblent pas subir de compression dur fait de la masse sanguine qui les entoure de toute part. .

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leurs sont infiltrés d’une poussière jaune brunâtre, pigment dérivé d’une modification sur place de l’hémoglobine mise en liberté. Au niveau des tubes droits, globules rouges détruits et granulations pigmentaires s’agglomèrent en cylindres compacts.

CONGESTION RÉNALE PASSIVE

La congestion passive se constate dans tous les cas où, pour une eause quelconque, il existe une stase un peu accentuée et prolongée dans le système veineux du rein. Transitoire ou permanente, cette stase veineuse se trouve constituée chaque fois que la circulation est ralentie, soit que l’apport du sang artériel diminue ou que sa pression normale s’abaisse, soit que la déplétion veineuse se trouve gênée directement. En fait, ce sont surtout les causes qui s’opposent à la circulation en retour du sang veineux qui réalisent particulièrement les types de congestion passive»..

L’obstacle à la déplétion veineuse peut siéger dans les veines rénales elles-mêmes, tels les faits observés de thrombose partielle ou totale, dans l’athrepsie (Parrot, Landouzy) ou dans d’autres affections plus ou moins bien déterminées (Delaruetle, Leudet, Bamberger, Cossv).

L’obstacle peut se trouver réalise par la compression des veines rénales, soit au niveau du pédicule, soit au niveau de leur abouchement dans la veine cave inférieure, ou par la compression de ce gros tronc veineux au-dessus de la jonction des veines rénales ; tumeur (Jaccoud, Luschka, Peacok), utérus gravide (Bard), abcès par congestion oblitérant la veine cave près de l’oreillette droite (Chauffard).

Beaucoup plus souvent, la congestion passive est la conséquence de la stase dans la circulation veineuse générale. Au premier rang des •causes provocatrices de cêtte stase, se placent les maladies du cœur mal compensées, rétrécissement et insuffisance mitrale principalement, à leur période d’asystolie ou d’hyposystolie. Puis les affections pleuropulmonaires chroniques (emphysème, bronchites à répétition, tuberculose à forme fibreuse, pleurésie chronique), qui, opposant un barrage à la circulation pulmonaire, forcent peu à peu le cœur droit. En résumé, chaque fois que la valvule tricuspide devient insuffisante, la stase complète se trouve réalisée.

CONGESTION RÉNALE PASSIVE

Avant d’aborder l’étude des faits constatés en pathologie humaine, il nous paraît préférable de relater les résultats obtenus par l'expérimentation qui depuis longtemps déjà a cherché à réaliser les lésions de la congestion passive du rein. Nous aurons ainsi un point de repère dans les discussions encore pendantes sur l’interprétation des cas les plus habituels de la clinique courante.

I. On peut reproduire facilement, sur l’animal, les effets de l'obstruction complète ou incomplète de la veine réna'.e en liant plus ou moins ce vaisseau.

Ligature complète de la veine rénale. — Nombreux sont les auteurs qui ont réalisé cette expérience. Freriehs, Robinson, Meyer, Munk, Cohnheim, Ervthropulo, Buchxvald et Litten, Cornil, Singer, Litten, Ignatowsky, Alessandri, Giani, Jungano, Rathery, Mayer et Chirié, Bierry et Feuillié, etc.

Quand on lie la veine rénale d’un lapin, on voit immédiatement le rein rougir et se gonfler, il devient dur et turgide sous les yeux de l’observateur. L’effet de cette stase brusque se fait sentir tout de suite par une série de lésions dont les principales sont surtout caractérisées par une congestion intense de la substance médullaire qui reste rouge noirâtre à la coupe, alors que la corticale est beaucoup moins foncée. Si on examine le rein au bout de. dix à vingt minutes, le traumatisme brusque a. déjà provoqué des lésions épithéliales qui seraient déjà nettes, pour Bierry et Feuillié :

Arrêt brusque de la sécrétion urinaire, congestion et stase soudaine, détachement des épithéliums des tubes droits. Lésions même des épithéliums sécréteurs.

A. Si la ligature n’est que temporaire, et si, après l’avoir laissée en place dix à vingt minutes, on l’enlève et on laisse survivre l’animal, on constate que très rapidement ces lésions mécaniques se réparent,, et tout revient vile à la normale, on en juge non seulement d’après l'aspect histologique, mais aussi d’après le ri tour au fonctionnement régulier.

La restitutio ad iniegrum se fait même quand on a posé une ligature temporaire sur les deux veines rénales. D’après Carrel, dans ce cas les lésions restent très minimes, les animaux survivent parfaitement, ces traumatismes temporaires n’étant pas suffisants pour troubler dans la suite le fonctionnement normal du rein.

U reste doue un fait acquis, qui a son intérêt en pathologie humaine: la compression brusque momentanée d’une veine rénale provoque des désordres immédiats, très accentués, mais ceux-ci disparaissent rapidement une fois levé l’obstacle à la circulation.

B. Si la ligature de la veine rénale reste permanente, l’organe augmente peu à peu de volume et n’aîteint son maximum que vers le deuxième ou troisième jour, quelquefois même beaucoup plus lard, vers le sixième jour (Buchxvald et Litten).

Gros, turgide, ayant sa capsule comme œdématiée,- le rein, à ce moment, est de. consistance très accrue, la surface de section est d’une teinte rouge vineux sombre, semée de taches plus foncées, quelquefois assez larges. Ces taches correspondent à des hémorragies qui se produisent souvent très vile et sont assez importantes pour être visibles à l’œil nu ; disséminées sans ordre sous la capsule, dans la région corticale, elles semblent [ lus fréquentes dans la médullaire [Singer, Litten, Jungano).

CORSIL ET RANVIER. — IV..

IHisloLogiquement, ce quidomine, c’est la dilatation intense de tout le système^ vasculaire rénal : « il semble; eomme le dit Jungano* qu’on ait sous les yeux un rein injecté ». Celte dilatation vasculaire va jusqu’à l’hémorragie; en certains points ces zones hémorragiques sont assez élendueset dilaeèrent complètement leparenchyme.

Dans, les zones.ânter calai res , les gtomprules dilatés .sont bourrés de glo^ butes rouges, les capillaires périlubulaires de même, et, à l'encontre de l’opinion de Senator, qui pensait que seuls les'vaisseaux droits subissaient l’action de la stase veineuse, on voit que tout le système veineux du rein est atteint.

Ihfaut cependant remarquer que4es vaisseaux droits^ayantsubiilesipremiers

effets- de; la stase, sont lesplus touchés. Les épithéliums, sécréteurs paraissent altérés, on retrouve dans la lumière des tubes de nombreux globules. rouges transsudés, les cellules ont un aspect granuleux avec des noyaux pycnotiques, leur portion sus-nueléaire, .parfois '-rompue.

Les tubes droits -paraissent, même résister -plus longtemps- Mis à part les. points dans -lesquels :1e; tissu: as été détruitipar' une hémorragie, les épithéliums se colorent bien et restent adhérents aux parois. Toutefois dans de inombrenx lubfisr et cecime peut guère s’expliquer que>par;une action mécanique brutale, toutes les cellules se. détachent: d’un bloc sur une plus ou ‘moins. -grande-largeur et sont entraînées, avec le liquide excrété. On retrouve alors dans les urines, de vrais cylindres épithéliaux, creux, parfois assez longs, qui représentent les moules des tubes droits privés de leur revêtement épithélial..- A ees.diversesLésfons assez graves* viennent se surajouter celles qui proviennent de l’oblitération fréquente des branches de distribution ou même de L’artère rénale principale. Il en résu lie des infarctus, hémorragiques te plus souvent.

Si l’on attend plusieurs -jours avant d’énucléer le ; rein, on voit que bientôt, à partir du quatrième au sixième jour, il diminue progressivement de volume et .tend vers l’alrophie. Une réaction l fibroblastique .apparaît-, ayant pour rentre de néoformation marquée. les parois vasculaires. Les épi thél iums nécrosés: se : réso rbent, des cell ules-qui ont: résisté subissent peu à peu Finfiilration calcaire, et ce processus; dégénératif ! est. presque exclusivement localisé aux éléments, sécréteurs, tubes contournés et anses useendanles de 'Hente (Litten). Les. glomérules s’atrophient et se transforment en petits bloes. fibreux. Les tubes droits et collecteurs conservent beaucoup plus longtemps leur épithélium.

Toutes ces. lésions qui aboutissent en dernière; analyse à l’atrophie fibrocalcaire du rein, sont conditionnées à la fois et par l’oblitération veineuse et ;par l’oblitération artérielle, conséquence sinon fatale, tout au moins très fréquente. Dans ta très grande majorité des cas, ce sont les résultats observés dans un laps de temps variant entre six semaines et trois mois après ta ligature complète de la veine rénale, et. relatés par la plupart des-expérimentateurs (Buchvvatd, Litten, Gornil, Jungano).

On, peut cependant dans quelques -cas voir le rein,, ainsi traumatisé, recouvrer après une. période, de réparation , assez courte un : fonctionnement suffisant pour permettre à l’animal opéré, de supporter la néphrectomie du côté opposé. Atessandri a vu ainsi un lapin -survivre deux, mois et demi àda suite d’nne néphrectomie pratiquée quatre-vingldiuit jours; après la ligature delà veine rénale.du; côté opposé. Giani a relaté de semblables résultats. Dans ces cas, le rein ; n’a pu fonctionner que grâce, à . la circulation collatérale qui a ainsi suppléé- à; l'oblitération de la veine rénale. Mais ces faits doivent être considérés comme exceptionnels; d’ailleurs, dans-le cas d’Alessandri il existait une veine rénale accessoire qui avait échappé à la ligature.

CONGESTION RÉNALE PASSIVE

Ordinairement la circulation collatérale ne se rétablit pas assez vite

• <pour qu’elle puisse assurer la déplétion veineuse, en outre nous avons, déjà

dit que la! thrombose de l’artère rénale était une complication fréquente

En résumé, chez l’animal, l’arrêt brusque, absolu et permanent .de la circulation en retour par la veine rénale est suivi de l’atrophie progressive

• de tout l’organe. Ces faits ont un certain intérêt pratique, parce que plusieurs histologistes ont pensé que grâce aux voies de suppléance si largement ouvertes, le rein n’était pas fatalement voué à. la destruction quand la circulation veineuse principale était suspendue. En cas de blessure de la veine rénale, ces auteurs pensent qu’au lieu de faire une néphrectomie immédiate on peut lier la veine,! lacireu talion supplémentaire s’établissant et

. assurant le cours du sang veineux.. Les expériences de Jungano ont eu pour ■but de trancher cette question, et il arrive dans ses conclusions à.ee résultat très à prévoir que jamais on ue peut .compter sur une semblable suppléance, que les lésions rénales consécutives à la ligature sont trop importantes et •que -la ; thrombose artérielle, toujours à craindre, interdit tout espoir .de «réussite.

■II. Ligature incomplète de la veine réwi le. — Expériences de Robinson , ’Weissgetber et Péris, l’osner, Voorhœve, François,' Germont, Singer, Piéry.

■On arrive ainsi à produire chez l’animal un obstacle suffisant, transitoire ou permanent à la circulation veineuse, et on peut de la sorte étudier les lésions histologiques .avecdeur évolution complète depuis.la simple congestion passive de courte durée jusqu’à la istaseiprolangée, telle qu’elle se trouve réalisée dans la congestion chronique du reim cardiaque.

Le rétrécissement incomplet de la veine rénale par une ligature, peu -serrée ou même un simple fil de soie posé sur le vaisseau, de façon. à limiter son extensibilité, produit immédiatement ;;uune diminution et même l’arrêt complet de la sécrétion urinaire.

An bout d’un temps variable, une heure ou deux au plus, le rein commence à sécréter une urine foncée riche errglobuLes rouges, chargée d’albumine et coritenant'de -nombreux cylindres, surtout des cylindres épithéliaux produits delà desquamation des cellules des: tubes* droit s (fi g. .320, p. 1217).

L’albuminurie et la cylindruriè ne persistent guère plus de deux ou trois .jours, quand la ligature n-’est laissée que peu de temps (une demi-heure à deux heures), les globules rouges disparaissent aussi très rapidement.

Si on enlève le rein au cours ffe celte expérience — ligature .de courte durée — on constate qu’il est augmenté de volume, plus rouge que normalement, sa substance médullaire surtout est d’un brun foncé. La. stase a été suffisante pour produire une dilatation considérable des vaisseaux, dilatation- qui - se voit aussi bien au miveau-des glomérules et des capillaires péritubulaires qu’au niveau des gros vaisseaux de la pyramide. Les lésions histologiques sont minimes; on remarque souvent un exsudât granuleux dansTinlérieur des tubes contournés et des anses de Henle, mais leur épithélium, -en général ne parait pas avoir; souffert. Dans des tubes droits, des cellules desquamées et des globules rouges s’agglomèrent en cylindres. D’ailleurs^ la réparation de ce trouble momentané apporté au fonctionnement rénal se fait très vite et dans l’espace .de cinq nu -six jours, tout paraît revenu à la normale, aussi bien le fonctionnement urinaire que la disposition anatomique et histologique des parties.

Quand la ligature incomplète est laissée en place, les résultats relatés par les divers expérimentateurs sont assez variables, la raison doit en -être recherchée.

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Il importe de savoir, en effet, que si la ligature est un peu serrée, elle a tendance à produire assez rapidement une obstruction complète, et pour notre compte, dans plus de la moitié des cas, nous avons vu ce fait se produire. On peut éviter cet inconvénient en pinçant seulement la partie latérale de la veine, ou en appliquant autour d’elle une soie plate qu’on serre plus ou moins latéralement avec une petite griffe métallique.

Une ligature ainsi placée ne produit que très rarement l’obstruction de la veine, et l’on peut constater, plusieurs mois après l’intervention, sa perméabilité parfaite.

Les résultats immédiats ne diffèrent pas de ce que nous avons déjà observé; au début, oligurie, albuminurie, hématurie, décharges de cylindres épithéliaux, hématiques et souvent granuleux. Peu à peu tout se répare et progressivement dans un laps de temps assez variable, mais qui n’a jamais excédé huit jours dans nos expériences, l’albuminurie décroît et disparaît complètement, les cylindres qui, dans les trois ou quatre premiers jours, restent épithéliaux et surtout granuleux, sont presque exclusivement granuleux et hyalins dans les quelques jours suivants.

A part les phénomènes congestifs que nous avons déjà décrits et qui sont assez accentués, Mes éléments sécréteurs ne paraissent subir que des modifications le plus souvent transitoires. J. Singer avait déjà noté que les cellules des tubes contournés et des anses de Henle perdaient leur structure striée et n’étaient plus capables de sécréter le sulfate d’indigo, quelques-unes paraissaient plus touchées et leur noyau était pycnotique. Dans la grande majorité des cas, le rétablissement de la circulation par voie collatérale se fait assez vite et permet le 'rétablissement morphologique et fonctionnel des éléments épithéliaux.

Jungano a pu constater le fonctionnement parfait d’un rein dont la veine était incomplètement comprimée, en faisant une néphrectomie du côté opposé soixante-dix jours après la première opération.

Ce rein examiné dans la suite paraissait absolument normal, le tissu conjonctif semblait un peu épaissi.

Dans plusieurs expériences, nous avons trouvé le rein d’aspect normal, les voies supplémentaires exorénales ■ très développées, l’examen histologique ne révélant aucune lésion.

Germont avait constaté dans une expérience où l’animal fut laissé en observation pendant un mois, un rein dans lequel il existait un certain degré de sclérose péri-arlérielle et péri-glomérulaire rappelant un peu, quoique à un degré moins accentué, les lésions constatées après la ligature complète; dans ce cas cependant la veine rénale était restée perméable.

Que conclure de ces faits? Le résultat de notre expérimentation personnelle est le suivant :

Quand la veine est simplement comprimée et reste perméable, la réparation des altérations liées à la stase veineuse se fait assez vite et tout rentre dans l’ordre; nous n’avons jamais constaté de sclérose, ni de lésions dégénératives diffuses.

Quand, au contraire, la ligature a été un. peu serrée, neuf fois sur dix la veine s’oblitère plus ou moins rapidement, et si l’expérience se poursuit un temps assez long, deux à trois mois et plus, le rein s’atrophie.

CONGESTION RÉNALE PASSIVE

idSJ

THROMBOSE DES VEINES RÉNALES

L’oblitération brusque et rapide de la veine rénale peut s’observer en pathologie humaine. Parrot et Hutinel, Landouzv, ont ainsi décrit la thrombose ordinairement bilatérale des veines rénales dans l’athrepsie (1). Elle se constate plutôt chez de tout jeunes enfants, au cours d’états infectieux, et dans ces cas, l’oblitération uni ou bilatérale des veines rénales est provoquée par une phlébite (Lucien, Ribadeau- Dumas eh Ménard, Richardière et Merle). Les reins tendus sous la ■capsule et volumineux, sont semés de taches lie de vin foncée plus ou moins larges et surtout distinctes quand la capsule est enlevée.

Chez les enfants, les bosselures normales du rein paraissent plus accentuées. Le rein peut avoir triplé de volume (Richardière et Merle). A la coupe, c’est surtout vers la base des pyramides que les reins présentent une teinte lie de vin, ponctuée de taches eechymotiques liées à des extravasats hémorragiques qui paraissent noirs, le rein étant alors comme truffé. La substance corticale, lorsque la thrombose est récente, a une teinte violacée ; plus tard elle prend une couleur variant du gris au jaune feuille morte. A l’examen histologique, les lésions constatées sont superposables à celles décrites chez l’animal. Parrot avait décrit à part les hémorragies intratubulaires, il n’y a pas lieu de les séparer, elles existent assez fréquemment dans la thrombose rénale des athrepsiques.

Le caillot qui oblitère la veine est fibrineux, adhérent à l’endoveine qui est épaissie et dépolie quand il s’agit de phlébite.

D’aspect jaunâtre, composé d’un grand nombre de leucocytes intriqués dans les lamelles fibrineuses, il peut se prolonger par un caillot cruorique.

Les cas de thrombose rénale signalés par les divers auteurs ne provoquent pas toujours l’arrêt complet du fonctionnement du rein. Leudet en a signalé une observation. Mais il est probable que dans ce

(1) Parrot décrivait dans l’athrcpsie trois variétés de lésions rénales, isolées ou réunies : la stéatose tubuleuse; la thrombose des veinés rénales; l’infarctus uralique : •Simmonds (1896) était d’avis que ces diverses lésions étaient liées à une néphrite dite parenchymateuse. Pour Lucien de Nancy les reins dans l’athrepsie ne présentent aucun caractère de spéeiüeité. Souvent très Congestionnés, avec des infarctus uraliques abondants qui dessinent des stries. orangées dans les tub -s de Bellini. La thrombose des veines rénales relève d’états infectieux divers et n’est pas spéciale à l’athrepsie, les lésions tubulaires ne sont en tout cas jamais masquées par de la dégénérescence graisseuse, comme l’indiquait Parroi, Lucien n’ayant jamais constaté cette lésion.

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cas la thrombose s’était développée progressivement. Tous les cas^ signalés par Peacok, Delaruelle, Cossv, Bamherger, Luschka, Bartels Lecorché et Talamon, Chauffard, dans lesquels il existait une thrombose, soit de la veine: rénale principale, soit de la veine cave, avaient provoqué des, altérations graves avec hémorragies intra-rénalès et* unedésintégration très, accentuée des épithéliums tubulaires.

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