I. Les altérations les plus simples sont constituées ainsi
Le. rein est volumineux, quelquefois double du volume normal, d’une rougeur diffuse fortement accusée (Mollière). Les glomérules dilatés. contiennent de nombreux noyaux; leurs anses capillàires sont remplies de. sang; des infiltrats de cellules lymphoïdes infiltrent les -espaces intertubulaires avec une certaine prédominance autour des -artérioles glomérulaires et des vaisseaux. Les tubes contournés paraissent le plus souvent intacts.
Dans quelques cas.cependant les cellules sécrétrices sont un peu tuméfiées, les noyaux se colorant mal (Levaditi).
Ces altérations n’ont, certes, aucun caractère spécifique et cependant la recherche du tréponème est positive dans ces cas. Les spirilles existent soit dans le tissu conjonctif intertubulaire, soit dans l’intérieur des tubes; quelques-uns, beaucoup plus rares, se voient dans le protoplasma des cellules épithéliales qui tapissent les tubes contournés (Levaditi).
II. Beaucoup plus nombreux sont les faits dans: lesquels les altérations sont plus accentuées, l’infiltration lymphocytaire et les lésions vasculaires étant prédominantes;
Les reins paraissent fermes, un peu indurés sous la capsule qui se détache facilement, la substance-corticale plus: ou moins.striée de pinceaux vasculaires a quelquefois une teinte jaunâtre ou jaune blanchâtre.
A la coupe;, ce qui domine, c’est une infiltration lymphocytaire qui paraît généralisée à tel point que certains auteurs * reprenant la dénomination autrefois en usage, emploient pour la. caractériser le terme de néphrite interstitielle aiguë (Strobe).
Les glomérules augmentés de volume présentent leur bouquet vasculaire chargé d’éléments mononucléés,,les:vaisseaux: afférent et efférent ont leur paroi infiltrée des mêmes cléments qui forment un manchon plus , ou moins épais, dont lès borda; se prolongent parfois aussi autour de la capsule de Bowman.
Les espaces intertubulaires sont nettement; marqués par ces infil-
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trats lymphocytaires qui, çà et là, se condensent en petits no dules compacts.
Règle générale : cette, infiltration cellulaire est diffuse, répartie sans ordre, est surtout importante dans la corticale et la substance intermédiaire. Plus ou moins accentuée suivant les observations et au hasard des coupes, elle prédomine au niveau des vaisseaux* ceux-ci présentent souvent une réaction appréciable de leur endothélium dont les cellules surélevées, et en voie de multiplication, festonnent la membrane interne (Beer, Virchow, Marchiafava, Negel, Strobe, Sutherland et Walker, etc.).
Les tubes sécréteurs peuvent être plus ou moins touchés. Lancereaux, signale l’altération granulo-graisseuse des épithéliums tubulaires. Coupland parle de lésions dégénératives marquées.
Dans le cas de Maffucci et dans une observation de Marchiafava, de même que dans celle de Sutherland et Walker, on voit indiquée la nécrose des épithéliums des tubes contournés. Ce que nous savons de la localisation du tréponème dans les tubes sécréteurs et leur épithélium explique ces altérations, mais elles nous ont paru plutôt rares, et, dans les cas que nous avons observés, les altérations épithéliales assez discrètes étaient disséminées et plutôt régionales, surtout accusées aux points où l’infiltration lymphocytaire était prédominante.
III. Lorsque des gommes se sont développées, les reins, ordinairement fermes, de couleur variable, les uns assez pâles, d’autres plutôt congestionnés, apparaissent à la surface et, sur les Coupes, ponctués de nodules blanchâtres. Ceux-ci, ordinairement petits, mais parfois aussi de la dimension d’une noix, sont ordinairement situés dans la substance corticale empiétant sur la médullaire à la base des pyramides. De consistance ferme, ils ne peuvent être énucléés du parenchyme qui les entoure.
A l’examen histologique, on peut étudier ces gommes à tous les stades de leur évolution, depuis les petits nodules constitués par un amas dense et compact d’éléments lymphocytaires jusqu’aux gommes plus anciennes dont le centre est déjà en voie de dégénérescence. Placées au hasard, en plein tissu, elles sont ordinairement arrondies, leurs contours toutefois ne sont pas nets, l’infiltration cellulaire diffusant par bandes entre les tubes voisins. Il est assez remarquable de noter aussi que très fréquemment, au pourtour de ces gommes, il existe un.3 sorte de zone congestive formée de grandes lacunes remplies de globules rouges, les unes reliées aux vaisseaux, d’autres
SYPHILIS RÉNALE
produites par de véritables hémorragies interstitielles (Baginskv, Haushalter et Richon, Potier). On peut, suivant les coupes et les cas différents, étudier d’une façon quasi schématique la constitution et Révolution des gommes. Depuis le petit nodule inflammatoire au sein duquel on peut parfois distinguer un vaisseau jusqu’aux productions
Fig. 361. — Gomme du rein dans un cas de syphilis. héréditaire précoce. Observation do Potier.
Grossissement : 200 diamètres. (Courcoux.)
Le centre de la gomme a un aspect grossièrement granuleux, les éléments nucléaires qui se voient encore sur sa partie droite sont en voie de destruction. Autour de la gomme existe une zone d’éléments lymphocytiques qui diffusent en haut et en bas. A la partie inférieure de la figure, le tissu est complètement remanié, il n’existe plus aucun élément rappelant les tubes urinifères.
plus volumineuses dont les éléments nucléaires centraux se désagrègent et se fragmentent pour aboutir à la vitrification.
La disposition périvasculaire des gommes peut entraîner des conséquences assez particulières, telle l’observation signalée par Durante, où des gommes développées sur de grosses artères provoquèrent une endo- périartérite intense allant jusqu’à l’oblitération, le rein était strié d’infarctus à base périphérique composés d’un tissu nécrosé. Sur les bords et près du sommet de l’infarctus, existait une abondante
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infiltration de; grains calcaires entourant comme une. coque à limites indécises le foyer de nécrose; dans celte, zone périphérique les vais seaux étaient dilatés, et.il existait de nombreuses hémorragies capillaires. Au sommet des infarctus des artérioles étaient oblitérées.
Ce cas constitue une exception.
En dehors des nodules gommeux on retrouve dans le rein à un degré variable, l’infiltration lymphocytaire déjà signalée; les glomérules et leurs vaisseaux participent à cette réaction inflammatoire.
La capillarité est plus ou moins marquée, de même . que les péri et endo-artérites.
Quant aux tubes sécréteurs, ils ne sont guère atteints par le processus qu’aux points. mêmes où les. gommes se développent, et c’est à la périphérie de celles-ci qu’on peut étudier leurs altérations. Infiltrés d’éléments lymphocytaires, certains paraissent dissociés et sectionnés, leurs cellules gonflées, en voie de désintégration granuleuse et vacuolaire. D'autres ont simplement leur lumière remplie de lymphocytes.
Mais en dehors de ces zones les tubes sont bien conservés, le processus inflammatoire reste local, les épithéliums ont gardé leur netteté, la bordure en brosse reste visible, le noyau parfaitement colorable.
IV. Marchiafava, de Sinéty, Vallas, Barthélemy, Massalongo ont signalé des cas dans lesquels la sclérose rénale était, nettement constituée.
Dans un fait rapporté par j^larchiafava, les reins, de volume normal, étaient de décortication difficile, la capsule épaissie, la substance corticale grisâtre, la médullaire rosée. Histologiquement, on constatait une sclérose diffuse.
Massalongo a observé un cas de néphrite atrophique chez un enfant, de six mois. Il existait une sclérose accentuée, les artères étaient atteintes d’endo et de péri-artérite, leur lumière déformée irrégulièrement, quelques-unes .complètement oblitérées. Les glomérules étaient scléreux. Il existait une sclérose. intertubulaire plus ou moinsdense, les tubes en ces points ayant leurs cellules épithéliales dégénérées, leur lumière obstruée par des cylindres hyalins et granuleux.
Negel admet, sans que ce fait ait été confirmé depuis, que la dégénérescence amyloïde appartient à l’histoire de l’hérédosyphilis précoce du rein.
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