‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 238 sur 289 · R AN VI ER · texte numérisé non relu

R AN VI ER

REIN

L’envahissement des vaisseaux lymphatiques serait exceptionnel par contre les vaisseaux sanguins seraient fréquemment envahis • ces tumeurs s’accompagnent en effet assez souvent de métastases dans les organes.

L’examen histologique montre que c’est le tissu sarcomateux qui l’emporte dans la constitution de ces tumeurs, mais il est toujours associé. aux éléments les plus variés.

a) Parfois on voit des fibres musculaires striées à un stade plus ou moins avancé de leur développement ; signalées par Eberth, elles ont été décrites depuis par nombre d’observateurs et leur présence paraît fréquente. Elles sont clairsemées ou réunies en faisceaux. Ce sont des rabdo-my ornes.

Parfois aussi on rencontre mêlés à ces fibres striées des éléments musculaires lisses : rabdo-léio-my ornes.

b) Beaucoup plus rarement on y voit du cartilage hyalin (Ribbert, Wilms et Brock), du tissu adipeux ou myxomateux.

c) Birch-Hirsêhfeld, Dôderlein ont montré qu’il n’était pas rare de rencontrer mêlés aux éléments sarcomateux, musculaires; etc., des tubes épithéliaux pouvant évoluer dans le sens de cavités kystiques. Ces tubes ou cavités sont revêtus habituellement d’une rangée de cellules cylindriques souvent très hautes, plus rarement assez basses et de type cubique, disposées alors sur plusieurs rangs.

Dans un fait de Broca et Mouchet, des fibres musculaires striées^ irrégulièrement disposées au sein du tissu sarcomateux creusé de petites cavités épithéliales, constituaient un véritable adéno-myo-sdr^ corne.

L’origine de ces tumeurs complexes est encore l’objet d’hypothèses; la majorité des auteurs s’accorde cependant à leur reconnaître une souche congénitale. Ce seraient des embry ornes. Ils dériveraient d’éléments différenciés du feuillet moyen inclus dans le blastème rénal à une période très précoce du développement de l’embryon. Cette théorie rallie plus de suffrages que celle de Grawitz qui fait dériver ces tumeurs d’éléments normaux du rein embryonnaire.

Eberth avait déjà supposé qu’il s’agissait d’une inclusion embryonnaire de, germes aberrants du corps de Wolf.

Gohnheim, Langhans, Ribbert, Birch-Hirschfeld, adoptèrent cette opinion qui a été surtout développée par Wilms. Les fibres musculaires striées proviendraient d’inclusions du. myotome; le cartilage, du sclérotome destiné â l’édification de la colonne vertébrale; les été-

TUMEURS PARA RÉNALES

jnents sarcomateux du mésenchyme; les formations, glandulaires du néphrotome, du cordon du mésonéphros, du corps de Wolf.

Lecène et Legros ont cherché à reproduire de semblables tumeurs en pratiquant des inclusions de fragments embryonnaires; deux fois sur huit, ils ont obtenu des tumeurs en voie d’évolution évidente.

Par contre, Ghevassu a vu des greffes embryonnaires insérées dans le testicule se résorber très rapidement

TUMEURS PARARÉNALES

Nous indiquerons dan s. ce chapitre à la fois les tumeurs solides et les kystes qu’on voit se développer dans la capsule adipeuse du rein.

Tumeurs solides. — Hartmann et Lecène en ont fixé les caractères généraux dans Une revue d’ensemble. Elles sont rétropéritonéales, et Jeur développement se faisant surtout en avant et en dehors, le rein est le plus souvent perdu au milieu des éléments de la tumeur qui dissocie fréquemment les parties constituantes du hile. Le rein peut cependant rester simplement accolé à la tumeur (2 cas de Piquand). Ordinairement encapsulées, ces productions sont souvent très volumineuses, irrégulièrement bosselées et de consistance 'très variable, suivant leur structure.

L’examen histologique met en évidence des tissus extrêmement variés qui se présentent le plus souvent groupés dans la même tumeur . D’après les 51 cas qu’il a pu réunir, tant en France qu’à l’étranger, Piquand divise ces néoplasmes en trois variétés histologiques :

1° Tumeurs conjonctives qui représentent la grande majorité et sont bénignes ou malignes.

Dans le premier groupe, les lipomes le plus souvent associés au fibrome et quelquefois au myxome paraissent les plus fréquents. Les fibromes purs sont plus rares. Dans un cas d’Amblard, le fibrome formait une végétation perpendiculaire à l’axe du rein.

Dans le second groupe, noms remarquons les sarcomes, ordinairement sous forme de fibro-sarcomes, myxo-sarcomes, angio-sarcomes.

2° Tumeurs épithéliales, dont l’observation rapportée par Piquand est le type, et qu’il pense pouvoir rapporter à la prolifération de débris wo biens.

3° Tumeurs mixtes à structureeomplexe, formées à la fois par des

éléments conjonclifs et par des éléments épithéliaux : fibro-lipomyxo-sarcome avec débris embryonnaires épithéliaux (Hartmann et Lecène) dont l’origine wolfienne paraît assez plausible.

KYSTES PARANÉPHRÉTIQUES

1° Albarran et Imbert ont rapporté 17 observations de kystes paranéphrétiques auxquels ils attribuent aussi une origine wolfienne. Ces kystes uniloculaires à contenu liquide sont indépendants du rein.

2° Les kystes multiloculaires, ou tumeurs polykystiques périrc nales, sont d’une extrême rareté. Albarran le premier en a signalé une observation chez un enfant de dix mois. Lejars, plus récemment, en a publié un second exemple, celui d’une tumeur pesant 270 grammes, totalement transformée en kystes, sauf en un point où il existait du tissu solide. Les kystes variant comme taille d’une cerise à une petite mandarine, contenaient un liquide clair et filant. Leurs parois, formées de tissu conjonctif avec des éléments de tissu adipeux en certaines zones, étaient revêtues d’une mince Couche épithéliale formée de cellules cylindriques. En aucun point, il n’y avait trace de tissu rénal.

Ici encore l’origine de ces néoformations kystiques doit être rapportée à la persistance et à la prolifération de débris du corps de Wolf.

KYSTES DU REIN

Mettant à part les kystes hydatiques (voir p. 1472) et les kystes dermoïdes dont on ne possède que trois observations, les kystes du rein sont habituellement divisés en trois groupes par les auteurs : a) les kystes trouvés dans les néphrites atrophiques, déjà étudiés; b) les grands kystes séreux, quelquefois pauciloculaires, habituellement uniques et unilatéraux; c) les kystes multiples transformant les deux reins et qui leur donnent l’aspect si particulier appelé rein polykystique. Legueu pense d’ailleurs que cette division est toute provisoire; il existerait des points de contact entre ces diverses variétés, et il y aurait des catégories à établir dans a- forme qu’on dénomme communément rein polykystique.

Pousson a d’autre part insisté sur la distinction qu’il était essentiel

KYSTES DU REIN

de faire entre les faux reins polykystiques rencontrés dans la lithiase rénale, la tuberculose (Curtis et Carlier), certaines formes d’hydronéphrose (Rochet) et le vrai rein polykystique à caractères macroscopiques et histologiques si particuliers.

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