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Prostatites aiguës

Elle résulte-, presque constamment, d’une infection d’origine uréthrale : propagation directe d’une uréthrile aiguë blennorrhagique, -aux conduits excréteurs; et à la glande. On peut admettre, dans des -cas exceptionnels, l’infection directe : du parenchyme prostatique par la voie sanguine ou lymphatique, dans les maladies générales infectieuses, ou dans les phlegmasies pelviennes de voisinage;

La glande, augmentée de volume, est tendue, résistante, pseudofluctuante. La coupe, rougeâtre, spongieuse, laisse couler un abondant liquide blanc grisâtre, puriforme. Constamment, la muqueuse de l’urèthre prostatique, le verumontanum, les orifices glandulairesmontrent les -lésions intenses de l’uréthrite aiguë;

L’histologie distingue- deux formes dè prostatite aiguë’ qui sont, le plus souvent, deux degrés successifs de l’inflammation : prostatite glandulaire, prostatite parenchymateuse.

A. Prostatite aiguë glandulaire ou folliculaire. - - Les lésions * portent exclusivement sur les -glandes, sans' participation du stroma : •c’est la prostatite endo-glandulaire ou catarrhe aigu de la prostate, -complication banale de l’uréthrite.

Les-glandes sont volumineuses, tuméfiées, dilatées par une sécrétion pathologique. L’épithélium des acini est en prolifération; et en desquamation intenses : leur lumière- est remplie d’un liquide louche qui contient en suspension des épithéliums altérés* des granulations diverses, et des leucocytes abondants'.

Les microbes pathogènes; sont - constants dans:le liquide prostatique : le gonocoque est le plus fréquent de tous (Bumm, Werlheim, Finger). Il a été constaté dans les épithéliums- des conduits; excréteurs et des acihii Mais on peut- trouver; associés avèc’ lui ou seuls, les staphylocoques pyogènes, et les divers- saprophytes; uréthraux, bactéries et microcoques.

Suivant l’intensité de- l’inflammation, et les caractères du contenu glandulaire, on distingue deux degrés dans la prostatite glandulaire : prostatite catarrhale quand la sécrétion est muco-purulente; prostatite

PROSTATE

$i£pp wré e qn a nd là- sécrétion, nettement purulente, forme de véritables petits abcès endo-glandulaires; à ce degré commence déjà la réaction ïnterstrtielïé, péri-glandnlaire, qui: caractérise ; la seconde forme de prostatite aiguë;

Fig. 333. — Prostatite aiguë suppurée; forme glandulaire.

-A gauche, coupe d’ensemble d’un. lobule glandulaire; au centre,' un conduit excréteur dilaté, avec desquamation épithéliâle.et infiltration leucocytiquec sous-épithéliale, confluente. Dans le tissu prostatique, riche en gros faisceaux musculaires lisses, les glandes disséminées montrent tous les degrés ;des lésions inflammatoires. Atdroito, délait-des lésions glandulaires :: trois acini aux stades successifs dés lésions inflammatoires; dilatation, desquamation épithéliale, périadénite, avec intégrité de l’enveloppe' acineuse; rupture de l’enveloppe acineuse,- avec abfcèsendo et jiériglandulaires ; transition vers, la suppuration interstitielle. (Hallé).

B. Prostatite aiguë parenchymateuse-, interstitielle, suppurée. — Secondaire à la forme glandulaire! ou primitive, elle esfcaractérisée par l’infiltration polynucléaire et la suppuration du stroma. C’est d’abord une accumulation dei cellules rondes, localisée autour des •culs-de-sac glandulaires atteints de suppuration folliculaire. Puis, des fôyers confluents -de -leucocytes, de petits abcès multiples, périaeineux, apparaissent dans la trame prostatique, isolés d’abord, plus tard en communication avee les 'glandes par destruction de l’enveloppe acineuse. Ces petits abcès sont partienlièrement fréquents dans le groupe êtes glandes centrales, sous-muqueuses, périuréthrates; ils- s’ouvrent -■dans l’urèthre, soit directement, soit par les-- conduits- exeréteurs, et

APPAREIL URINAIRE

peuvent laisser après leur guérison des lésions destructives permanentes des canaux éjaculaleurs et du verumontanum.

Dans les groupes postéro-latéraux des grosses glandes prostatiques périphériques, les lésions sont souvent segmentaires, limitées à un on quelques lobules. Les nodules glandulaires ainsi envahis présentent à la coupe un aspect spongieux d’infiltration purulente totale."

Dans la prostatite interstitielle suppurée, les agents pathogènes rencontrés dans le pus diffèrent de ceux qui infectent les sécrétions de la prostatite catarrhale. ....

Ici le gonocoque est rare : Casper et Albarran l’ont vainement cherché dans quarante cas. Sonet et Cottet l’ont rencontré cependant, et il faut admettre qu’il est capable, à lui seul, de causer, exceptionnellement, la suppuration interstitielle de la prostate. Presque constamment le pus contient les staphylocoques pyogènes, parfois le streptocoque, le colibacille, le pneumocoque ou des anaérobies comme le bacillus perfringens.

Le plus souvent le processus inflammatoire ne dépassé pas le stade des petits abcès multiples; et la guérison se produit après évacuation directe ou indirecte du pus dans l’urèthre. Dans d’autres cas plus graves, de gros abcès se forment par extension et fusion de plusieurs foyers initiaux. On les observe surtout dans les lobes latéraux, qu’ils peuvent creuser, détruire et remplacer entièrement. D’abord bridés parla capsule, et enkystés, ils finissent par se porter en dedans ou en dehors pour s’ouvfir dans l’urèthre, dans le rectum, à la peau, dans la vessie : ce sont de grosses lésions, d’ordre chirurgical. ■

La prostatite interstitielle suppurée se complique parfois de lésions péi’i prostatiques diffuses. : phlegmons périproslatiques simples, à marche lent î, presque chronique; ou gangréneux diffus, à marche aiguë. La propagation se fait aux tissus péri prostatiques, soit suivant les voies veineuses, par thrombose et phlébite des veines capsulaires, soit par la voie des hymphatiques.

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