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I. — Lésions macroscopiques

L’augmènlation de volume, constante, varie dans de larges limites, puisque du poids normal de 20 à 25 grammes, on voit la prostate sénile passer à 200, 390 et même 400 grammes (Frever); les poids moyens de 50 à 100 grammes comprennent le plus grand nombre des prostates hypertrophiées communes.

Là forme de l’organe est presque constamment modifiée.

La prostate hypertrophiée présente une accentuation de ses lobes normaux; elle est, de plus, irrégulière et bosselée. C’est surtout au centre, autour du canal uréthral et du col vésical, que ces bosselures irrégulières sont le plus marquées;; on ne les voit bien que sur la coupe de l’organe. .

Les lésions hypertrophiantes peuvent porter sur toutes les parties de la prostate : hypertrophie totale régulière et symétrique, ou partielle, irrégulière, et asymétrique. On peut les voir localisées ou prédominantes dans l’un ou l’autre des lobes postéro-latéraux.

PROSTATE

; Les plus fréquentes de ces lésions portent sur le centre et la base 4e la prostate. Elles aboutissent à la formation d’un lobe pathologique plus ou moins volumineux, arrondi ou bosselé, sessile ou pédi- «culé, qui fait saillie sur la demi-circonférence postérieure du col •vésical, et qu’on désigne sous le nom de lobe moyen pathologique.

Les modifications diverses et profondes de configuration extérieure et intérieure de la prostate hypertrophiée, celles du canal prostatique, .augmentation de longueur et de courbure, élargissement, aplatissement, déviations; celles du col vésical, plus profondes encore, ne peuvent être ici décrites. Elles forment un chapitre important d’anatomie pathologique chirurgicale.

Une étude topographique précise, poursuivie sur des coupes transversales et longitudinales de la prostate hypertrophiée aux différentes phases de révolution de la maladie, montre que les lésions primitives ■■et principales portent surtout sur les glandes centrales de la prostate : .groupe des glandes périuréthrales sous-muqueuses, groupe des glandes ■sous-cervicales, groupe des glandes préspermatiques. Souvent rudimentaires et toujours moins développés que les groupes postéro-latéraux des glandes périphériques a l’état normal, ces groupes centraux prennent une importance et un volume prépondérants à l’état pathologique.

Albarran et Motz ont récemment insisté sur ce fafit important, llotz et Perearneau soutiennent même que les glandes prostatiques ■centrales sont le siège constant et exclusif des ^lésions de l’hypertrophie. Les glandes périphériqués n’y participeraient pas : elles seraient simplement refoulées au dehors par le développement des glandes •centrales, formant, au-dessous de la capsule fibreuse de l’organe, une pseudo-capsule de tissu prostatique normal, comprimé, atrophié, -enkystant les lobes centraux pathologiques.

Cette opinion trop exclusive est contredite par les faits. S’il est •exact, comme l’a montré Albarran, que les lésions de l’hypertrophie prédominent sur les groupes centraux et refoulent les parties périphériques, on peut aussi, souvent, les constater dans les groupes glandulaires périphériques postéro-latéraux, avec les mêmes caractères.

Les lésions essentielles' de l’hypertrophie apparaissent nettement à l’œil nu même, ou à la loupe, sur des coupes totales de la glande examinées par transparence.

Le fait saillant, qui frappe tout d’abord, est celui-ci. La prostate n’a plus sa structure homogène ; la coupe a une apparence irrégulièrement lobulée. Dans le tissu prostatique apparaissent des corps

APPAREIL URINAIRE

arrondis ou ovoïdes, variant du volume d’un pois à celui d’une noisette ou d’une petite noix, en nombre très variable, généralement groupés dans une même partie de la prostate. Ces lobules patho-, logiques sont plus ou moins nettement distincts. Les uns ont des contours vagues et ne se différencient des tissus voisins que par leur couleur, leur consistance et un agencement concentrique de leur tissu. Les autres sont nettement formés, à contours nets, séparés des tissus voisins par des fentes ou fissures, franchement encapsulés; ils font hernie sur la surface de coupe, et tendent à s’énucléer; ils sont faciles à isoler des tissus périphériques sous la pression du doigt ou d’un instrument mousse.

Tumeurs, corps sphéroïdes, myomes, fibromes, adénomes, tels sont les noms divers sous lesquels les lobules de la prostate hypertrophiée, ont été successivement désignés; ils ont frappé tous les observateurs. Sans être absolument constants, ils sont cependant la lésion prédominante habituelle. On peut donc dire que, dans l'immense majorité des cas, l’hypertrophie sénile de la prostate est liée à l’apparition, à la néoformation de lobules pathologiques plus ou moins distincts dans le tissu normalement homogène de la glande.

Ces lobules- sont très variables d’aspect, de consistance, de coloration. Les uns sont mous, succulents, d’aspect glandulaire; les autressont durs, secs, d’aspect fibreux; et entre ces deux extrêmes on rencontre tous les intermédiaires.

L’étude histologique confirme et explique ces différences.

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