URETÈRE, BASSINET, CALICES, REIN
HISTOLOGIE NORMALE
Le conduit excréteur du rein, dans toute sa longueur, est formé par trois tuniques, interne muqueuse, moyenne musculaire., externe ou adventice, conjonctivo-vasculaire. Ces trois tuniques, suivant le point considéré, présentent quelques particularités de structure; et des dispositions spéciales aux deux extrémités du conduit, insertion des calices et ostium vésical.
La muqueuse mince est lisse, sauf à la partie supérieure de l’uretère, où elle présente des plis longitudinaux fixes, saillants en forme de crêtes papillaires.
Son épithélium est stratifié, polymorphe, de type urinaire, c’està-dire variable dans son épaisseur, dans la forme et l’orientation de ses cellules, suivant l’état de distension ou de retrait du conduit. Il’èst formé de cinq à six couches de cellules : cylindriques ou fusiformes, à grand axe perpendiculaire à la surface choriale, dans les couches profondes; polyédriques dans les couches moyennes : cubiques ou aplaties dans la couche superficielle. Les cellules profondes montrent des prolongements dirigés dans la profondeur vers le chorion; les superficielles sont cuticulaires (Hamburger).
Il n’y a pas de membrane limitante, mais une stratification horizontale des éléments conjonctifs superficiels' du derme, qui forme une limite nettement tranchée sous l’épithélium. Quelques auteurs, depuis Henle, ont décrit à la face profonde de l’épithélium, une couche de cellules rondes, peu distinctes des cellules conjonctives du chorion : cette apparence, fréquente d’ailleurs, est, pour nous, pathologique.
Au niveau du bassinet, et surtout des éperons des calices, les cellules caliciformes, incomplètement ou complètement développées, sont fréquentes dans l’épithélium.
Stratifié, et d’épaisseur normale sur le calice, l’épithélium s’amincit brusquement au niveau du sinus papillo-caliculaire, pour se réduire
CORNIL ET RANVrER. —
APPAREIL URINAIRE
à deux ou trois assises de cellules, irrégulièrement polyédriques, à protoplasma très réduit, dont les noyaux sont presque au contact: épithélium rudimentaire, atrophique, très peu distinct du tissu conjonctif sous-jacent. L’épithélium redevient stratifié sur le versant papillaire pour se réduire graduellement à une seule couche cellulaire cubique au niveau du pore urinaire, où il se continue avec l’épithélium des tubes collecteurs (Barth).
Le derme n’a rien de spécial : trame conjonctivo-élastique, sans formations lymphoïdes, avec un riche réseau capillaire sous-épithélial.
A cette muqueuse sont annexées des papilles et des glandes (Unruh, Egli, Hamburger, Baraban, Barth). ^
Les glandes sont inconstantes, très variables de nombre et de volume suivant les sujets, disséminées, toujours plus nombreuses et plus développées dans le tiers supérieur de l’uretère.
Ce sont des glandes utriculaires, simples ou peu composées, en tubes plutôt qu’en grappe, avec une cavité très petite, un canal excréteur étroit et peu apparent. Ces caractères les ont fait prendre à tort pour des bourgeons épithéliaux pleins, ou nids épithéliaux inclus, sans connexions avec la cavité du conduit (Brunn),
Les papilles, rudimentaires, sont de petites saillies fixes, simples ou bifides, conjonctivo-vasculaires, du chorion muqueux; l’épithélium les recouvre sans les niveler ; elles ne disparaissent pas complètement ' dans la distension de l’uretère. A la base des papilles, on remarque dans le derme des nids de grosses cellules spéciales mal déterminées, probablement de nature nerveuse.
La couche musculaire, épaisse, constitue le corps principal de la paroi uretérale. Elle est formée de faisceaux de fibres lisses, orientés dans deux directions, circulaires et longitudinales. La couche circulaire externe est la plus épaisse, et la plus régulièrement continue; la couche interne sous-muqueuse est faible, irrégulière, souvent plexiforme, et partiellement confondue avec la couche circulaire.
A l’extrémité inférieure de l’uretère, apparaît une troisième couche musculaire externe, à direction longitudinale. L’uretère, avec toutes ses couches, traverse la paroi musculaire de la vessie dont la sépare une couche conjonctive; ses faisceaux musculaires propres vont s’épanouir et se terminer sous la muqueuse du trigone.
En haut, les deux couches se retrouvent sur le calice. La longitudinale interne se prolonge dans le rein, dans la zone conjonctive périvasculaire des espaces interlobaires. La circulaire se renforce au niveau du sinus pour former le sphincter papillaire de Henle.
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La couche externe, adventice, est une gaine de tissu conjonctif lâche, servant de support aux vaisseaux du conduit, artères et veines. Les filets nerveux s’y ramifient, chargés de petits ganglions (Dogiel, Engelmann). — En bas, elle sépare le muscle urétéral du muscle vésical; en haut, elle se continue avec le tissu conjonctif du hile rénal, et des espaces vasculaires interlobaires.
URETÉRITES ET PYÉLITES
Associée presque constamment à des lésions rénales plus importantes, l’uretéro-pyélite, élément d’importance secondaire dans la pyélo-néphrite, mérite cependant une description anatomo-pathologique. Les lésions histologiques sont semblables, dans l’uretère et le bassinet; elles sont aiguës ou chroniques.