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URETÉ RO-PYÉ LI TE S AIGUËS

L’inflammation aiguë s’accompagne, presque constamment, d’un certain degré de dilatation du conduit, qui tient soit à la cause pathogénique, rétention, stagnation ; soit aux lésions inflammatoires ellesmêmes : malgré cette dilatation, les parois sont épaissies.

La muqueuse, lisse dans sa plus grande étendue, présente, dans l’uretère, à sa partie supérieure, des plis longitudinaux saillants sur la coupe, en forme de papilles, et qui ne sont que l’exagération de la structure normale. Sa coloration est rosée ou rouge, avec des taches hémorragiques ou ecchymotiques.

La paroi musculaire n’est pas modifiée ; la couche cellulo-vasculaire externe est légèrement épaissie, vascularisée, œdémateuse, sans périuretérite vraie.

Dans la forme légère et récente de l’inflammation, les lésions sont limitées à la muqueuse et à la sous-muqueuse : uretéro-py élite catarrhale superficielle. Elles se bornent à la dilatation considérable du réseau capillaire sous-épithélial, accompagnée d’une infiltration leucocytique, d’abord périvasculaire, sous-épithéliale, puis diffuse, plus profonde; surtout marquée au niveau des plis et des papilles de la muqueuse dont elle augmente la saillie. L’épithélium, resté sain d’abord, présente bientôt des lésions importantes : la couche superficielle desquame et tombe; les cellules des couches profondes prolifèrent, tuméfiées, granuleuses, en voie de division ; des leucocytes

upe transversale de la moitié du conduit. La paroi uretérale est très épaissiedans sa totalité. La muqueuse, entièrement desquamée de son épithélium, est formée d’une couche épaisse de tissu inflammatoire, végétant à la surface en forme de papilles rudimentaires; creusée de volumineux capillaires dilatés, remplis d’hématies. A l’union de la muqueuse et de la musculaire, plusieurs petits abcès interstitiels en voie de formation, surtout périvasculaires. La couche musculaire présente une hypertrophie considérable de ses faisceaux circulaires ; le tissu conjonctif interfasciculaire est infiltré de traînées de cellules lymphoïdes. La couche' cellulovasculaire externe, très épaissie, vascularisée, est infiltrée de tissu adipeux : gros vaisseaux artériels et veineux à parois sclérosées. Lésions anciennes d’hypertrophie et de Sclérose, avec une poussée inflammatoire aiguë récente (Halle et Motzj.

Uretéro-py élite aiguë, totale, interstitielle, hémorragique. — Dans des cas plus rares, les lésions aiguës atteignent toute l’épaisseur des parois du conduit, notablement épaisses. La dilatation vasculaire

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prédomine, à un degré extrême, dans la sous-muqueuse, dans les espaces intermusculaires, et dans la couche externe. Capillaires, artérioles et veinules sont gorgés dé sang, entourés d’hémorragies interstitielles et de nappes d’infiltration leucocytique. C’est une véritable forme hémorragique, toujours accompagnée de lésions épithéliales profondes j desquamation totale, et d’une infiltration œdémateuse, amorphe ou granuleuse, qui épaissit notablement la muqueuse et la sous-muqueuse.

UllETÉ RO-PYÉLITE S CHRONIQUES

Les altérations macroscopiques sont considérables, avec deux aspects différents, suivant que les lésions mécaniques de dilatation prédominent, ou que l’inflammation agit seule.

Dans Yuretéro-py élite avec dilatation, forme la' plus commune, l’uretère est augmenté dans toutes ses dimensions, à la fois élargi et allongé. L’allongement du conduit lui donne une forme flexueuse, et détermine, au niveau des points les plus fixes, collet du bassinet, partie pelvienne prévésicale, la formation de coudures et de plis très marqués, fixés par l’adhésion inflammatoire des deux parois. Ces plis valvulaires, saillants en éperon dans la lumière du conduit, déterminent de vrais rétrécissements relatifs, séparés par des dilatations ampullaires. Malgré la dilatation, la paroi est notablement épaissie, avec un léger degré de périuretérite simple.

Cette forme d’uretéro-pyélite, le plus souvent bilatérale, peut être dite ascendante, car elle résulte toujours d’un obstacle inférieur vésical, prostatique, uréthral, qui cause à la fois la dilatation et l’inflammation ascendante.

Dans une seconde forme, plus rare, uretéro-py élite chronique simple, sans dilatation , l’uretère*, volumineux, induré, forme un gros cordon rectiligne, tendu du rein à la vessie. .

L’épaisseur des parois est extrême, encore augmentée .par des lésions très marquées de périuretérite fibro-lipomateuse. Le calibre du conduit est normal ou peu dilaté. C’est dans cette forme d’uretérite qu’on rencontre, exceptionnellement, de vrais rétrécissements fibreux annulaires, dus, soit à des lésions scléreuses localisées, soit à la cicatrisation d’ulcérations muqueuses ou d’abcès interstitiels.

Cette forme d’uretérite succède à une inflammation chronique

APPAREIL URINAIRE

ascendante ou descendante, sans obstacle mécanique inférieur- elle est liée particulièrement à la pyélo-néphrite calculeuse.

Dans ces deux formes, les lésions histologiques sont celles, banales de l’inflammation chronique, à des degrés divers : desquamation épithéliale totale, réaction inflammatoire de la muqueuse, atrophie glandulaire,^ sclérose totale, sous-muqueuse, intermusculaire, avec hypertrophie et sclérose, intrafascicuîaire des faisceaux; épaississement fibreux et infiltration adipeuse de la couche externe, avec lésions de périuretérite parfois énormes.

Fig. 429. — Leucoplasic de l’uretère. Coupe transversale partielle de l’uretère dilaté. a, Derme muqueux pathologique sclérosé, nettement papillaire ; b, épiderme pathologique complet, typique, avec couche granuleuse; c, couche cornée superficielle, très épaisse, en voie de desquamation lamelleuse (Halle).

Il faut distinguer, comme forme spéciale, Yuretéro-pyélite pseudomemhraneûse, assez fréquente.

Elle se présente avec les mêmes caractères macroscopiques et histologiques que dans la vessie. La pseudo-membrane (est une escarre superficielle de la muqueuse; le processus de nécrose est lié à des hémorragies interstitielles diffuses de la sous-muqueuse, avec exsudât amorphe superficiel. C’est une véritable complication aiguë hémorragique dés lésions inflammatoires chroniques, liée très vraisemblablement à uné irifection spéciale particulièrement virulente, anaérobie peut-être; 1

C’est aussi à l’inflammation chronique qu’est due la formation de vésicules kystiques saillantes à la surface de la muqueuse : ce sont de petits kystes à paroi épithéliale atrophique, remplis, d’un liquide clair

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ou trouble, et dus à l’oblitération inflammatoire des orifices glandulaires ; quand ces productions sont nombreuses, elles caractérisent la forme kystique de l’uretérite chronique.

La leucoplasie s’observe sur les muqueuses de l’uretère et du bassinet, chroniquement enflammées, soit en plaques localisées, soit étendue à tout le conduit.

Il faut signaler sa coexistence avec la tuberculose, la calculose et l’inflammation pseudo-membraneuse. Elle a ici ses caractères histologiques ordinaires : métaplasie épithéliale du type épidermoïdal, soit typique, avec tous les caractères malpighiens ; soit atypique incomplète, avec kératinisation atrophique et abondante desquamation lamelleuse.

La description des lésions spéciales au bassinet et aux calices trouvera sa place au titre des pyélo-néphrites.

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