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Wanner, La chimie du crachat. (Thèse de Bâle

LES CRACHATS

de la maladie, pour passer a l’état de traces. La recherche de l’albumine donne donc des résultats absolument superposables aux examens histo-ehimiques, portant sur l’exsudât séro-albumineux des crachats.

Bronchite chronique. — Les crachats sont surtout constitués par du mucus hyalin auquel viennent se joindre des cellules bronchiques altérées et, si les bronches sont un peu dilatées, on y trouve, en plus, des polynucléaires dégénérés en grand nombre (I. de Jong).

Asthme. — On trouve du mucus, des éosinophiles (poly et mononucléés), des cellules bronchiques intactes et desquamées présentant encore leur plateau et leurs cils vibratiles. Les cristaux de Charcot- Leyden s’y rencontrent également, avec leur forme losangique caractéristique, mais ils sont très rares dans les crachats fraîchement recueillis : comme dans le sang, ils ne semblent se former que tardivement et in vitro. On rte rencontre les cellules bronchiques intactes dans aucune autre affection.

Dans Yœdème aigu du poumon, c’est l’exsudât albumineux coloré en gouttes violettes par le bleu de Unna, qui donne au crachat sa caractéristique; il s’y joint généralement d’assez nombreux globules rouges, parfois quelques cellules bronchiques et pulmonaires.

Dans la tuberculose , les résultats sont différents suivant la forme à laquelle on a affaire.

Le crachat de la pneumonie caséeuse est, au début, absolument identique à celui de la pneumonie franche aiguë. Mais vers le dixième jour la similitude disparaît. Tandis que le crachat de pneumonie franche ressemble à un crachat de bronchite aiguë, sauf la note spéciale de l’importance des macrophages endothéliaux, avec de beaux polynucléaires intacts, dans le crachat de pneumonie caséeuse, les divers éléments présentent certains caractères communs à tous les crachats tuberculeux, même fraîchement recueillis. Tous les éléments cellulaires, polynucléaires, cellules pulmonaires jeunes en réviviscence, macrophages endothéliaux et même les aspects réticulés à réaction muqueuse subissent un certain degré de dégénérescence. Les contours des cellules ne sont pas nets, les réseaux sont plus fragmentés, moins franchement colorés; les noyaux des polynucléaires sont pycnotiques. Enfin la goutte d’exsudat séro-albumineux persiste, ce qui est conforme à la constatation chimique de l’albumine par Roger et Yalensi.

Phtisie galopante. — Ce qui frappe encore, ce sont les gouttes d’exsudat séro-albumineux, ainsi que la dégénérescence des cellules. Dans les cas où la fonte du parenchyme est rapide, on trouve des

bronches et poumons

fibres élastiques qu’on colore facilement par la fuschséline de Weigert agissant vingt minutes sur la préparation fixée à l’alcool absolu, suivie de décoloration forte à l’alcool absolu.

Dans la forme fibro-caséeuse commune on trouve sur un fond de mucus, des polynucléaires pycnotiques, des cellules mononucléées, et des cellules endothéliales macrophagiques, grandes cellules à protoplasma basophile vacuolaire, avec un noyau excentrique renfermant souvent du pigment.

Au cas de cavernes, il y a une grande quantité de réticulums à réaction muqueuse, produits de dégénérescence de la cellule bronchique et des leucocytes polynucléaires. Au milieu de ces réticulums altérés, des cellules de tout ordre : cellules alvéolaires, polynucléaires neutrophiles, avec des noyaux pycnotiques, à protoplasma mal coloré et mal limité.

Chez les emphysémato-luberculeux il faut distinguer les tuberculeux cicatrisés ayant de l’emphysème dont les crachats ont les caractères du crachat.de bronchite aiguë, et les emphysémateux dont la tuberculose est encore en évolution. Chez ceux-ci au contraire, on trouve altération dans la forme des éléments, pycnose, fragmentation dés noyaux et des réseaux, dislocation et effritement des granulations leucocytaires parfois totalement disparues.

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