‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 5 sur 289 · HISTOLOGIE NORMALE DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE TRACHÉE · texte numérisé non relu

HISTOLOGIE NORMALE DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE TRACHÉE

A l’état normal, la trachée mesure, en longueur, 12 centimètres chez l’homme, 11 centimètres chez la femme. Elle peut s’allonger d’un tiers dans l’extension du cou.

Sur le vivant, elle a la forme d’un cylindre à peu près régulier; sur le cadavre, elle est aplatie.à sa face postérieure, où elle manque de squelette cartilagineux, fermée qu’elle est à ce niveau par des fibres musculaires.

Elle se compose essentiellement de deux tuniques : une tunique externe fibro-cartilagineuse, charpente du conduit; une tunique interne muqueuse. Entre les deux existe la sous-muqueuse.

1° Tunique fibro-cartilagineuse. — Elle se compose de : a) une membrane fibro-élastique; b) de cerceaux cartilagineux; c) de fibres musculaires.

a) Membrane fibro-élastique. — Circulaire, elle s’étend du bord inférieur du cricoïde aux bronches, aveu lesquelles elle se continue par une membrane identique. Elle est formée de fibres de tissu conjonctif, auxquelles viennent se mêler un grand nombre de fibres élastiques, des vaisseaux et des nerfs.

CORNIL

RANVIER. —

BRONCHES ET POUMON8

b) Cerceaux cartilagineux. — Au nombre de quinze à vingt, ils mesurent de 2 à 4 millimètres de hauteur et sont situés dans l’épaisseur- de la membrane fibreuse. Ils n’occupent que les faces antérieure et latérales de la trachée, là face postérieure de celle-ci en étant complètement dépourvue et formée seulement par la membrane fibreuse.

Ils sont formés de tissu hyalin. Assez souvent, chez les vieillards, ils s’ossifient. Ils sont très résistants et maintiennent la béance du conduit pour le passage de l’air.

c) Fibres musculaires. — Situées à la face postérieure de la trachée, dans sa portion dépourvue de cartilage, elles y forment un plan continu de fibres transversales,. d’une épaisseur de 1 à 2 millimètres.

Fibres lisses constituant un véritable muscle trachéal, elles s’insèrent à gauche et à droite, sur les extrémités des arcs cartilagineux et des arcs membraneux intermédiaires à ceux-ci, non pas à l’extrémité même, comme on a coutume de le dire, mais sur les faces internes de ces arcs (Guieysse) (1). Les extrémités libres des arcs et le muscle limitent ainsi un espace conjonctif renfermant des glandes en abondance variable. L’élément musculaire s’attache, en général, sur une fibre élastique, qui se tend et simule un tendon. Mais ce n’est pas un tendon véritable, car Finserlion du muscle se fait sur un point quelconque de la longueur de la fibre et non à son extrémité.

2° Tunique muqueuse. — La tunique muqueuse tapisse uniformément la lace interne du conduit et se continue en haut avec la muqueuse du larynx, en bas avec celle des bronches. Elle se compose : d’un épithélium, d’un chorion et de glandes.

Épithélium. — L’épithélium est cylindrique, stratifié, à cils vibratiles. La ligne de cils est interrompue çà et là par l’ouverture d’une glande ou par une cellule caliciforme.

Chorion. — Formé de fibres conjonctives, ce chorion est riche en fibres élastiques. A la partie profonde du chorion, ces fibres élastiques se condensent en une véritable membrane à fibres longitudinales, dont la masse augmente au fur et à mesure qu’elle s’approche des bronches. « On peut considérer ce grand surtout élastique sousmuqueux comme l’attache d’origine du système élastique des bronches et des alvéoles. On s’accorde à reconnaître dans ce remarquable appareil le véritable squelette de l’appareil respiratoire. » (Letulle) (2).

(1) Guieysse, Sur quelques points d’anatomie des muscles de l’appareil respiratoire ( Journ . de l’Anat. et de la Phys., n° 3, mai-juin 1898).

(2) Letulle Anatomie pathologique (cœur, vaisseaux, poumons), p. 241.

BRONCHES

3° Sous-muquedse. — Du tissu cellulaire lâche sépare la muqueuse de la fibreuse. Il y existe de nombreux vaisseaux, des nerfs et des glandes. Celles-ci sont des glandes en grappe; elles font saillie sous la muqueuse, et comme elles sont grosses (1 à 3 millimètres de diamètre), elles pourraient en imposer pour des lésions de celle membrane, si l’on n’était prévenu. C’est surtout dans la paroi postérieure qu’on les rencontre.

BRONCHES

On en distingue deux sortes : les bronches extrapulmonaires, les bronches intrapulmonaires. Elles ne diffèrent pas seulement par leur siège, mais encore par leur architecture. Les bronches extrapulmonaires, semblables en cela à la trachéenne sont qu’incomplètement cylindriques et dépourvues de cartilage à leur face postérieure.

Les bronches intrapulmonaires, sur le mode de division desquelles nous n’avons pas à insister et au sujet de qui nous renvoyons le lecteur au travail de d’Hardiviller(l), sont distinguées en extralobulaires et intralobulaires.

Les bronches extralobulaires, de moins en moins volumineuses au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la bronche primitive, puisque la bronche primitive a environ 1 centimètre de diamètre, tandis que la bronche sublobulaire n’a guère que 1 millimètre, sont toutes pourvues de cartilage. Le cartilage cesse à l’entrée des bronches dans les lobules, alors que commence l’appareil de l’hématose proprement dite. La diminution du cartilage est progressive du pédicule du poumon au pédicule de chaque lobule pulmonaire; les couches musculaires augmentent, au contraire, dans ce sens.

Les conduits bronchiques extralobulaires sont toujours accompagnés d’une artère pulmonaire, satellite constant, d’une veine pulmonaire, de canaux lymphatiques, de filets nerveux, et même de masses de tissu réticulé, véritables ganglions lymphatiques microscopiques logés sur le trajet des vaisseaux lymphatiques et compris dans le tissu conjonctif péribronchique. On retrouve ces différents organes sur les coupes perpendiculaires à l’axe de la bronche.

Les bronches extralobulaires possèdent trois tuniques : une tunique externe, fibreuse, qui contient les cartilages bronchiques et les

(L D’Hardiviller, Développement et homologation des bronches principales chez les mammifères. Thèse de Lille, juillet 1897

BRONCHES ET POUMONS

glandes ; une tunique musculaire ; enfin, la tunique muqueuse, revêtue d’un épithélium cylindrique à cils vibratiles.

Fig. T. — Structure d’une bronche cartilagineuse (coupe transversale).

Au centre de la préparation se montre la.bronche avec ses différentes parties constitutives. La cavité est bordée par une couche d’épithélium cylindrique bién conservé. Les fibres musculaires, à peu près longitudinalement sectionnées en haut et en bas, montrant à droite et à gauche leurs faisceaux diversement {amputés. A la partie supérieure de la préparation, deux placards de tissu réticulé contiennent des quantités notables de poussière de charbon. A droite du placard anthracosique de droite, on voit- la coupe transversale du canal excréteur d’une glande muqueuse. A gauche du placard supérieur se montre un gros bloc de cartilage, recon- : naissable à ses cavités claires. A gauche de la bronche principale et au-dessous de deux placards anthracosiques incrustés ] dans le tissu conjonctif péri-bronchique, on voit : 1° la coupe

■ transversale d’une bronchiole, collatérale de la bronche principale : la couche épithéliale . vibratile est complète; 2° au-dessous de la bronchiole, quelques acini de glandes muqueuses

■ et, à droite, la coupe transversale d’une * artériole bronchique. Au-dessous de la bronche ; principale et tout à fait au bas de la préparation, deux noyaux cartilagineux moins importants que le précédent, entourés comme lui d’un périchondre bien nucléé. Entre eux se voit la coupe d’une veinule assez considérable. A 'gauche et à droite de la préparation, alvéoles pulmonaires nombreux, de- dimensions variables, vides, avec leurs cloisons sinueuses, dont une

■ partie s’insère directement sur la gaine externe de la grosse bronche. (Grossissement : 40/1).

(Letulle.) ,

La tunique fibreuse est formée de tissu conjonctif renfermant de nombreux réseaux élastiques. Des rameaux artériels émanés de l’artère.

BRONCHES

bronchique, ainsi que des veinules, cheminent dans son épaisseur, chargés d’assurer la„vascularisation des bronches et de leur muqueuse. Le cartilage y est disposé sous forme de plaques encastrées dans le tissu fibreux et diminuant d’étendue au fur et à mesure que la bronche devient plus petite. Ces plaques demeurent toujours extérieures à la couche musculeuse. Dans leur intervalle existent des glandes acineuses, surtout abondantes dans les gros canaux bronchiques.

La tunique musculeuse, encore appelée couche des muscles de Reissessen, est un cylindre continu de fibres musculaires lisses, anneau complet placé entre la muqueuse et le cartilage, sphincter qui, en se contractant, fait décrire à la muqueuse de la bronche une série de .replis analogues à ceux qu’on voit sur la coupe d’une artère.

L’épaisseur de cette couche est, proportionnellement, beaucoup plus grande' sur les petites bronches que sur les grosses. C’est ainsi qu’au niveau des petites bronches de 1 millimètre, la couche musculaire occupe le cinquième de l’épaisseur totale, tandis que sur les grosses bronches de 1 centimètre elle n’en occupe que le dixième (Letulle).

La muqueuse bronchique est composée de deux couches distinctes : le chorion et l’épithélium. Elle est plissée et forme ainsi de véritables saillies papillaires, dont le derme constitue la charpente et qui sont recouvertes d’épithélium.

Le chorion est constitué par du tissu conjonctif très riche en fibres élastiques. Le tissu conjonctif est lâche, contient de nombreux vaisseaux sanguins et possède des espaces lymphatiques souvent gorgés de cellules lymphatiques. Les fibres élastiques s’enchevêtrent en tous sens et traversent la musculeuse pour s’anastomoser avec les fibres élastiques de la couche fibreuse.

Une membrane basale sépare le chorion de Yépithélium. . Celui-ci est un épithélium cylindrique stratifié à cils vibratiles, à trois ou quatre couches sur les grosses bronches, d’épaisseur moindre ensuite, pour n’être plus qu’à une seule couche au voisinage du lobule. Des cellules caliciformes s’intercalent aux cellules cylindriques de la sur- .faee.

Les bronches intralobulaires vont être étudiées avec le lobule pulmonaire.

Signalons1 aüpârâvant les mensurations de Letiille sùr lés deux variétés de bronches. '< •

BRONCHES ET POUMONS

Letulle (1) a mesuré sur des décapités ou sur des individus morts subitement les dimensions respectives des divers éléments constituants des bronches. Il a obtenu les résultats suivants :

Rapport entre le diamètre de la bronche et, V épaisseur de la couche musculaire.

Diamètre.

Couche

musculaire.

. (10 millimètres (bronche primitive .

Bronches cartilagineuses. < \ .... .. .

3 11 millimétré et demi . . .

v 1 millimètre . . .

Bronches l 500 u. . . .

non cartilagineuses 1 450 y. .

(br. intralobulaires). / 350 y. .

Le rapport suivant est plus intéressant, car il nous montre, d’une manière mathématique, le rapport inversement proportionnel qui existe entre le diamètre de la paroi bronchique et celui de l’épaisseur des muscles de Reissessen.

Rapport entre V épaisseur .du muscle de Reissessen et V épaisseur des parois de la bronche.

Bronches

non cartilagineuses (br. intralobulaires).

Bronches

cartilagineuses

225 y de diamètre . .

675 fx . .. ..... .

Ce sont les bronches d’un demi-millimètre (500 p) qui sont les plus riches en tissu musculaire.

Épaisseur de la couche épithéliale des bronches.

Diamètre de^la bronche. Paroi totale. Couche épithéliale. ‘

(1) Letulle, Cœur, vaisseaux, poumons, p. 247.

1500 y . 650 jx

LOBULE PULMONAIRE

Diamètre de la bronche. Paroi totale. Couche épithéliale.

. 180 fj. .

Unecellule épithéliale ciliée mesure 16 à 18 [a de hauteur (Letulle).

LOBULE PULMONAIRE

Les lobules pulmonaires sont de petits sacs membraneux, de forme conique, de 1 centimètre cube de volume environ, appendus à un pédicule bronchique et vasculaire, représentant un véritable poumon en miniature. Leur paroi est faite de tissu conjonctif, où circulent les capillaires veineux qui vont constituer la veine pulmonaire.

La bronche intralobulaire pénètre dans le lobule en compagnie de l’artère pulmonaire, de vaisseaux lymphatiques, de filets nerveux.

Elle se divise dans le lobule dichotomiquemeht, d’après Grancher, jusqu’à former seize bronchioles terminales; pour Charcot et Rindfleisch, elle pénètre jusqu’au fond du lobule et porte sur ses côtés des bronchioles symétriques comme les nervures d’une feuille ; enfin, d’après Laguesse et d’Hardiviller (1), la division de la bronche intralobulaire serait corymbiforme et formerait ainsi la charpente d’un nombre considérable d’àcini, trente à cinquante en moyenne, et bien davantage dans certains cas.

Les bronches intralobulaires diffèrent dés bronches extralobulaires par la disparition complète du cartilage dès l’entrée du lobule; la muqueuse y est a.mincie; l’épithélium est cubique. Le diamètre en varie de 500 [x à 600 [a (voy. fig. 2).

Aux bronchioles intralobulaires font Suite les bronchioles acineuses, terminaisons ultimes des bronches, qui supportent les acini. Elles diffèrent des canaux bronchiques par des caractères bien tranchés : absence de replis de la muqueuse, épithélium pavimentéux, existence de quelques rares fibres musculaires, disparition de l’artère pulmonaire satellite. Sur une coupe, elles sont de formes régulièrement circulaires, mesurent 230 à 215 p, c’est-à-dire moins que les cavités qui les entourent. Les canaux alvéolaires qui viennent s’ouvrir sur elles, au

(1). Lagdessf, et d’Hardiviller, Topographie du lobule pulmonaire chez l’homme {Bibliogr. anatomique, 31 août 1898).

BRONCHES ET POUMONS

nombre de cinq ou six, lui donnent une physionomie caractéristique, dont l’ensemble a été comparé à une fleur d’églantier.

La bronchiole acineuse se dilate à sa terminaison, en un point qu’on nomme le vestibule et sur lequel viennent s’ouvrir les canaux

alvéolaires qui donnent entrée dans les acini. Le canal alvéolaire se termine en cul-desac, sous le nom d ’infundibulum.

Canal alvéolaire etinfundibulum sont une véritable dilatation de la bronchiole acineuse; leurs parois présentent une foulé d’ectasies, qui sont les alvéoles pulmonaires; leur ensemble constitue un acinus.

L’agglomération des acini constitue donc un lobule pulmonaire. De même, l’unité ana-

Fig. 2. — Parenchyme pulmonaire normal de l’homme. . , . ,

a, alvéoles pulmonaires normaux ; p, parois alvéolaires avec leurs cel- tOmique (le 1 aCl— Iules endothéliales; e, éperons formés par les parois * alvéolaires nUS est l’alvéole rompues; b, bronchiole intralobulaire qui n’a pas été coupée exacte-

ment perpendiculairement à son axe et dont on aperçoit un diverticule, pulmonaire, qui

artifice de préparation dû à l’obliquité de la coupe ; ep, épithélium - ' 1 • 1

cylindrique de la bronchiole; m, muqueuse de la bronche; r, couche TCSUmC 3. 1U1 S6U1 des muscles de Reissessen; ap, artère pulmonaire coupée oblique- toute l’anatomie

du poumon

Les alvéoles pulmonaires varient en diamètre entre 100 et 200 f*. Leur paroi est d’une minceur extrême et mesure à peine 45 p., alors même que les capillaires gorgés de sang l’épaississent. La paroi est, en effet, criblée de capillaires ; c’est un véritable lac capillaire (Letulle).

L’alvéole est formé d’une membrane fondamentale anhiste, sans

LOBULE PULMONAIRE

cellules ni fibres conjonctives, sur une des faces de laquelle s’appliquent l’épithélium et lés capillaires, tandis que sur l’autre se disposent les fibres élastiques.

Les fibres élastiques sont fort abondantes et constituent pour l’alvéole une charpente solide, dont l’architecture a été magistralement retracée par Grancher.

L ’ épithélium est formé d’une couche unique de cellules plates, dont les noyaux occupent exclusivement l’aire des espaces intercapillaires.

Sous l’épithélium courent les capillaires , qui occupent les trois quarts de la surface pulmonaire et sont séparés de l’air intraalvéolaire par une couche protoplasmique qui mesure à peine 2 [x et se prête dès lors facilement aux échanges gazeux.

A. Gilbert et J. Jomier, ayant eu l’occasion d’examiner les coupes de poumons de vingt chiens normaux, soumis à divers régimes ont constaté la présence de grocs blocs graisseux dans les capillaires pulmonaires et considèrent la chose comme normale. La plupart de ces animaux avaient été sacrifiés par piqûre du bulbe, quelques-uns par inhalation de chloroforme. Leur poumon avait été fixé, aussitôt après la mort, dans le mélange fort chromo-osmio-acétique de Flemming, puis inclus à la paraffine. D’autres morceauxf destinés à être coupés au microtome à congélation, et colorés à la teinture d’orcanette, avaient été fixés, huit jours au moins, dans l’eau formolée contenant 4 vol. de formaline pour 96 vol. d’eau.

Ils ont trouvé constamment, à deux exceptions près, dans les parois alvéolaires des poumons fixés au flemming, de gros amas d’un noir franc. Ces amas ont un aspect variable, ils sont tantôt plus ou moins régulièrement circulaires, tantôt allongés en boyaux rectilignes ou sinueux. Parfois deux amas en forme de massue sont réunis entre eux par un pont rétréci.

Ils siègent à l’intérieur des capillaires sanguins, plus ou moins dilatés pour les recevoir. Le fait est réel; car si l’on injecte une émulsion graisseuse, du lait par exemple, dans la veiné saphène d’un chien, on pourra mettre en évidence, au niveau du poumon de l’animal, des figures tout à fait identiques à celles que nous venons de décrire.

Ces figures sont constituées par de la graisse ayant réduit l’acide osmique et non point par des amas de poussières noires de charbon. Sur les coupes traitées par la teinture d’orcanette acétisée, elles se colorent en un rouge vif, caractéristique de leur nature graisseuse. De plus, même sur les coupes fixées à l’acide osmique, certains caractères

10 BRONCHES ET POUMONS

permettent, malgré l’identité de couleur, de les distinguer des amas de poussières. Celles-ci, en effet, n’offrent pas, comme les masses graisseuses, un champ noir bien homogène, mais au contraire apparaissent comme dissociées en petits amas élémentaires agglomérés plus ou moins intimement; leurs contours généraux ne sont ni arrondis, ni sinueux, mais bien anguleux et irréguliers,

Les dimensions des masses graisseuses sont variables, pouvant atteindre 270 p de longueur sur 50 et 100 y. de largeur ou, au contraire, ne pas dépasser 12 à 17 -/. dans les deux sens. En moyenne, le diamètre des masses arrondies mesure 30 et 50 y.

Elles sont libres dans les capillaires qui les contiennent, et il est impossible de déceler contre elles aucune trace de noyau ni de protoplasma refoulé appartenant à une cellule dans laquelle elles seraient incluses.

Elles affleurent plus ou moins à la surface des alvéoles pulmonaires. Souvent même elles bombent à l’intérieur de ceux-ci et, de ce côté, apparaissent comme absolument nues ou bien, au contraire, sont recouvertes d’une fine membrane appartenant à la paroi de l’alvéole. Quelquefois même, rarément à la vérité, elles semblent libres dans la cavité alvéolaire; elles sont alors régulièrement arrondies et entourées parfois de globules rouges de sang épanché. Ces blocs arrondis proviennent bien des capillaires sanguins ; ce ne sont pas des parcelles alimentaires graisseuses introduites dans la trachée par une fausse déglutition : dans ce dernier cas, en effet, la graisse se présente, après fixation à l’acide osmique, sous forme de masse remplissant tout l’alvéole et dont les contours se moulent absolument sur les limites de celui-ci, ou bien sous forme d’amas polyédriques irréguliers.

Les masses graisseuses intracapillaires semblent, sur les coupes, tantôt isolées ou disséminées au hasard, tantôt au contraire agminées et réunies exclusivement en certains^points de la préparation.

D’une coupe sur l’autre, des changements importants sont à noter dans leur abondance. Toutes les parties du poumon n’ont donc pas leurs capillaires sanguins également riches en graisse.

Le régime auquel sont soumis les chiens, régime lacté, régime carné, régime de viande et de légumes, n’a pas une influence sensible sur la quantité de graisse des capillaires pulmonaires.

Les masses graisseuses de ces capillaires sont amenées jusqu’à eux par le courant artériel, et de fait, dans la lumière des grosses ramifications vasculaires, on peut noter des blocs analogues, de dimensions ordinairement moindres, ou de simples granulations graisseuses libres.

Page 1