‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 68 sur 289 · SYPHILIS DE L’ŒSOPHAGE · texte numérisé non relu

SYPHILIS DE L’ŒSOPHAGE

Elle est rare et concerne uniquement des accidents tertiaires. Établie une première fois par une autopsie de Virchow, elle a fait l’objet de quelques études d’ensemble basées plus sur des observations cliniques que sur des faits nécropsiques (Follin, Lancereaux, Jullien, Potain, Guston, Hudelo).

Les lésions trouvées sont des gommes aboutissant au ramollisse-

ŒSOPHAGE

ment et à l’ulcération, ou à des scléroses partielles, et surtout des syphilomes diffus, scléro- gommeux dont l’évolution progressive conduit à des sténoses et aux rétrécissements de l’œsophage. Exceptionnellement le canal est envahi par des tumeurs gommeuses de voisinage (Habersohn). La sténose siège quelquefois dans le premier segment du conduit, et au voisinage du pharynx lui-même plus ou moins altéré. Elle est quelquefois incomplète, due à des cicatrices étoilées et rétractiles d’une gomme ulcérée, d’autres fois complète. C’est généralement sous cette forme qu’on la rencontre à la partie moyenne. Le rétrécissement peut mesurer plusieurs centimètres ; souvent extrêmement étroit, il provoque les grands accidents des sténoses et une forte dilatation des segments supérieurs.

La consistance en est dure, très ferme; à son niveau la muqueuse est quelquefois normale, plus souvent on y trouve des plaques fibreuses, des brides, souvent des ulcérations. La structure de ces rétrécissements n’a rien de spéciale ; à côté de brides fibreuses formées de faisceaux conjonctifs épais, on voit quelquefois des nodules gommeux, des vaisseaux très altérés; mais souvent il n’existe qu’un tissu conjonctif dense, épais, traversé de quelques artères ou veines atteintes de péri et d’endo-vascularite. Dans une cicatrice Virchow a trouvé des gommes en voie de dégénérescence graisseuse. Tannehain a décrit un cas de perforation de l’œsophage et fistule trachéo-œsophagienne d’origine gommeuse; J. Teissier et Favel un mal perforant traehéoœsophagien chez un ataxiqüe.

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