STRUCTURE DE L'ESTOMAC
Les descriptions modernes n’ont, pour ainsi dire, rien ajouté à ces détails. Les cellules de Kôlliker sont connues aujourd’hui sous le nom de cellules bordantes, délomorphes, sombres, irrégulièrement arrondies, à protoplasma finement granuleux.
Les granulations offrant les réactions des grains de sécrétion en général sont contenues dans les mailles d’un réticulum (Théohari).
Elles se colorent fortement par le carmin et les couleurs d’aniline.
La seconde variété de cellules correspond aux cellules principales ou cellules de Heidenhain. Elles sont petites, polyédriques, claires, finement granuleuses, et remplissent tout le tube glandulaire. A l’état de jeune on y constate des grosses granulations, d’abord centrales qui, occupent ensuite toute la cellule et représentent le produit de sécrétion non éliminé. Le collet des glandes fundiques serait, d’après Bensley (cité par Prenant), composé de glandes principales incomplètement différenciées et sécrétant du mucus^'
Elles renferment un noyau sphérique et sont d’une grande allé-, rabilité.
La topographie de chacune de ces variétés cellulaires est très nettement définie. Les cellules principales constituent l’élément prédominant dans le tube glandulaire. Le corps et le col de la glande sont irrégulièrement tapissés, il est vrai, par les cellules bordantes, alternant avec les cellules principales.
Celles-ci occupent la presque totalité du eul-de-sac glandulaire, en refoulant, vers la paroi glandulaire, les cellules bordantes, dont l’isolement de la cavité glandulaire semble absolu.
Cependant ces dernières envoient vers la lumière du tube glandulaire un prolongement assez mince qui s’insinue entre les cellules principales. C’est cet élément que Stôhr décrit comme un petit canal transversal, unique ou subdivisé, qui partant de la cavité du cul-desac glandulaire, et passant entre les eellules principales, aboutirait à une cellule bordante. L’anastomose de plusieurs de ces canaux formerait un véritable réseau de capillaires sécrétoires, entourant la cellule, la pénétrant même (paniers de Golgi).
Ce réseau ne fait qu’entourer la périphérie des cellules principales; il n’est jamais intracellulaire.
Toutefois, d’après Miiller et Langerdorff, ces canalicules ne sont pas seulement péricellulaires. Certaines travées de ce réseau sont intracellulaires.
Les tubes glandulaires sont entourés, chacun séparément, d’une couche mince dé tissu conjonctif, dont , les fibres suivent la même
TUBE DIGESTIF
direction que la glande. Us se groupent par masses de quatre ou cinq éléments, séparés par une gaine plus abondante de tissu connectif.
Les glandes à mucus de la région pylorique, en tubes composés, sont plus volumineuses que les glandes à pepsine. Le tube glandulaire est généralement ramifié en deux ou plusieurs culs-de-sac arrondis et courts rappelant la forme d’une glande en grappe; le type tubuleux prédomine. Le fond, plus large, est tapissé exclusivement de cellules cylindriques, sans cupules terminales et bordé par une cuticule très ténue, très allongée et resserrée; ces cellules possèdent, à leur base, un noyau ovoïde; à l’union de la muqueuse du pylore et de la muqueuse de la grande courbure, les cellules pyloriques affectent une forme identique aux cellules principales.
Au niveau de la région qui sépare le grand cul-de-sac de la portion pylorique de la muqueuse de l’estomac, Youvenel a trouvé des glandes présentant tous les détails de structure propres aux glandes de Lieberkühn et conclut à leur identité absolue. Elles sont disposées en îlots, quelquefois isolées, ce qui est rare.
Audistère a trouvé des glandes de Brunner dans la muqueuse gastrique. Cela est de grande importance lorsqu’il s’agit de donner la valeur exacte du polyadénome gastrique du type brunnérien (Hayem). ;
A la surface du chorion muqueux, au-dessous de l’épithélium, il existe une couche anhyste, membrane basale au-dessous de laquelle se ramifient de nombreux vaisseaux capillaires, qui forment un réseau continu avec celui qui entoure les glandes. Ce réseau est alimenté par des artérioles, qui viennent du tissu cellulaire sous-muqueux et auquel font suite des veinules, qui se rendent dans les grosses veines, situées plus profondément. Ce sont lès artères coronaires spléniques, gastroépiploïque droite et pylorique qui fournissent les artérioles dont naissent les capillaires de la muqueuse gastrique.
Les lymphatiques forment, d’après Teichmann, deux réseaux; l’um situé au-dessous des glandes, l’autre dans le tissu sous-muqueux.
Les gros troncs perforent la tunique musculaire, au niveau des courbures de l’estomac. Il existe, en outre, un réseau lymphatique superficiel, appartenant au péritoine.
En ce qui concerne les follicules lymphatiques, Fréy, Stôhr, Chauffard, ont décrit de véritables follicules lymphoïdes analogues aux follicules clos de la muqueuse intestinale. Les recherches de Dobrowolsky ont démontré que ces éléments ne sauraient être considérés comme une partie constitutive de l’estomac. Tantôt les follicules manquent, tantôt ils abondent, et, dans ce dernier cas, il s’agirait
TECHNIQUE
presque toujours d’amas leucocytiques en rapport avec une inflammation catarrhale chronique de la muqueuse.
De forme lenticulaire, ces groupements lymphatiques sont plus petits que les follicules isolés de l’intestin. Ils sont pourvus d’un centre germinatif et, au centimètre carré, on compte ^n moyenne, 60 follicules privés de sinus lymphatique. Pour Prenant ces éléments ne sont que des formations temporaires, dont l’existence serait limitée à la période digestive.
La couche musculaire de la muqueuse, la muscularis mucosœ, est formée de deux parties : l’une externe constituée par des fibres longitudinales, l’autre interne constituée par des fibres circulaires. De fins prolongements musculaires se dégagent de cette couche pour pénétrer dans les espaces interglandulaires se réfléchissant au niveau du collet des glandes pour entourer celles-ci plus ou moins complètement. Cette couche est très riche en fibres élastiques.
L’appareil nerveux est représenté par deux plexus, celui d’Auerbach (plexus myentérique) et celui de Meissner (plexus sous-muqueux). Du plexus sous-muqueux se détachent des filets qui entourent les glandes et se terminent par de petits boutons en contact immédiat avec les cellules sécrétantes mais sans les pénétrer.
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