‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 82 sur 289 · Cette note a été rédigée par G. Faroy · texte numérisé non relu

Cette note a été rédigée par G. Faroy

TUBE DIGESTIF

mandent d’introduire dans l’estomae, dès que la mort est évidente, une certaine quantité de liquide de Millier.

Le procédé le plus simple consisterait sans doute dans la ponction directe de l’organe, soit à travers la paroi abdominale (sous le rebord des fausses côtes), soit à travers l’espace de Traube. Mais, dans aucun cas, on ne peut être certain de pénétrer dans la cavité gastrique, dont la paroi antérieure fuit facilement au-devant du trocart.

La méthode la plus sûre, sans contredit, consiste à franchir l’œsophage, à l’aide d’une sonde de fort calibre aussi rigide que possible. Avec un peu d’habitude, on arrive très rapidement à pénétrer dans l’estomac, ce que l’on reconnaît soit à l’issue de -liquides par la sonde, soit à ce fait qu’une longueur suffisante du tube a été introduite (25 à 30 centimètres jusqu’aux arcades dentaires).

Si l’estomac contient des résidus, il est bon de les évacuer, puis au besoin de faire un véritable lavage avec le fixateur à employer; cela fait, on injecte dans l’organe un litre environ du fixateur, qu’on laissera jusqu’au moment de l’ouverture du corps en ayant soin de changer la position du cadavre de temps en temps.

On peut ainsi introduire dans l’estomac un réactif quelconque : alcool à 90°, formol, liquide de Müller.Mais, les deux fixateurs de beaucoup les plus recommandables sont le liquide de Bonin ou le formol-Muller, ce dernier étant composé de liquide de Muller et de formol à 10 p. 100 à parties égales (Brault).

Le réactif de Bouin présente l’ineonvénient de colorer très vivement les téguments en jaune, mais en dehors de ce léger ennui, c’est un fixateur excellent de la muqueuse gastrique. Une fois l’organe ouvert, on prélève des fragments et on complète leur fixation (4 à 5 jours dans le Bouin ou 8 jours; dans le formol-Müller, en changeant le liquide de temps en temps), ensuite on procède à rinelusion après lavage et déshydratation par les procédés habituels. Pour inclure, le collodion et la cello'idine paraissent préférables à la paraffine; ils dissocient moins les diverses tuniques de l’estomac et leur laissent plus de cohésion. D’un autre côté, la paraffine permet d’obtenir une plus grande finesse de coupes, surtout indispensable pour l’histologie fine des cellules glandulaires. D’ailleurs, si l’on a soin de remplacer le xylol par le toluène, et de prolonger le séjour des pièces dans la paraffine à 51°, cm évite les rétractions cellulaires et les dissociations des tuniques.

il existe quelques colorations spéciales, eapables.de mettre en valeur les divers éléments cellulaires de la muqueuse.

Tout en utilisant les méthodes ordinaires (hématoxyline-éosine, van Gieson, etc.), on emploiera avec avantage certains procédés permettant de colorçr de façon élective, soit les cellules bordantes, soit les cellules muqueuses.

Les cellules bordantes peuvent être mises en évidence par l’atirantia.' Après coloration des noyaux à l’hématéine ou à l’hémaloxyline, on plonge la préparation dans une solution hydro- alcoolique d’acide picrique :

Alcool à 90° . . . . 50 parties.

Eau . . . 50 parties.

Solution saturée d’aeide picrique. . 1 partie. -

On monte la préparation sur lame et après s’être débarrassé de l’excès du réactif, par simple inclinaison de la lame et sans laver, on verse sur la coupe une solution légère d’aurantia; l’effet obtenu, on déshydrate et on monte en préparation définitive, après éclaircissement par l’essence de girofle ou de bergamote. Les cellules bordantes seules sont colorées en jaune orangé;

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les cellules principales décolorées ou légèrement bleutées. On obtient ainsi des préparations très nettes, qui n’ont que l’inconvénient de se décolorer assez rapidement.

On peut remplacer l’aurantia par l’orange G ou par le rouge Congo, mais sans coloration préalable par l’acide picrique, et en décolorant par l’alcool absolu. Les cellules bordantes restent seules teintées en orange ou en rouge vif.

Les cellules muqueuses , de leur côté, présentent des réactions colorantes caractéristiques du mucus et des mucines qu’elles contiennent. Le muei-earmin de Mayer, en solution étendue, eolore uniquement le mucus dans les coupes.

P. Masson propose la technique suivante :

Coloration des noyaux à l’hématoxyline au perchlorure de fer de Weigert et différenciation à l’alcool chlorhydrique. Coloration à l’aurantia à 1 p. 100, pendant deux heures, puis, après lavage, coloration au muci-carmin à 1 p. ICO pendant deux heures, à 38-40°. Après un deuxième lavage, passer la préparation 30 secondes dans :

Carmin d’indigo sec . 0 gr. 10

Solution saturée d’acide picrique. 100 gr.

puis pendant deux minutes dans l’eau légèrement acidifiée par l’acide acétique (deux gouttes pour 50 ce.) et différencier dans alcool à 95°.

Les cellules épithéliales sont jaune pur, jaune brun ou jaune verdâtre suivant les espèces; les fibres musculaires jaune vif; le tissu nerveux jaunevert pâle; le tissu conjonctif bleu pur; les noyaux noirs; le mucus , rouge carmin vif.

La thioniné (Hoyer) donne avec le mucus une teinte rouge métachroma* tique; le vert lumière (Prenant) colore la mucine électivement en vert, le rouge neutre (Delamarre) en brun.

Les procédés de fixation et de coloration, un peu spéciaux à l’estomac, que nous venons d’indiquer, permettent d’étudier avec plus d’exactitude les lésions de cet organe, même si Ton n’a pas eu la possibilité de faire une biopsie, seule condition qui permette d’éviter les causes d’erreur si fréquentes sur les pièces ayant subi les effets de la putréfaction.

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