CHAPITRE PREMIER. — HISTOLOGIE NORMALE DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
L'appareil respiratoire consiste en un système de canaux ramifiés qui se terminent dans les poumons d'une façon qui rappelle la disposition des glandes acineuses. Ses différentes parties sont : le larynx^ la trachée, les bronches et le poumon; ce dernier est logé dans la. pierre.
Pour pénétrer dans le larynx, l'air passe par les fosses nasales ou la bouche et par le pharynx. La bouche et le pharynx appartiennent au tube digestif, à propos duquel nous étudierons leurs lésions. Nous placerons ici l'étude des /"osscs nasales, considérées comme faisant partie de l'appareil respiratoire.
Rappelons d'abord en quelques mots l'histologie normale de ces différentes parties.
I^es fusses nasales présentent à considérei' plusieurs portions dont la structure est dilVéreiite et ([\n sont : l'entrée des fosses nasales qui est hérissée de poils assez forts, destinés à arrêter les corps étrangers suspendus dans l'air, et (jui est tapissée par un épilluUiuin pavinuuiteux stratifié ; les fosses nasales proprement dites recouvertes par la membrane de Schneider; la région olfactive qui conespoiul à la partie supérieure de la cloison, au cornet supérieur et à une j)arlie du cornet moyen, et les sinus.
La nieml)rane do Schiu'ider possède partout à sa surface, aussi bien dans les sinus (jue dans les fosses nasales, un épilhé-
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lium cylindrique à cils vibratils : elle est très-vasculaire et très-épaisse dans la plus grande partie de son trajet^ sauf au niveau des sinus où elle est mince, et là elle est soudée à la surface osseuse . Elle renferme partout de nombreuses glandes muqueuses.
La région olfactive est remarqualde surtout par la terminaison des nerfs olfactifs qui se fait par des cellules spéciales allongées, munies d'un noyau et terminées par une extrémité en bâtonnet (Schultze).
La muqueuse est là plus épaisse, jaunâtre ; ses cellules épithéliales cylindriques et implantées par une exti'émité effilée et ramifiée ne possèdent pas toujours des cils vibratils; les glandes muqueuses sont remplacées par des glandes eu tube analogues aux glandes de Lieberkûlin, et contenant des cellules infiltrées de molécules pigmentaires jaunes ou brunes.
Les filaments nerveux pâles provenant du nerf olfactif se continuent avec un filament un peu variqueux sur le trajet duquel se trouve un noyau ovoïde et vésiculeux, et qui se termine par un long bâtonnet. Ces éléments sont situés entre les cellules cylindriques, et les bâtonnets se terminent à la surface de la muqueuse sur le même plan (luc la base des cellules cylin(lri(jues.
hc l'irijii.r , la tntdtcr et les bronches se composent d'une membrane muqueuse <iui revèl leur surface interne, d'une charpente (ibro-cartilagineuse, de muscles lisses et striés, de vaisseauv et de nerfs.
La mwjiii'iisi.' est tapissée de cellules pa\imenteuses stratifiées sur l'épigbjtte et sur Jes cordes vocales inférieures, de cellule!* cylindrifjues à cils \ibialiles sur tout le reste de laca>ité laryngienne, aussi bien que sur la trachée et les bronches : au niveau de la terminaison des l)ronches dans les acini pulmonaires, ré|)ithéliniii devient pavimenteux.
Au-dessiiiis de rt-pilhélium, le chorion niu(|ueux est composé de deux couches : la première imnK'dialeiiuMil située ."^ous répilbéliiun est conqtosée en majeure partie dans le larynx et dans la trachée de lii)rcs élasli(jues, et elle est limitée par une couche IwtMiitgi.'ne mince de 1 1 /ut, sur la(|uelle s'ini|d;iiiliMil les cellules ('\lindri(pu>s. Au niveau de la partie saillaiilr de la coi'dc Mn;ile iiifi'i iiMUc la mui|iieuse présente de intinltictises papilles. rcspapillfs, liieiidi't rites ImiiI recemiiienl p;ir M. rnyiie, resseiiibbiil à (elle.- de l.i lace |>iilmaire des doigts. L'épi-
HISTOLOGIU; NÛHMALE DE L APl'Al^lilL Hlisl'lllAIUir.li. 0^9
lliôliuiu qui les recouvre est pavimeuteux. Au-destous dos i>apilles se trouve une mcmbiane limitante.
La partie superficielle du choriou est t'oruiée partout ailleuis par un tissu réticulé (Coyne), analogue au tissu léticulé de la muqueuse de l'intestin grêle. Cette couche possède un certain nombre de loUicules clos exclusivement localisés chez l'homme, dans la portion de la muqueuse qui i-evèt le ventricule du larynx; leur nombre approximatif est de 30 à 50; leur forme est variable, souvent ovoïde. M. Covne les a observés suj- les larynx d'enfants, où ils présentent tous les caractères de la structure des follicules clos.
La seconde couche du chorion muqueux est composée de tissu conjonctif et élasliquc qui l'unit aux plans musculaires et cartilagineux, et qui loge les glandes acineuses.
Les glandes muqueuses du larynx, de la trachée et des bronches sont très-nombreuses et appartiennent aux glandes en grappe; il est assez facile de distinguer leurs ouveitures niéme à l'œil nu; un grand nombre d'entre elles sont disposées sous forme d'un L dont la branche horizontale envelop[)e le cartilage de Wrisberg et la branche longitudinale s'enfonce dans le larynx au devant des cartilages aryténoides. Les culsde-sac arrondis de ces glandes contiennent des cellules en forme de pyramide dont la base est accolée à la paroi ; ces cellules sont claires et contiennent du mucus, leur noyau est aplati et situé à la base de la pyramide contre la paroi du cul-de-sac; leurs conduits sont tapissés par un épithélium cylindrique,
La charpente fibro-cartilagineuse comprend : dans le larynx, les cartilages thyro'ide, crico'ide et aryténo'ide dont la structure est celle du tissu cartilagineux ordinaire, l'épiglotte, les cartilages de Santorini et de '>Vrisberg <jui appartiennent au cartilage réticulé ainsi (jue le cartilage corniculé. Les fibres de la substance fondamentale des cartilages se continuent avec les fibres élastiques de la mu({ueuse. Dans la traciiée les amicaux, et dans lesbronclics les lamelles angvrleuses et iiTégulières qui disparaissent le plus souvent sur les bronches de 1 millimètre, appartiennent au tissu cartilagineux ordinaire. Ce dernier constitue à lui seul tous les cartilages du larynx chez les enfants. Les ligauicnts qui réunissent ces diverses [)ièces sont principalement composés de tissu élasti([ue : les ligaments cricotliyro'idien nio\en et thyro-aryténoïdien inférieur enqiruntent leur coloration jaune à la grande aborulaïu-e de ce tissu.
Les muscles destinés à mouvoir les dillérentes parties des
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^ oies respiratoires sont striés dans le larynx et lisses dans la trachée et les l)ronches. Dans la trachée, ils forment à eux seuls la charpente de la face postérieure de ce conduit en souslendant l'arc de cercle constitué parles cerceaux cartilagineux. Dans les bronches, ils constituent des anneaux complets qui sont visibles sur les bronches de 0""",2; Moleschott affirme l'existence de fibres musculaires lisses jusque sur la paroi des vésicules pulmonaires, fait qui est contesté par KoUiker et par la plupart des anatomistes.
La distribution des vaisseaux sanguins et lymphatiques dans les diverses couches de la muqueuse des voies respiratoires ne présente rien de bien spécial, et se termine par un réseau superdciel de capillaires de 7 à 9 jx. Le nerf laryngé inférieiu' se compose surfout de fibres larges, et le nerf laryngé supérieur de tubes minces. Ce dernier présente dans sa terminaison à la mu(|ueuse un réseau jtrofond et un réseau superficiel de fibres pâles ; on y trouve de petits ganglions microscopiques.
Les jmnitoits, suspendus aux conduits qui précèdent, sont composés de lobes et de lobules. Après que les bronches se sont successivement amincies et divisées dichotomiquement, elles viennent se terminer dans les lobules primitifs ou infundibula.
La structure du poumon consiste donc essentiellement dans l'élude des dernières lamificalions bronchiques et des lobules primitifs ou infundibula.
In iufundibuhnn est coiislitué lui-même par im gioupe d'alvéoles connnuni<|uant les uns avec les autres par une cavité commune, dans la<iuelle vient se terminer le rainuscule bronchique. La forme de l'infundiijulum est conifjue : les alvéoles ou cellules aériennes qui le ((inslituenl sont ari'oiulis ou J'olygonaux, par cnm|tression ré(i|trtM|ue, du dianièlre de ()""", !J0 en innvemie ; ils pcuxeul se mimlrer non-seulement groupés dans riiifundibuluMi, mais aussi isolés et appendus sur le (ourl Irajcl de la dernière ramification br()nchi(|ue.
Lors<|u'(in l'ait une section mince sur un poumon iusiilllé cl desséché, les alvéoles apparaissent sous forme de cavités arrondies <uj ovalaires, liinilées par des cloisons composées ellesmêmes d une mendHane mince de tissu conjoiutif, souleuoe |tar des fibres élasti<|ues. Cette ciiar(>enle libiense très-dilatalde du [tounioii, qui se continue avec la paroi ('es dernières bron-
IIISTOT.OOIF, XOR^tAT.E DF. I, APPATint. RKSPIH VïnlllK,
ches, sert ù supporter le réseau vasculaire, et donne implantation à l'épithélium pulmonaire qui tapisse les cavités dos alvéoles.
L'épithélium pulmonaire consiste : 1° Dans les ramifications terminales des bronches, en un épithélium pavimenteux petit, très-régulier et facile à voir: 2" à la surface des cavités alvéolaires, en un épithélium pavimenteux lamellaire qui a été mis hors de doute par les préparations faites en employant l'imprégnation par le nitrate d'ai-gent. Par ce procédé, on voit trèsbien les cellules chez la grenouille et les petits mammifères,
V'fj;. 250. — Cloisons et Apitliélinra du pounuii lie la ijrenoiiille, d'après Kôllikpr.
Fi^. 251. — Cloisons et i'|m|Im-IIiimi du poumon des petits nLiiiiiiiirei !■-, ilaprès Kôlliknr.
mais il ne peut être employé utilement chez l'homme, en raison du temps que la loi prescrit entre l'heure de la mort et celle de rauto[)sie ; cet épithélium est très-facile à étudier chez les enfants nouveau-nés. Ces cellules tapisseni uniformément les alvéoles, et leurs noyaux siègent uniquement dans les mailles du réseau des vaisseaux capillaires.
Les vaisseaux sanguins du poumon viennent de deux sources, des artères bronchiques qui se distribuent aux bronches, et dont le r(Me est surtout nutritif, et de l'artère pulmonaire (\n\ est plus spécialement préposée à l'hématose, f.es i-amilicalions
delaitèro pulmonairo formenl dans les cloisons intoralvéolaires un réseau à mailles très-fines dont les vaisseaux ont de 6 à 1 1 u de largeur ei dont les mailles ont de U, 5 à IS> ^ de diamètre. Dans l'état de jetrait ou de demi-dilatation des alvéoles, ces vaisseaux sont tlexueuv et soulèvent la membrane interne de l'alvéole en faisant saillie dans la cavité alvéolaire.
Les vaisseaux lymphatiques du poumon sont très-nombreux ; les lymphatiques profonds naissent des parois des bronches, des vaisseaux sanguins, des artères pulmonaires surtout, et aussi des parois des vésicules pulmonaires d'après Wiwodzoff.
La plèvre, membrane séreuse de la cavité tlioracique, présente deux parties : l'une, viscérale, tapissant la surface du poumon, est mince et constituée par une couche de tissu conjonctif lâche et ténue, revêtue à sa lace externe de larges cellules pavimenteuses plaies; l'autre, pariétale, possède à sa surface libie les mêmes cellules, et par sa face opposée adhère aux côtes et aux muscles intercostaux. La plèvre pariétale est épaisse^ et elle ollie à considérer deux couches de tissu conjonctif, l'une lâche située sous réi)ithélium, l'autre nettement iihreuse, et contenant une grande quantité de libres élastiques. Aux bords du poumon existent des [)rolongemenls de la plèvre sous forme de villosilés. Cette memlirane possède des vaisseaux sanguins et lymphatiques et des nerfs.
D'api'ès ce qui précède, on voit que la portion essentielle du poumon, celle où se fait l'échange des gaz entre l'air et le sang, est l'alvéole pulmonaire. 11 est tapissé par des cellules plates, et foinit' par une membrane conjoucli\e et des libres ('•lastiques.
Au point de vue morj)hologi(|ue le plus générai, l'alvéole pulmonaire répond à une maille de tissu coiijonclif ou à une petite cavité séreuse, ce qui est tout un. lUeii que la cavité de l'alvéole soit en contact avec l'air atmospliéri(|ue, les conditions de la respiration en vertu desquelles l'air contenu dans les alvéoles ne se \ile jamais conq)li''l('ment , la saturation de cet air par de la vapeur d'eau, sa tcmpt-rature élevée, font <]ue les cellules d'épillulium et la cloison délicate de l'alvéole n'en sont pas oll'ensées. .\nssi, les cellules ne revêtent en rien l'aspect ('•pidermiqne, et lu paroi de l'alvéole est dans une atmosphère huMiide elle evt'cute très-IibrenuMil ses mouvenienls, aussi l)ien que 11! grand ('qiiidoon [>ar excnqde.
Au point de \\\o di's altt'i'alions anatomi(|ues, l'alvéole pulmonaire i'>| |,i iia-^e de tout ce qui se passe dans le poumon, et