‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 4 sur 146 · LARYNX · texte numérisé non relu

LARYNX

Idéaux de tissu ronjonctif ('cartés les uns dos autres par un . liquide transparent granuleux ou contenant un réticulum de fibrine. Dans ce liquide on trouve de grandes cellules plus ou moins distendues, granuleuses, des globules de pus et de sang. Lorsque la lésion est consécutive aux altérations profondes du larynx, aux ulcérations et à la périchondrite, la quantité des corpuscules de pus est beaucoup plus considérable que lorsqu'il s'agit d'un œdème primitif ou consécutif à une maladie de Bright.

Laryngite ilcéreuse. — Les ulcérations du larynx sont trèsvariées de forme et de gravité suivant leur cause productrice. Nous avons vu qu'une laryngite catarrhale intense pouvait déterminer la destruction suppurative d'une glande muqueuse : il en résulte une petite ulcération exactement arrondie en cupule, ulcération foUicnknrr, telle qu'on en trouve fréquemment dans les laryngites des phthisiques. Dans la fièvre typhoïde, les ulcérations plus profondes, taillées à pic, remplies habituellement d'un détritus caséeux, ont selon toute probabilité pour origine une néoformation typhoïde ayant pour siège un follicule glandulaire.

Les ulcérations dues aux pustules varioliques et à la syphilis sont plus plates, plus ou moins étendues, et elles résultent simplement de la destruction du revêtement épithélial. Le chorion muqueux mis à nu est congestionné, plus ou moins bourgeonnant et humecté de pus.

Dans la syphilis tertiaire, le fond de l'ulcère est bourgeonnant, et le tissu sous-muqueux est épaissi, induré parfois et très-vascularisé; les ulcères syphilitiques peuvent s'étendre à ime portion considérable de la muqueuse laryngienne et même sur la trachée. Lorsqu'ils siègent sur l'épiglotte, ils déterminent souvent une perte de sul)stance de sou bord libre. Ils donnent souvent lieu à des productions de tissu eonjonctif )iouveau, végétant sous forme de polype. Ces ulcérations peuvent se guérir sous rinHuence d'un traitement approprié. Le tissu eonjonctif embryonnaire devient du tissu eonjonctif adulte, le revêtement épithélial se reforme à la surface de ce dernier; mais le tissu eonjonctif de la muqueuse nouvelle a de la tendance à revenir sur lui-même comme un tissu cicatriciel , et il peut en résulter un rétrécissement du larynx ou de la trachée.

Les ulcérations causées par la morve ont dans le larynx la même tendance que dans les fosses nasales à détruire profondément les tissus par une suppuration plile^nioneuse.

()6/i MALADIE? DE? ORGANES,

La. phthisie pulmoimre ef-i de beaucoup la cause la plus commune des ulcérations laryngiennes. Celles-ci coïncident alors avec une laryngo-trachéito très-intense, et s'étendent d'habitude sur la trachée et les bronches. La muqueuse est généralement très-congestionnée et couverte de muco-piis, au niveau des ulcérations aussi bien que sur les parties non ulcérées. Dans ces dernières, les couches d'épithélium cylindrique à cils vibratiles sont conservées. Les lésions qui amènent les ulcéralions sont complexes ; ce sont d'abord les granulations tuberculeuses développées primitivement sous l'épithélium, plus ou moins noml)reuses, isolées ou confluenles, dont nous donnons la description à la page 667, puis les ulcérations folliculaires. A la place de la glande détruite par la suppuration, on observe une petite dépression circulaire en godet ; ces ulcérations s'agrandissent, acquièrent 2, 3 millimètres de diamètre; leur fond est grisâtre ou l'osé, peu déprimé. Elles se réunissent et constituent une plus large ulcération à bords festonnés. 11 est rare qu'on ne puisse voir à l'œil nu, et à l'examen microscopique, sur le fond, sur les bords de ces ulcérations, des granulations tuberculeuses. Les parties du larynx qui sont le plus souvent le siège de ces ulcérations sont les cordes vocales à leur point de jonction, ces cordes elles-mêmes, les aryténoïdes, l'épiglotte, l'intérieur des ventricules de >h^rgagni.

Les ulcérations s'étendent par la suite on profondeur aussi bien qu'en surface, et quelquefois des lambeaux du tissu sousmu queux épaissi peuvent être détachés et saillants, sous la forme de i>ourgeot!s vascularisés.

Le tissu n))reux des cordes vocales mis à nu peut être érodé lui-même; le bord libre de l'épiglotte présente aussi souvent des perles de substance dans Icsiiuelles le cartilage est détruit après que les cellules cartilagineuses sont enti'ées en proliféralion. Le tissu conjonclif sons-muqueux est tantôt Ircs-épaissi par la formation nouvelle de cellules embryonnaires dans les parties non ulcén-es, à la limite et au-dessous des ulcérations, l.intôl il est inlilln- de sérosité et de pus. Ces lésions enlrainenl riinmoliilili' et la perle de la fonction des dilVércnles pièces du larynx qui en sont le siège.

Les nnisclcs s<»nl aussi (|uel<jUt'roisattt'iiils : le tissu conjfiuctif inlermusculairc |irés('iite des cellules eiuhrvonnaires ou corpnsculi's de plis ni plus ou inoiiis grande iiboiidaïue, et les faisceau v primitifs subissent eux-mêmes la (h'^t'iiércscciKe graisseuse.

Les (-.-irlila!jes, outre leurs ulcéralions inllammatoires sj

KAllYN.V.. ()65

IVoquontos à l'épi^lolto, sont le plus souvont iiicrusk'S de sels t'cilcaires ou même ossifiés. Noub reviendroiiB sur ce poii* en liaitant de la péi'ichondrilo.

Les ulcérations profondes et les abcès du larynx peuvent aboutir à une perforation, le pus se faisant jour du côté du tissu conjonctif sous-cutané, et s'ouvrant à l'extérieur au devant du cou, ou se frayant un passaj^e dans l'œsophage ; mais ces perforations s'accompagnent presque toujours de périchondrite.

Pkriciiondrite. — L'inflannnalion suppurative du périchondre des cartilages du larynx peut, d'après les observations publiées par les auteurs, se développer à la suite d'une impression de froid ou spontanément : le pins souvent elle est due à l'une des causes de laryngite ulcéreuse et succède, par continuité de l'inflammation, à des ulcérations profondes. Cependant elle parait avoir été observée d'emblée dans la fièvre typhoïde.

Dans les laryngites profondes de longue durée, lorsque le tissu cellulaire sous-niuqueux est pioliféré, le tissu conjonctif qui entoure les cartilages est altéi'é de la même façon, et les cartilages eux-mêmes subissent des modifications de nutrition. Tantôt on observe dans leur substance fondamentale et dans leurs capsules une infiltration calcaire, tantôt une véritable ossification qui s'effectue comme l'ossification physiologique des cartilages par la prolifération des cellules cartilagineuses, la dissolution des capsules et la pénétration des vaisseaux sanguins : les cavités se remplissent de moelle embryonnaire et les corpuscules osseux apparaissent bientôt. Ces lésions des cartilages sont communes dans la phthisie laryngée : l'épiglotte s'infiltre souvent de sels calcaires, mais ne s'ossifie pas.

I/irritation du périchondre et du tissu cartilagineux qui se manifeste ainsi par des proliférations est, par elle-même, une cause adjuvante de la périchondrite suppurative. Celle-ci est caractérisée par la formation de corpuscules de pus entre le périchondre et le cartilage. Le pus décolle et sépare le périchondre du cartilage, qui se trouve ainsi isolé de sa membrane mitritive et se moitilie. Dans les cartilages nécrosés à la suite de la fièvre typhoïde, nous avons oi)servé que la substance fondamentale du cartilage était devenue granuleuse et que les cellules cartilagineuses présentaient aussi des granulations graisseuses. L'abcès au milieu duquel se trouve le cartilage fuse dans le tissu sous-muqueux , dans Ii-s articulations, et finit par proéminei-, soit du côl(' de la muqueuse laiyngienin^,

G()(i M.vi.Ai>ii:> iiiis i>Rr.A.\i-?j.

soit du côté do la peau ou du pharynv. 11 no farde pas à s'ouvrir et laisse échapper avec le pus des fragments de cartilage le plus souvent calciliés ou ossifiés.

Le cartilage cricoïde est le plus souvent atteint, puis viennent par ordre de fréquence le thyroïde et les aryténoïdes. Dans les deux premiers cas la pcrfuration a lieu, soit du côté du larynx, soit du côté de la peau, et alors il en résulte. un œdème sous-cutané et quelquefois de l'emphysème. Lorsque l'aryténoïde est malade, la perforation se fait habituellement dans le pharynx : Texamen laryngoscopique rend alors le diagnostic de cette lésion facile pendant la vie du malade.

Tumeurs nu larynx. — Il existe dans la science un petit nombre d'observations de myTômes ou polypes muqueux du larynx ressemblant à de petits polypes kystiques et formés par du tissu muqueux, recouverts par la muqueuse amincie. Leur siège a été la hase ou la face postérieure de l'épiglotte, et les ventricules de Morgagni.

Los ^/(/V)me< ou polypes fibreux du larynx sont moins rares :.

ifgpf^v

Fiiç. 2r>.1. — I'm1>|i'- liliiiMix ilii liiivnx; r, vi''grlnlliiii ; li, li-s'i fi-lliilo-VH'iriiliiirp y. vliiiiili"- l'ii i(ia|i|>i'.

ils snni gi'nérahMncnl petits, du Vdliuuo d'ini grain do chènevis à \u\ pois, et s'accroissent h'Mlotnonl, aiii"^! que h' tt'moigne

LAHYAX. 667

rcxauicii laiynguscopique l'ait pour certains d'enlrc eux à un ou deux ans d'intervalle. Ils sont sessiles ou pédicules. Leur siège le plus habituel est sur les cordes vocales inférieures. Ils sont durs, résistants sous le scalpel, et leur tissu présente tous les caractères du tissu fibreux. Leur surface est lisse ou inégale et recouverte par plusieurs couches d'épithélium pavinienteux stratifié. La nature de cet épithéliuni est toujours la même, que le polype soit développé sur la corde vocale qui est tapissée de cellules pavimenteuses, ou sur les autres portions de la nuiqueuse laryngienne qui possèdent des cellules cylindriques. Quelquefois la surface de ces polypes est ulcénie.

Leur développement a lieu dans le tissu conjonctif de la muqueuse.

Les tubercules du larynx sont toujours liés à une tuberculose pulmonaire lorsqu'on pratique l'autopsie, mais il est possible que la tuberculose débute quelquefois par cet organe. Les granulations tuberculeuses du larynx, niées par Louis, ont été mises hors de doute par Rokitansky, Virchow, Foerster, etc., et elles sont assez communes pour qu'on puisse les étudier à leurs différents états. Elles apparaissent, à leur début, comme un petit point gris ou blanchâtre, saillant, lisse et distinct des saillies glandulaires, en ce qu'il n'y a pas de dépression ta son centre. Après avoir fait durcir la pièce dans l'alcool ou l'acide chromique, si l'on pratique des coupes suivant l'épaisseur de la nmqueuse au point où siège un de ces nodules, on voit qu'il est recouvert par la couche d'épithélium cylindrique, et constitué par l'agglomération d'éléments qui caractérisent toute granulation tuberculeuse. Ces granulations se développent dans la couche superficielle du chorion muqueux. Elles sont isolées ou contluentes, mais, en général, elles sont moins nombreuses dans le larynx que dans la trachée. Tlus laril, lorsqu'une de ces granulations est devenue caséeuse, l'épithéliuin ({ui la recouvre tombe, cl l'on peut à ce moment voir quelquefois une granulation saillante au milieu d'une érosion de la muqueuse : la granulation elle-mènuî s'élimine par petits fragments au milieu du [lus sécrété à la surface de lulcération. Le fond et les bords de l'ulcère tuberculeux sont constitués par un tissu plus ou moins épais coin[iosé de granulations tuberculeuses réunies eu nappe.

Le carcinome primitif du larynx est extrêmement rare, si l'on ne considère pas connue tel le carcinome qui, dél)utant dans If pharynx, envaiiit par continuité de tissu la région aryté- Moïdiemio : néanmoins il existe quelques observations d'encé-

668 MALADlliS tiES ORGANIiS.

plialoïdo axant débiilc dans le larynx: liii-mcnio. La tumeur se présente alors sous forme de bouigeons rosés (jui soulèvent la muqueuse, se développent rapidement et envaliissent le tissu sous-inuqueux, le tissu conjonetif des muscles, et ne tardent pas à causer la mort.

Des ccchondroses et des ostcômf^i cnt été notés à la face interne du cartilage cricoïde.

L'cpithéliôme à cellules pavimenteuses se développe sous forme de bourgeons et de condylômes qui végètent à la surface de la muqueuse et sont couveifs d'un liquide épais et opaque. Presque toujours il est facile de voir que ces tumeurs ont pris naissance dans la paroi antérieure de l'cesophage ou dans le pharynx et qu'elles fout saillie dans le larynx après avoir perforé sa charpente tibro-cartilagineuse. Nous avons eu cependant l'occasion d'étudier le larynx d'un homme autopsié par M Krishal)er, et chez lequel un épitliéliôme à globes épidermiques s'était dé\elop[)é primitivement dans le larynx et intéressait les cordes vocales. Ces tumeurs répondent absolument à la description de ré[)ithéliôme pavimenteux lobule (voyez page 263 . La surface de leurs végétations libres présente un revêtement de cellules épithéliales cylindriques ou plus souvent pavimenteuses : ces végétations peuvent aussi être ulcérées, et les cellules d'épithélium désintégrées et mêlées au liquide muqueux qui les l)aignc constituent un li(|uide opaque.

Il faudrait l)ien se garder de confondre ces épithéhômes avec les p.ipillùmes du hirynx, et pour cela il ne sutlit i>as d'examiner par le raclage la surface de ces productions, mais il faut au contraire en faire des coupes après les avoir préalaiilement durcies. Les papillômes si héqnents du larynx, en ell'et, sont lecouverls, comme nous le verrons bienlôl, de couciu's d'épithidium pavinuMileux ; et ces éléments sont recueillis en quantité' quand on étudie les papillômes par le raclage : aussi en enqdoyani uni(pu'nu'nt ce [tidcédé vicieux, Uobin et ses élèves ont-ils confondu tous les pa|iillôines du larynx avec l'épilhéliôme, qui, au contraire, itrésente les lobules caracl(''ristii|nes dans la profondeur des tissus et dans lo\ite la niasse de la tunu'ur.

Les jHipilInmcs ou [xilypes pnpillaires du larynx sont les tumeurs <m'on y observe le plus souvent après les tubercules. <Jcs tumeurs soni disposées en forme de choux-ileurs et présentent une foule de bourgeons |»rimitifs et secondaires, et elles ont une grande tendance à s'accroilii; e( à envahir; mais leur base esl bifii iiilli'imiil |M'di{idi''e cl leurs bourgeons sont plus

LAHÏ.NX. 669

longs, plus distincts le? uns des autres, que dans le carcinome et l'épithéliùme. Ue plus, ni la muqueuse, ni le tissu cellulaire sous-muqueux ne sont envahis par le tissu niorljide. tandis que le contraire a lieu dans les tumeurs précédentes. Ces excroissances peuvent être constituées par une quantité de petites saillies villeuses et minces.

Le siège de prédilection des papillômes est à l'angle de réunion des cordes vocales inférieures et sur ces cordes ; mais ils peuvent se développer dans les ventricules de Morgagni et sur la muqueuse du vestibule du larynx.

Leur structure est celle de tous les papillômes : des papilles primitives et secondaires constituées par une petite quantité de tissu conjonctif et des vaisseaux et un revêtement de cellules d'épithélium pavimenteux stratifié.

Adénome ou polype glandulaire. Nous avons déjà signalé^ à propos de la laryngite catarrhale chronique, les hypertrophies des glandes du larynx qui peuvent acquérir un volume assez considérable et donner à la umqueuse une épaisseur de 3-5 milli mètres. Ce sont là, à proprement parler, de petits adénomes et ils peuvent, dans des cas, il est vrai très-rares, proéminer davantage et se pédicuhser. Les culs-de-sac de ces glandes hypertrophiées sont plus gros qu'à l'état normal, mais leurs cellules épithéliales y présentent la forme physiologique de cônes tronqués dont la base la plus large est à la périphérie et dont l'extrémité la plus petite est au centre du cul-de-sac glandulaire. Presque toujours, à la surface de ces tumeurs, on trouve des excroissances papillaires et, de même, des glandes hypertrophiées se rencontrent presque constamment à la base des papillômes, de telle sorte que les polypes du larynx sont tièssouvcnt des tun)eurs mixtes où l'on ne saurait dire lequel est prédominant, du pa[)illôme ou de l'adénome.

Les lymphadénômes ou tumeurs leucémicjues secondaires ont été observés plusieurs fois conune de petits nodules mous plus ou moins aplatis, plus ou moins considérables, siégeant dans le larynx, la trachée et les bronches. Leur siège, d'après Virchow, est près de l'ouverture des glandes ou sur tout autre point delà muqueuse indilléremment. Cet auteur a vu un fait de ce genre où une inhltration épaisse existait depuis les cordes vocales supérieures jusqu'aux ligaments ary-épiglotfi(iues, et dans ce cas, dit-il, cette niasse de nouvelle formation ne présentait pas de tendance à une dégénérescence gl-ais^euse ou caséeuse, ce qui la distinguait du tubercule.

670 MALAiilES 1>E? UHGA.NLS.

Varaaitfs. Dans une autopsie, Kainey trouva de jeunes: iiemalodes dans le larvnx et les bronches.

ï; 3. — Trachée.

Inilammation. — Les difTérentes variétés d'inflamniutioii ou catarrhe aùju et chronique, dipltthéritiqui\ vaiioleiu', syphilitique et tuberculeux que nous avons décrites à propos de la muqueuse du larynx, s'observent avec les mêmes caractères anatomi([ues dans la trachée. La structure de la muqueuse est la même et les divers processus morbides y revêtent les mômes caractères anatoniiques.

Les ulcérations tuberculeuses et glanduleuses de la muqueuse trachéale sont troscomnunies et très-étendues, de l'orme serpigineuse : elles siègent surtout à la face postérieure de la mu- «lueuse trachéale et entre les reliefs des cerceaux cartilagineuv. Un trouve quelquefois une de ces ulcérations profondes qui communique par une tlstule anfractueuseavecun abcès caséenx développé dans un ganglion lymphatique tuberculeux du voisinage.

Des perforiitious de la trachée peuvent avoir lieu à la suite d'ulcères de l'a-sopiuige, d'abcès développé dans le tissu conjonctif voisin, de tumeurs cancéreuses des ganglions et de l'a-sophage, et d'anévrysmes de la crosse aorti(jue.

Le carcinome ne nait jamais primitivement (hins la trachée, mais il n'est pas très-rare de voir dans le tissu cellulaire de la muqueuse des nodules carcinonuiteux secondaires (jui sont h(''niispliéri(|nes et plus ou moins volumineux.

On y a note- aussi des tumeurs /(''(c'm/'/xr.s- secondaires.

(ihez les vieiihirds, h's cartilages de la trachée sont <|uelquef<iis calciiii's ou ossiTK's cl lUH-scntenl des evostoses, et m^nuune union inlime di'dcuv on [dusieurs cerceaux peut s'étal)lir p.ir une pioduclinn osseuse connnune.

vj 4. — llruiiflirti.

(,t)M,i;sTH).N; iiiMointiiM.n;. — La congestion dos bronches pré-

rè(h' et ace pagne les inilammalicnis calai-rhales et autres de

ces condiiils et sobscr\e dans prcs(|n(' toutes les maladies <les \oies rcspiraloiics el du cdMir. Klle existe l'-galeinenl dans beaucoup de lièvres, telles (jne les lièvres érniitives el la lièvre

typiloide. Elle est caractéiisëe par la rougeur et la réplétion des vaisseaux et le gonflement de la muqueuse; il est rare que la congestion, même passive, ne s'accompagne pas d'une sécrétion.muqueuse. La surface interne des bronches est rouge, souvent de couleur lie de vin : il peut y avoir des ecchymoses dans le tissu de la muqueuse, en particuliei' dans les cas d'exanthèmes cutanés, de fièvre typhoïde, de scorbut et d'asphyxie. Alors le mucus bronchique contient toujours des globules rouges du sang en quantité plus ou moins grande. Mais les grandes hémoptysies proviennent d'ulcérations des bronches ou de cavernes pulmonaires dues à la phthisie, d'anévrysmes de ces cavernes, d'apoi)lexie pulmonaire, de gangrène, ou de rupture d'un anévrysme dans les bronches.

Bronchite. — L'inflammation catarrhale dos bronches, aiguë ou chronique, reconnait les mêmes causes et présente, d'une façon générale, les mémos modifications histologiques que celle du larynx. Limitée aux grosses bronches, elle n'otlVe aucun danger, mais lorsqu'elle envahit les pelites bronches, elle est souvent mortelle, surtout chez les enfants et chez les vieillards. Dans ces cas graves, la bronchite est rarement simple et elle se complique de lésions du parenchyme pulmonaire, congestion, pneumonie lobulaire ou catarrtaale, atélectasie, vésicules ou vacuoles, emphysème, gangrène lobulaire.

La bronchite intense des petites bronches ou bronchite capillaire peut être telle que l'épaississement inflammatoire de la muqueuse, joint aux produits exsudés, empêche l'air de pénétrer jusqu'aux alvéoles pulmonaires. Dans d'autres cas, les bronches malades, très-rougos à leur surface interne et couvertes de mucus puril'orme, semblent être dilatées : le tissu conjonctif de la muqueuse est épaissi, et le tuyau bronchique est plus rigide qu'à l'état normal ; les plis longitudinaux que la muqueuse oUVe à l'état normal, et qui résultent de la contractilité de la tunique musculeuse des bronches, sont elfacés, et la surface interne de la bronche c\st lisse. Cet état de dilatation des tuyaux l)ronchiques et d'inerlie du plan nmsculaire se montre iiulépendammcnt de l'hépatisation du tissu pulmonaire, mais il existe, à plus forte raison, dans le cas de ])roncho-pneumonic. Dans les bronchites intenses où la sécrétion muqueuse est puriforme, les cellules d'épithélium cylindrique sont des- (juaniécs, les glandes sont remplies de cor[)uscules cmbr\onnaires ou corpuscules de pus, et la surface de la muqueuse coHMi. i:r iiA.wiiii. j,s

672 MALAUIKS DES ORGANES.

peut piésenter un aspect dépoli dû à la végétation du tisï;u conjonclif sous forme de papilles ou l)Ourgcons microscopiques.

La fironchite diplithcritiquc se montre chez les enfants surtout comme com[)lication du croup du larynx et de la fracliée; elle coïncide alors généralement avec une congestion pulmonaire et des noyaux plus ou moins étenJus de broncho-pneumonie, et chez les adultes elle n'est pas très-rare comme complication de la broncho-pneumonie ou de la |)neumonie aiguë.

La /'/''i/ic/uYc c/u"o/(i'yMC, si souvent liée, soit comme cause, soit comme effet, à l'emphysème et aux maladies du cœur, qu'elle soit primitive on consécutive, est caractérisée par la couleur \iolacée ou grisâtre et ardoisée de la surface nuuiueuse ; le tissu conjonctif de la muqueuse est fréquemment épaissi parla formation de tissu libreux qui peut végéter à la surface sous forme de petites excroissances papillaires. Le mucus sécrété est tan((H transparent, gélafiniforme et en petite quantité (cracliats perlés de l>aennec), tantôt ilestnuico-i)urnlerit, tantôt le liquide plus séreux est exsudé en grande abondance (In-onchite pituileuse, blennorrhée des bronclios).

La broncliite chroni([uo peut s'accompagner de dilatations des bronches et d'ulcérations. La bronchite tuberculeuse ou casécuse sera décrite plus loin (voy. p. 67fi).

I)ii..vTATio.\ HES i)ito.\(.iii;s; niio\r.iiii;c.TAsu:. — Les bronches dilatées et dont la nnuiueuse est épaissie par une inihunmation aiguë reviennent facilement à leur élat normal; mai«<, sous l'inlluence de processus chroni(iucs, tels que la bronchite, la pleurésie chronique, la pneumonie chroni(]ue, ces canaux peuvent rester dilatés. IMes(|ue toujours, en ellet, le tissu pulmonaire qui entoure la bronche dilatée, est induré et préseule les cai'actères (le la pneumonie iiderslitielle (Ui de la péri-bronchite.

La dilatation des broncbes peut ètie ojUiidriquc, c'est-à-dire |ue les cananv sont unifornu-ment dilatés suivant tonte leur longiu'ur, ce qui est une forme rare. — lue ou plusietns lironclu's (btnt le diamèlre est ainsi accru se terminent parlois nu \oisinage de la [dèvre par une véritable am|)oule.

Il peut y avoir |tlusii'iMs dilatations c\lindri(ines ou ovcmles ('•(•lii'lomM'es sur le trajet et les divisions d'une bronche, ainsi que cela a l'-li' obscivt'- sinlout dans le souunel des poumons. Les jtarlies dilali'ps sont ri'imies par des tuyaux iironchii|ues de diamètn' normal, (i'est lu (/i/«(a^y// <// ilnijulrt ou innnilifnnii' ((juveiiliier).

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