TUMEURS DE LA RATE
Leucocythémie. — Dans la plupart des faits de leucocythémie et d'adénie, la rate est infiltrée de globules blancs en quantité considérable, et elle est hypei'trophiée dune façon très-nutable. Mais cette hypertrophie n'est jamais plus considérable que lorsqu'il s'agit d'une leucocythémie splénique. Dans cette forme de la maladie, la rate peut acquérir jusqu'à 25 et 3U centimètres dans son plus grand diamètre.
Ainsi que nous l'avons dit page 2ô5, celte augmentation de volume provient de l'hypertrophie des corpuscules de Malpighi, qui peuvent atteindre ju^cju'au \olume d'une noisette ou d'une noix. Sur une seclion de l'organe, on voit une (pianlité considérable de nodules gris ou blanchâtres, quelquefois de couleur jaune à leur centre, et qui donnent du suc parle raclage. Ces nodules, formés par un tissu homogène, sont séparés les uns des autres par des zones rouges souvent si minces (ju'ils paraissent se toucher par leur surface. Les éléments cellulaires obtenus par le jaclage des parties grises sont des cellules lymphati(|ues dont les plus nombreuses coeitiennentunseulnoyau. Mais un certain nombre des cellules ainsi obtenues sont grosses, mesurant de 15 à 20 fx, granuleuses, et elles contiennent plusieurs noyaux ronds ou ovoidi'S.
Loisqii'oii examine au micioscope une section large et minci' de ces rali-s, on voit que les nodules blanchàircs correspomleut aux gloméruli's de Maljti'^hi, et les zones rouges pinson moins nnnces (|ui les repaient ne sont autres (|ne le tissu de la |»ulpe. Les corpuscules de Malpighi h\perli'iq)hiés sont conslilué> par un tissu réticulé, à mailles line> remplies des cellule^ lymidiatiques et des grosses cellules en |)rolilérali()n dont nous venons de parler. Les arlérioles qui passent au milieu de ces cor|)uscules |»résenlent une mliltration excessive de globules l)lancs dans leur p.iroi propie, de telle sorte qiu', sur les coupes transversales lies arlérioles, leur lumière ^e trouve au nnlieu d un ilol tnculaire <le lis>u embryonnaire, il en n'-sulte um* série de petit-, nodules emlii yomiau'es aulom' des arlérioles i|iii sillonnent le li>Mi n'-iii ul('' de iioii\elle formation des eor[>usiules.
TUMELKS SYl'HILITIQL'IiS DE LA KATE 993
Les mailles de ce tissu réticulé sont formées de ilbrillos en général é[)aissies. Dans les parties centrales des corpuscules qui sont jaunâtres et opaques à l'œil nu, les cellules lymphatiques subissent une dégénérescence gianulo-grais^euse.
A la périphérie des corpuscules hypertrophiés, dans la zone rouge qui les sépare les uns des autres, on observe le réseau des veinules qui caractérise le tissu de la pulpe splénique. Cette portion de la rate est visiblement atrophiée parla compression qu'exercent sm- elle les corpuscules de Malpighi. Les veinules sont peu volumineuses, bien qu'elles charrient beaucoup de cellules lymphatiques et l'endothélium de ces veines est petit. Un y a que très-peu de cellules lymphatiques qui contiennent du pigment brun.
Tubercules. — Les tubercules de la rate sont assez communs en tant que granulations secondaiies ciiez les enfants, mais ils sont beaucoup plus rares chez les adultes. Tantôt on lenconlre une quantité assez grande de granulations niiliaires disséminées dans le parenchyme splénique avec tous leurs caractères ordinaires, tantôt on rencontre des masses assez volumineuses, de la grosseur d'un petit pois, par evemple, et constituées par la réunion de plusieurs tubercules caséeux. La tuberculose de la rate n'est jamais primitive. Le siège du début des granulations ' miliaires l'st, d'après Billroth et Viichow, le tissu C(tnjonctif réticulé de la pulpe. Les tractusde ce (issu réticulé qui séparent les veines seraient épaissis et le siège de nouveaux éléments, cf. en même leni|)s. les cellules d'endothélium des veines montreraient une prolifération de leurs noyaux. Cependant Fœister a vu les gruuilations se développer aux dépens du tissu fibieux qui constitue les grands traclus rayonnant de la capsule dans linl/'rieur de l'organe, et il en a rerrconlrè aussi darrt; les corpuscules de Malpighi. La difficrdlé du dingnostic anafomique, à l'œil nu et au microscope, des granulations tuberculeuses, git dans ce fait que lem- l'orure, leurs dinrensions et les cellules lyniphali(|ries (|u'elles rerifei ment les font ressembler aux corpuscules de Malpighi. Mais, dans les tubercules, le centre devient caséux el les cellules s'y irrtilli-ent de trnes gr-anulalions en nrême temps qu'elles s'atropliieut De plus, les petits vaisseaux et les capillair-es qui passent au milieu des granulations sont rem|)lisde fibrine gratnrleuse, de cellules lyniphati(|ues et de grandes cellules endothéliales et ils sont oblitérés, ainsi (jue nous avons eu l'occasiorr de le dire à propos des tubercules en
99Ù MALADIES DES OKGANES.
général. Ces éléments contenus dans les vaisseaux oblitérés ont été piis en Allemagne pour des cellules géantes d'une nature spéciale et caractéristique du tubercule. Les auteurs allemands commencent du reste à revenir de cette étrange inteiprétation, sans toutefois faire mention de la description que nous en avons donnée, ni sans citer la critique des cellules géantes faite par MM. Thaon et Gi-ancher dans leurs thèses sur le tubercule.
Tlmeurs sYpniLiTinuEs. — ^■ous avous déjà vu que la rate était hypertrophiée dans la syphilis, au moment de l'infectiou syphiliticpie. Cette tuméfaction de la rate est surfout tres-évidenle chez les nouveau-nés s\phiMlii|ues («j. Sée, i*arrot, etc.). La rate peut être aMssi soit indurée et cirrhosée avec une capsule très-é[)ai.-se et couverte de productions litjreuses, soit amyluïde. Enfin on peut rencontrer de véritables gommes (obs. de Kendu, Société unut., IHli)); celles ci sont du resle extrêmement raies, car il ne faudi-ait pas confondre avec elles les infarctus qui peuvent aussi se montrer chez les sujets syphilitiques.
Cahcinôme dk LA HATi:. — il est douteux que la rate puisse être alleclée priuulivi'iueiit de carcinome. ÎSuus ne voudrions pas le nier d'une façon absolue, mais le< observations (jui en sont pul)liéessous le titre de Cnrcinome primitif et qui sont rap- |)()rlées dans l'article très-complet de M, {{esiiicr, mau(|iienf de détails histologiques suflisanfs pour entraîner la conviction. Il ne suffit pas, en ellet, pour dire (|u'il y a carcinome de la rate, de décrire à l'ci-il nu des fumeurs \okiniineuses et donnauf au raclage un suc qui confient de grandes cellules. Ces caractères en ellet existent dans les cas de leucocvlhémie spléni(|ue. Il faudrait encore (|ue le sfrotna du carcinome el ijuc les détails de structure des productions secondaires des ganglions ou d'autres organes vinssent a|»puyer el démonirer le diagnostic anafomi<|ue. iNous n'avons jamais, pour noire compte, obser>é de carcinome |)rinntif de la raie. Le cariinôme secondaiie y a été au contraire observé sûrement à la suite tie fumeurs de l'estomac, du sein, du l'oie, du cerveau, etc. Ces produclions se montr(>nl sous forme de nodules ou d'inlillration qui reproiliiisenl exactement les caractères du tis^u et des l'iémenls cellulaires de la liimeur [)riniifi\e.
Kystks. — Les k\sfe< mui|nen\ de fi latesont extrêmement rares. On elle le cas lappiule par M. \ndial, où il existait plu-
fJLANDE THYROÏDE. 'J9Ô
sieurs vésicules comparées par lui aux kystes du col utérin, les observations de M. Leudet, où il y avait un grand Icystt; divisé en quatre ou cinq loges par des cloisons fibreuses revêtues d'un épithélium pavimenteux ; celle de M. Livois, celle de M. Péan rapportée par M. Magdelain, où la paroi interne du kyste uniloculaire était lisse et recouverte de plaques dures, formées de carbonate et de phosphate de chaux et de magnésie Le liquiile, évalué à plus de 3 litres, était dans ce cas d'un brun jaunâtre et contenait de l'albumine, des cellules lymphatiques, des globules rouges et de la choleslérine. Fœrster indique, dans l.i collection de Wùrtzbourg, un kyste séreux de la rate, de la grosseur d'une noisette, dont la paroi est carlilaginiforme. On ne connaît pas le mode de production de ces tumeurs.
M. Andral rapporte avoir vu un cas de kyste devinoide de la rate contenant de la matière grasse et des cheveux.
Parasites. — Les échinocoques peuvent exister dans un kyste unique ou multiple au sein de la rate. La poche hydatique peut être le siège d'hydatides tilles, comme cela se voit pour le foie. Ces hydatides de la rate sont très-rares. Elles se développent plus fréquemment dans le péritoine qui recouvre l'organe et, se pédiculisant, font saillie dans le péritoine (Charcot et Davaine). Les hydatides de la rate se montrent habituellement avec des productions analogues du foie et du péritoine. E. Wagner a vu un exemple de pentastome denticulé, entouré d'un kyste calcifié dans la rate humaine.
CHAI'ITRE II. — GLANDE THYROÏDE, § i- — Histologie normale.
La glande thyroïde, dont les fonctions sont inconnues, est constituée à peu près sur le même type que les glandes en grappe, à celte difl'érence près qu'elle ne possède pas de conduits excréteurs. Elle se compose de vésicules glandulaires spiiéri(jues ou oblongucs, closes de toutes parts, qui se réunissent en lobules arrondis ou oblongs, séparés par des cloisons de tissu conjonctif plus épaisses que celles qui séparent les vésicules., Les lobules groupés les uns avec les autres forment des divisions plus volumineuses entourées d'une capsule qui se continue avec la capsule fibreuse de la glande.
Les vésicules (jui ont un diamètre de 'i5 à 110 f* (KolliUer) se
CURNIL ET RA.NVIER. 55
composent d'une membrane propre hyaline, d'un revêtement par une couche de cellules é()ilhéliales [)olygoiiales finement grenues i|ui mesuient de 9 à 13 p. Le centre de la cavité close est occupé par un liquide albumiueux. A la place de ce liquide, on trouve, si souvent que cela peut être considéré comme un fait normal, une substance colloïde. Il est très-facile de suivre, dans la glande thyroïde, la dégénérescence coiloïde des cellules épithéliales.On voit, en effet, entre la masse colloïde centrale de la vésicule et son revêtement épithélial, une ou plusieurs séries de couches de cellules qui sont arrondies, qui [)er(leiit leurs noyaux, (jui prennent une apparence vitreuse et(jui linalenieut se confoiulent dans le bloc de substance colloïde qui occupe le centre du follicule.
Lesvai>seau\ sanguins de la glande sont extrêmement nombreux et [)rovieuneut des thyroïdiennes. Ces vaisseaux torment un riche plexus de capillaires autour des follicules.
s; S. — IliNtolosic pa(lioloi;>ifinc.
Les lésions de la glande thyroïde sont extrêmement rares, à l'excefilion du goitre ou hypertrophie du corps thyroïde. L'anatomie path()logi(jue de cette glande ne présente à proprement pailer ((ue des tumeurs.
tiniTiu;. — L'hypertrophie la plus connnune connue sous le nom de goitre consisie dans l'hypertropliie et la néoform ilion de la sub-tance gbindulaire. Les follicules présentent une formation de cellules tl'épilhélium plus aiioudaule qu'à l'état noimal, de telle sorte qtie les follicules s'agi-andissent et euvoienl (les prolongemenls ou bourgeons laléiMux qui euxmêmes s'étranglent et constiluenl des follicules nouM'auv (Ihllroth). Cette hypcM'lrophie des fdliciiles isolés et celte lu'oformalion de follicules t-sl tanh'd réguli''re dans toute la glande, tantôt limitée à ceilains lobules. Dans ce dernier cis il en résulte une tumeur unie à la glande et située sur un de ses côtés ou nue lumcm- (|ui a de la tendaruM' à .s'isider. La glande est somvi'mI liibiib'i' par fliypei Irophie ctuisidérable de (piclquesnns de ses lobules siipcilicicis.
Le plus souNcnl les vt'sjciilcs lU' dilVerciit pas si'usildcMM'iit de l'état normal. Iimmi qu'elle» soient un peu |)In~^\olu mineuses, mais leurs cellules epilln''li des île levêlemen! el leur conleiui liquide ou colloïde >e lappi nelienl lieaiii'oup de l'i'lal physiologique.
CAKClNÙMli; Dli LA GLANnK ÏH YHOÏ Dl':. 997
La distension et l'hypertrophie de chacune des vésicules glandulaires poussées à un degi'é plus considérable amènent la lorniation de petits kystes et donnent une ceitaine mollesse à la glande hypeitroi)hiée {noitre mou). Lorsqu'on examine ces goiires à l'œil nu, on croirait, à un examen snperficiel, avoir aflaire à de gi-ands kystes; mais lorsqu'on en fait l'examen microscopique, on i'econnaît la [irésence des vésicules un peu agrandies maisdonl lès cloisons sont bien nettes. La l'oi'malion de cellules et de liquide ou de substance colloïde continuant, le corps liiyroïde se transloinie en une foule de grands kystes et devient lui-même ti'ès-volumineux [goitre kystique).
Dans une séiie d'autres observations, les vaisseaux capillaires et les petites artères se dilatent, les giosses artères subissent aussi une altération anabigue à celle des anévrysmes cirsoïdes; il en résulte des battements de la tumeur, la saillie des capillaires dans la cavité des follicules et des hémoi'rhagiessan:;uines dans l'intérieur de ces cavités. Tel est le goitre aitémjsnuttùjiie. 11 peut arriver que ces vaisseaux s'incrustent par places de sels calcaires.
D'autres fois le tissu conjonctif de la glande s'épaissit d'une fa(,'Oii tiès-manifcstc et la glande cA surtout constituée par du tissu fibieux (]ui comprinu' les follicules et prend leur pLice. Tel est le (joHrr fllirciu:. Chez les personnes âgées, le goitre fibreux devient de plus en plus dur par suite de la calcification du tissu conjdnctif. La calcilicalion est limit('e ou bien elle envahit toute la tumeur [noUrc picrreu.v).
TtiBERCuLi'S. — Nous avons décrit les tubercules du corps thyroïde à la page 205-!2t)6 d'après un fait qu'il nous a été donné d'observer, nous avons suivi le développement de la néofoi'maiion qui se faisait aux dépens des cellules d'épithéliuin aussi bien (|ii'aux dépens du tis-u conjonctif de la glande. Ces tubercules sont extrêmement rares, mais ils ne dilVt>rent pas par leur aspect à l'œil nu et par leur structure histologi(|ue (les tubercules des autres organes.
(lAiir.iNÔMK. — Les carcinomes secondaires du corps thyroïde sont exlrèmement rares et nous n'en connaissons pas de description liistologi(|ue. Les tumeurs primitives décrites sous le nom de cancer enci-plialoïde sont aussi de la plus graiiile rarclé. Klles sont assez Vdliimiiieuics, et, |>ar leur extension au tissu coiiioiiclil' voisin, elies ont de la tendanee à proéminer dans la
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cavité de la trachée-artère et de l'œsophage et à se conduire au point de vue sympfomalique comme s'il s'agissait d'une tumeur cancéreuse de ces conduits. Leur description histologique n'a pas été donné. Le fait suivant que l'un de nous a observé cette année dans le service de M. le professeur Bouillaud suppléé par M. Hayeni, nous fait supposer qu'il s'agit, dans ces cas de tumeurs primitives de la glande thyroïde, d'épithéliômes et non de carcinomes.
In malade chez qui on avait diagnostiqué pendant la vie un épithéliôme de l'œsophage présenta à l'autopsie des bourgeons mous intihrés de suc laiteux développés dans le tissu conjonctif du cou et faisant saillie sous la muqueuse œsophagienne soulevée et amincie à leur niveau. Ce tissu conjonclif infiltré de grandes cellules à noyaux volumineux et à nucléoles brillants ressemldait complètement au tissu du carcinome encéphaloïde, à cette difféience près qu'il n'y avait pas d'alvéoles léguliers nide néoformaiion de tissu conjonctifet qu'il s'agissait uniquement d'une infiltration du tis?u préexistant par des cellules volumineuses. Le corps thjroïde présentait, à ce même niveau, une dégénérescence de son ti su qui était infiltré de suc laiteux contenant les n)ômes cellules volumineuses.
L'examen fait après durcissement de la pièce a montré que les parties dégénérées du cor|)s thyioïde présentaient la même disposition générale que les jjurties saines, et que la néoformation consistait dans une Iransfoiinatipn in nitu des cellules épithéliales des follicules en de grosses cellules claires munies de noyaux et de nucléoles volumineux. Dansla plupart des follicules altérés, ces cellules sont dis|)osées en mie seule rangée: elles sont i)lus longues que larges, parallèles entreelles et implantées sur le tissu cellulo-vasculaire qui circonscrit les follicules, tlles ont une forme irrégulièienu'ut cylindriciue et leurs gios noyaux ovoï<ics sont tliiigés dans le nuMue sens. Sur d'autres follicules elles forment plusieurs couches et il y a une desquamation de ces grosses cellules dans la cavité du follicule.
La |taroi de ers follicules présente souvent une ou plusieurs \égétations cellulo-\asculaires minces q-ii y font saillie et (jui st)nl recouvertes par une couche des cellules [trécédentes. Le (cnlrc de ces végéialious piésente des c(dlules end)ryonuaires de même (jue le tissu conjonctif périfollu'ulaire. Toutefois celte nécttornialioM est peu ahoudaute et les cloisons inlerl'olliculaires ne sont pas (''|iais-ics. A la limite de limpl inlalion des cellules ('■pithidialcs sur le tissu cellulaire, ou remarque une couche de
ÉPITHÉLIÔME DE LA GLANDK TllYKOÏnK. 999
cellules aplaties à noyau plat qui, sur les sections minces, font l'elTet de cellules en fuseau.
On pouvait suivre très facilement surtoutesles prépTrations le passage des follicules normaux au degré le plus élevé de l'altération. Les cellules des follicules normaux s'hyitertrophient dans tous les sens, la substance colloïde contenue dans la cavité du follicule diminue peu à peu et linalement est résorbée complètement lorsque les cellules épithéliales sont devenues trèsvolumineuses et se détachent de la paroi pour devenir libres dans la cavité. Ces follicules altérés forment des îlots ou la dégénérescence est visible à l'œil nu; mais, même dans ces îlots qui sont le plus malades, on peut voir encore des follicules presque normaux, dont les cellules sont peu hypertrophiées et qui possèdent encore de la substance colloide. La même cloison cellulo-fibreuse qui sépare deux alvéoles présente souvent d'un côté une i-angée de cellules normales ou presque normales, de l'autre une rangée de grosses cellules.
Ce mode de développement de la tumeur se lapproche du carcinome du poumon pour ce qui concerne son origine aux déi)eMs des cellules épithéliales préexistantes dans les cavités normales de l'organe. Les végétations qui font saillie dans l'intérieur des follicules et qui se recouvrent de cellules nouvelles sont l'analogue de ce qu'on observe dans les conduits galacfophores compris dans les tumeurs du sein.
Huant à ce qui concerne la nature de la tumeur, nous la regardons connne un épithéliùme dans lequel les cellules préexistantes hypertrophiées et formées en abondance sont cylindri(|ues quand elles sont en place, mais irrégulièrement polyé(h-i(|ues ou rondes quand elles sont libres. Comme, en outre, la néoplasie du tissu conjonctif ne reproduit pas la forme de tubes tapissés de cellules cylindriques, mais consiste simplement dans une intillration de grosses cellules entie les libres du tissu conjonctif, on ne peut pas en faii'e un épithéliùme à cellules cylindiiques. Il est d'un autre côté difficile de classer cette tumcui' dans le carcinome parce que les néoformations du tissu conjonctif ne présentent p;is l'aspect régulier de la trame du carcinome. C'est une forme d'é|)itliéliôme intermédiaire aux types qui nous ont servi h élablii' la classilication des tumeurs. 11 faut bien savoir-, en effet, que certains laits isolés de tunnuas ne rentrent pas absolument dans la description d'un type délini, çl qu'ils établissent le passage d'une vaiiété à une auti-e.