LÉSIONS DES CAPSULES SURBÉNALES DANS LA MALAQJE BRONZÉE
médullaire, et elles sont entourées d'un tissu embryonnaire. Mais, dans les cas oii il exisie des niasses plus volumineuses, toute la glande altérée peut être transformée en un tissu jaunâtre, caséeux, ramolli parfois et pul[)euv ; ou bien, tandis que le centre de la glande est jaune et ramolli, la péripiiérie peut être dure, de consistance iibreuse et gi-ise. Dans cette transt'or niation complète de la glande, qu'il est assez difficile de définit anatomiquement, parce qu'il n'y a plus que des éléments remplis de fines granulations graisseuses ou du tissu libreux, il ne reste plus aucun vestige de la glande normale. C'est cet état qu'on trouve assez souvent dans les autopsies de malades moits avec la cachexie bronzée décrite par Addison.
La lésion qui s'observe le plus fréquemment dans les autopsies de maladies d'Addison consiste dans une mctamurphosf fibro casénise du la glande, ou inflammation chionique interstitielle, caractérisée paria foi'matinn nouvelle d'un tissu conjonctifdoni la partie centrale est en dégénérescence caséeuse. 11 est difficile, en face de ces cas, de dire si l'on a ou non affaire à une lésion tuberculeuse, l'ar leur apparence et leuf dégénérescence, les glandes ainsi modifiées se rapprochent des ganglions lymphatiques scrofuleux ; mais on doit recoiinaitre que bien des doutes subsistent encore sur la nature de la nuiladie.
I>ans cet état, la glande surrénale est augmenti-e de volume; elle peut atteindre 12 centimètres dans son plus grand diamètre, et elle est large et épaisse en proportion. Sa forme est ovoïde. La partie ramollie peut se transformer eu un kyste séj'cu.v.
La tuberculose, riiitlammation chronique avec dégénérescence caséeuse qui en est si voisine, constituent la grande majorité des lésions des capsules surrénales qui coiiuident avec la maladie bi'onz(''e d'Addison. Les deux capsules sont prises en génériil à un degré diflereiit ; quehjuefois l'une d'entre elles est normale.
Nous ne t'Miterons pas d'eqiTrjuer comment il se peut faiie que la lésion des capsules produise l'ensemble des signes caractérisii(|ues de la maladie bronzée, c'est-à-dire la pigmentation du C(u-psmuqueux de la peau et desmuqueuses, l'anémie et les troubles digestifs ; les ex[)lit:ations physiologiques (jui en ont été données sont loin de nous paraître satisfaisjuites. La lésion des centrt!S nerveux de la capsule surrénale et du grnnd sympalhi(|uc entre probablement pour une part dans le phénomène de la pigmentation. Il faut bien savoir aussi que, très-fré(juenH
ment, on trouve des lésions des capsules, telles que le cancer, les tubercules, et même un étal intlammatoire caséeux porté à un assez haut deiiié, sans que la peau ait été pigmentée. Nous avons eu l'occasion de voir un assez grand nombre de ces laits à la Société anatomiijue. M. Béhier a insisté avec juste raison sur cette non-coïncidence de la lésion des capsules avec la maladie bronzée. La fréquence des lésions tuberculeuses ou caséeuses de la capsule, sans qu'il y eût maladie bronzée, est telle que, d'après le relevé de Klebs, sur lui cas de lésions de la capsule il y eut 100 fois coloration bronzée de la peau, et dans les kl autres faits, la peau ne présentait aucune coloration.
.Mais, d un autre côté, la maladie bronzée d'Addison bien caractéi'isée, lorsqu'on a eu soin de la distinguer cliniquement de la mélanémie, des fièvres intermittentes et de la cachexie avec i)ignientation cutanée des tuberculeux et des cancéreux, coïncide à peu près invai'iabhîment avec une lésion très-profonde des capsules surrénales. C'est la tuberculose, ou l'état intlanunatoire ciiioniquo avec dégénérescence caséeuse, qui s'observe le plus souvent alors; et nous savons que ces lésions ont pour résultat de détruira complètement la glande, aussi bien dans sa snbstance médullaire que dans sa substance corticale. C'est ce qui résulte des relevés faits par MM. Martineau, Jaccoud, Hall, etc.
Les altérations des autres organes, qui s'observent avec la coloration bronzée delà peau, sont extrêmement variées et multiples; mais on |)eut dire (|ue la tuberculose puhnonaire et la scrofule en sont les coïncidences les plus iiabituelles.