‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 68 sur 146 · GRANULATIONS DANS LA NÉPHRITE LNTERSTITIELI.E · texte numérisé non relu

GRANULATIONS DANS LA NÉPHRITE LNTERSTITIELI.E

- Section passant « travers «ne granulation d'un rein atteint de népluito interstitielle.

Les tubes contourniis m, »i, qui constituent la granulation ont conservé leur volume normal et leur revêtement épithélial. Les cloisons de tissu conjonctif qui les entourent ne sont pas épaissies. Au contraire les tubes uriniféres i, e, qui entourent la granulation sont atrophiés à un très-haut point en même temps que le tissu conjonctif f est très-épais et fibreux. Dans quelques tubes atrophiés d, c, on voit les cylindres hyalins.

Les glomérulesa, a, f, p, sont plus ou moins atrophiés et fibreux. Autour du glomérule n le tissu conjonctif est très-épais, dense, et les tubes urinifères sont arrivés au degré d'atrophie lo plus élevé. Les glomérules f, f, sont Irèô-atrophiés et l'un d'eux esta [ii'inc reconnaissnble.

A la partie gauche de la figure, on voit la section longitudinale et la section transversale d'une artériolo atteinte d'nrtéritc chronique: A, membrane externe; h, membrane moyenne do l'artère dont la membrane interne o, comprise cuire la lamelle ébisliqno ;< et la luiniéie rétrécie de l'artère, est très-épaisse et atteinte d'ondarléiilo. Grossissement de ÇO diamètres.

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du glomérulo et ces glomérulos eux-mêmes. Ce sontpre'cisémeut ces derniers éléments, les plomérules et les tubes qui y arrivent, qui sont atrophiés et entourés du tissu conjonctif épaissi. C'est là que se fait l'atrophie avec rétraction.

Lorsqu'on examine une section du rein au microscope, on voit, autour des glomérules, le tissu conjonctif former des zones concentriques de lamelles entre lesquelles existent des cellules plates ou étoilécs, ou de petites cellules rondes. En dedans de ce tissu conjonctif, le glomérule lui-même a subi des altérations variées. Son diamètre ne représente plus que les deux

Fiir. 330. — Olium'-rnlo isoli" A In 8nrfnco d'un roin nttoint ilo ni'-plirilo iiitprstiliollp : n, n', rnoinlirnno ilo In onpsiilo dénlit^o ot pliciit-o sons riiidiionrc do l'oiiii noiililii^o; II, vosIIki'» ili's iiiisiid vasi'nlaiirs du «linnàriilK. I.n oonloiiii do In rnpside glnmi-ru- Inirt" iiioiiti'o, onoiitri' df» viushmiiix, dr'< (•eiiidi'H ot dos granulotiiiDs )(i'nisgoni«>s ot rnjriiiicu. r,rii«>i»M'iiHMil do iiO iliiiiiiolii's.

tiers, la nmitii', le licrsoii même moins de sou (lianictri* ordinaire. I.a |tartic superlicielle des reins aUeints de iii'phrilo interstilielle ninntre en géïK'ial une grande qinniité de glomérules lr('s-ra|iprocliés les uns des autres en raison de rati-o|)liie des tnltesqui-les st'itarciit. Il n'y a jias, en elVel, de partie du rein où la It'sion soi! plus pioïKiiMée qu'à la surface, sous la capsule. La capsule anhisle du f^Ionn'rule <'st généralement reveime fur olle-même et tassi'e ; <piei<piel'ois elle préseiHe des plis concentri(|urs <pii piiunaii'iil l.i f.iire ^iiiMidri' putir du tissu (oujoiulif

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à couches concentriques et parallèles. Mais quand on isole (ce qui est facile parle raclage de la surface interne de la capsule enlevée) les glomérules entourés de leur capsule, on peut voir la capsule se détendre, se déplier et présenter l'aspect d'une membrane plus ou moins froissée qui aurait été contenue dans un espace trop restreint pour elle (fig. 339). L'action de l'acide acétique, en gonflant cette membrane, la rend bien évidente; la figure 339 représente précisément un glomérule isolé et traité par l'acide acétique. Dans ce cas, la membrane qui formait des couches concentriques et des plis circulaires autour de la masse granuleuse contenue dans son intérieur, s'est distendue et présente des plis irréguliers, en même temps qu'on voit dans son intérieur les cellules granuleuses et les granulations calcaires qu'elle renferme. On peut constater parfois très-nettement, sur des coupes fines de reins atteints de néphrite interstitielle peu avancée, que la capsule anhiste des glomérules est épaissie : elle montre alors, à sa face interne, des cellules aplaties à noyau ovoïde et saillant. La membrane propre hyaline du glomérule est loin d'être toujours conservée dans la néphrite interstitielle, et bien souvent la paroi de la cavité est formée simplement par le tissu conjonctif voisin. C'est ce qui a lieu dans les points où le tissu conjonctif de nouvelle formation est le plus abondant.

Le bouquet artériel du glomérule est déformé, ses anses vasculaires sout unies par un tissu conjonctif épaissi contenant des éléments cellulaires, 11 s'atrophie de plus en plus et représente, àjun moment donné, une masse presque homogène, irrégulière à sa périphérie, mais dans laquelle on ne reconnaît pas toujours l'apparence de vaisseaux. A mesure qu'il s'atrophie davantage, le bouquet vasculaire contientmoins d'éléments embryonnaires, et il ne renferme plus que quelques cellules étoilées placées dans une petite masse de tissu libroïde. A la surface de ce petit bourgeon qui représente le glomérule, et à la surface interne de la membrane glomérulaire, existent dos cellules granuleuses contenant soit un peu de graisse, soit des granulations calcaires. Souvent toute la cavité de la capsule est distendue et remplie de granulations de cette nature.

L'ensemble du glomérule se montre alors à l'œil nu comme un |)etit point jaune ou gris et opaque; au microscope, comme une petite masse ronde noire et opaque, qui s'éclaircit avec elVervescencc sous l'influence de l'acide acétique et de l'acide chlorhydri<[ue.

Presque tous les glomérulos sont plus ou moius altères, et les tubes qui en partent sul)issent une atrophie analogue, en même temps qne le tissu conjonctif qui les entoure est notablement épaissi par la furmation de cellules et de fibres de tissu conjonctif. Cet affaissement et même cette disparition totale des tubes sinueux voisins des glomérules fait que ceux-ci viennent presque au contact les uns des autres, séparés seulement par du tissu conjonctif, dans toute la zone périphérique des granulations.

Quelquefois on trouve des glomérules dont les vaisseaux sont atrophiés et dont la cavité capsulaire est remplie par une substance colloïde : ce sont des kystes colloïdes développés dans

•Vfife.

A. - » '■ . '-fe--

Fil?. 3i0. — Ni''|ilirito iiitersfitiollo ot kystos colloldni: ilii rein: A, petits kystes provenant lie la ilUtensiun ilo Bloniérnles : n, vestiKOs dus vaissuuiix on partie iitropliiùs des KlriiiiiTnlrs ili'venns kystirpies; H, tuljcs tirinirèrcs ; C, stroma /-paissi du rein. Grospjpsenii'hl de -iO diamètres.

un gloMu'rulc (voyez A, fig. 3.'iO). I>ans ces kystes, il existe encore, à la surface interiu' de la capsule et à la siufaee du l)ouquet glomérulaire, (|uelques celluU's a|)lalles.

I.e contenu des tubes qui ont consiuvé leur diamètre normal au centre des granulations, est composé tantôt de cellules normales, tantôt de cellules granulo-graisseuses ou coUoïdos, et leur cavité centiaU" njonire des cylindres Iiyalins ou cidloïdes. D'autres fois ou y trouve une grande (iiianlilt' de gloluiles sanguins. Dans le premier cas, le ceuli'e de la giauulatioii est seini-lranspareiil ; dans le second, il est opaqiu* el jauu.\lie ou rouge. Huant au\ luîtes atropliii-s, leurs cellules son! pc'liles;

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elles ont absolument perdu les caractères de cellules sécrétoires (voyez fig. 333), et elles sont aussi plus ou moins granulograisseuses. Il y a presque toujours des cellules des tubuli qui sont remplies de pigment sanguin ; celui-ci se tiou\e au centre des tubuli et leur donne, à un faible grossissement, une couleur jaune brun caractéristique. Les gaines anhystes propres des tubuli sont normales dans les tubes du centre de la granulation ; dans les tubes atrophiés, la membrane est tantôt absente et confondue avec le tissu conjonctif voisin, tantôt elle est plus épaisse qu'à l'état normal.

Les pyramides de Malpighi ne présentent pas de lésions aussi marquées; l'atrophie des tubes de Henle et des tul)es collecteurs, l'épaississement du tissu conjonctif sont loin de présenter la même intensité. On trouva là, toutefois, de même que dans les tubuli de la substance corticale, de nombreux cylindres hyalins qui remplissent plus ou moins les tubes collecteurs et les tubes de Henle.

ri-'. 341. — Section faite à l'état^frais perpendiculairement à la surface du rein. La surface du rein m m', dépouillée île sa capsule fibreuse, est hérissée de kystes, les uns vides, 0, les autres présentant un contenu colloïde et des cylindres granuleux c. On voit en n la masse colloïde à couches concentriques de plusieurs do ces petits kystes. — a, paroi d'un kyste multiloculaire dont le cylindre granuleux c se continue en d dans un tube nrinifère. — a', paioi d'un autre kyste q\ii est tapissé par des cellidcs épithélialcs h' et qui contient une substance colloïde en couches concentriques uu contre do laquelle se trouve un cylindre granuleux. — v, artériole dont les tuniques sont épaissies. Grossissement do 60 diamètres.

Au degré le plus avancé de la néphrite interstitielle, on trouve, comme cela a été dit plus haut, un tissu homogène

semi-transparont. Sur uno soction examinée au microscope, on voit là presque uniquement des gloméniles atrophiés au point de ne plus avoir aucun caractère qui rappelle leur premier état, des kystes visibles presque uniquement au microscope, et de" tubes urinilères contenant des cylindres colloïdes. Les glomérules de Malpighi sont réduits à de petits globes sphériques de tissu fîbroïde; les kystes microscopiques sont quelquefois tellement rapprochés les uns des autres qu'une section qui passe par la surface du rein les montre hérissant cette surface comme autant de petits grains en grappe et au contact les uns des autres (fig. 3/H).Ilssont tous remplis d'une substance réfringente, colloïde, de couleur jaunâtre ou incolore, et ils sont certainement développés aux dépens des tubes urinifères. A côté de ces kystes, en effet, on voit des sections de tubes urinifères très-atrophiés, et qui néanmoins sont remplis par un cylindre colloïde les kystes eux-mêmes contiennent très-souvent un cylindre colloïde ou granuleux à leur centre, et l'on peut voir, en faisant varier la distance focale, lorsqu'on examine un point un peu épais, on peut voir un de ces cylindres, contenu dans l'intérieur du kyste, se prolonger dans un tube urinifère situé sur un plan iuféi-ieur.

Fiif.3J2. — Sci>li<in rlii rein ilnnu un rn« iln ni'plirile inlorililii'llo lri"'«-nvnnri''0. — n, lion c'iinjiiiirtif furiin^ de liliri'n rt ili' oulliili'» plutôt. — h, scclinn il'iiii lnli« nriiiif^Ti' nli'ii|iliii'- ipii (iri^ii-nli- nii inilii-ii «li- nn Inniiéro In f"(>i'lion il'iin petit rylimlii' fol- Idliln. /,^ iiii (iilii- iiriiiir<'i'i< l'iinli'iiiint iin«»i un cyliiiiln" oollmilo l'I iliint li's ci'IImIp» /•pilliélinlc» «nnt nplnlii'ii. — g. Inln- iiiinifiTc. — r. i'cIIiiIim pintes de n-vèlomenl cl lin kvule fiirnii' iiiix ilvpenu île» tiilie» urinifère» et ipii rnnlient une siilmliuieo eiilliiiilu r A jiiiiieii eonrnnlrii|iiei> ol un ninn» Krnnnleux ceiiliiil f, r<iriné de urnnnliillon» iriii^mnline. — ?• , vninjenii nnn^iiin. (iromliM-nieiit- de 200 dinnièlre».

Lfs li)l)c>i urinifères atrophiés ipii p(>i'sislcnl au unliiMi du

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tissu conjonctif nouveau et les kystes ont une structure trèsvoisine, en ce qui concerne leur paroi, leurs cellules et leur contenu colloïde. On voit, en eflet, sur les coupes transversales des tubes très-étroits, une menibiane hyaline mince à l'inlélicur de laquelle se trouve accolée une couche unique de cellules cubiques ou prismatiques, munies d'un noyau rond ou ovoïde et se colorant très-bien par le carmin. Au centre du tube existe presque constamment un cyli idre coUoide.

Fipr. 3i3. Tnbeurinifère transformé en tin petit kyste colloïde. Le tissu eonjonetif n est lïbreiix et formé de ûbres parallèles à la paroi du kyste. Les cellules épithéliales ?< sont pins ou moins aplaties et munies de noyaux. En dedans de cette couche on voit des cellules colloïdes c, et au milieu de la ligure une masse colloïde e. formée de couclies concentriques. Grossissement de 250 diamètres.

Les kystes colloïdes offrent la même structure. On y trouve aussi une membrane hyaline sans éléments cellulaires, appliquée contre le tissu conjonctif qui est tassé autour d'elle. Dans ce tissu, les éléments cellulaires sont aplatis et dirigés, comme les fibres, suivant des cercles concentriques à la capsule du kysfe. A l'intérieur de celle membrane capsulaire, on trouve

Im?. 314. — Section d'un kyste à contenu colloïde plus yolumineux que le précédent : «, tissu coujonctif libreux ; 6, revêtement épitliélinl formé par des cellules plates. A l'intérieur de ces ccllub's il existe plusieurs couches de cellules colloïdes r, qui se détruisent et se confondent en une masse colloïde grenue e. Grossissement de 250 iliainétres.

un revêtement complet de cellules soit cubiques dans les petits kystes, soit un peu aplaties dans les kystes plus distendus, mais présentant tonjours un noyau. Kn dedans de cette première

couche, on en voit souvent une ou deux autres qui ne possèdent pas de noyaux et qui sont globuleuses, sphériques, transparentes, transformées en petits blocs arrondis de substance colloïde. C'est, croyons-nous, par la fusion de ces éléments que se frome la substance colloïde qui remplit le kyste. Cette substance est tantôt homogène tantôt grenue (c, lig. otiU), tantôt formée de couches concentriques transparentes, réfringentes, légèrement teintées en jaune, surtout au centre de la figure (voy. e, /", fig. 3/i2 et 3/;3). L'acide acétique, en gouttant toute la masse , fait disparaître l'apparence de ces cercles concentriques. Au centre même, on aperçoit soit un véritable cylin-

Fis;. 315. — Coiipo ilo deux liibes urinifères kystiques remplis do ranlièi-e colloide n ml milieu do inquello on voit des cylindres iiyalins do mi^mo nature 6 b',

dre c(ili()ï(U^ plus ancien, plus réfringent et plus jauiu' que les conciles péripliéri(|ues, soit une petite masse de granulations jaunes qui proviennent, suivant tonte proiialùlité, de gIol)ules louges (hi sang niodiliés. Tout porte à penser qu'après la destruction par rinflatnmation des celhHes nmniales des tubes contournés, il s'est refoi iné des celhiles n'ayant plus les caractères des cellules sécrétoii-es, mais alVeclant la forme ciil)i(|ue ou aplatie, et (|ue ces cellules subissent la (ransformation colloïde et se fusioniuMit en une substance ccdloïde qui va s'agrandissanl par le dépôt de couches successives, en même tenqts que de nouvelles cellules deviennent C(dloïdes à la p«''ri|>liéi-ie. Dans celte conception de la formali(Ui du contenu colloïde des kystes, le centre et les ctuiches centrales seraient, par- cons('(|uenl, les plus anciennement fornu's.

Ces kystes ne sont pas toujoius conslilués par la (lis(ensi(m en un poini d'mi seul tube : plusieurs de ces kystes, en elVet, peuvent se fonilre en un seul busipu' le tissu coujouclif forme,

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