INFLAMMATIONS CIRCONSCRITES DE LA PEAU. PUSTULES
des vaisseaux. Les anses vasculaires s'avancent, au niveau du plancher de la pustule, jusqu'à l'extrême limite du derme. Les papilles sont, sur ce point, dépouillées de leur revêtement épithélial, et le tissu duchorion, atteint par l'inflammation ditTusc, est transformé en tissu embryonnaire. Ce fait explique pourquoi, tandis que la phlyctène et la vésicule ne laissent aucune trace, la pustule variolique en laisse d'indélébiles, dues à la destruction plus ou moins complète du corps papillaire audessous du point où elle s'est produite.
La cavité anfractueuse de la pustule est cloisonnée par des fllaments anastomosés, dont la disposition paraît analogue, au premier abord, avec celle des faisceaux conjonctifs délicats du tissu réticulé. Un certain nombre de ces filaments, à disposition arciforme, proviennent de la rupture des cellules du corps mu-
Fig. 361. — Section de la peau soulevée par des pustules varioliques coulluentcs : S, vaisseau dilaté d'une papille ; S', globules rouges, et M, cellules lymphatiques situés dans le réticulum qui remplace la couche de Malpighi ; N, couche de Malpigbi modifiée ; E, couche épideimique contenant des cellules vésiculeusos O.
<]ueux, devenues glol)uleuses et ouvertes les unes dans les autres. Mais il n'existe pas seulement, dans la cavité de la pustule, des travées formées par les restes des cellules vidées de leur contenu, mais encore on voit de très-tins filaments, qui s'étendent du chorion à la couche de l'épiderme qui, soulevée avec la couche cornée, forme la voûte de la pustule. Du sommet de clwKjue pai)ille dénudée (jui lait saillie sur le plancher de la pustule, on voit partir un pinceau de ces filaments qui, au
1200 MALADIES DES OKUANES.
premier abord, paraissent se continuer avec les fibrilles du tissu conjonctif papillaire. Ce n'est là qu'une apparence, car on sait actuellement (Ranvier) que la substance fondamentale du tissu conjonctif se termine sous le corps muqueux par une série de dentelures destinées à recevoir celles des cellules crénelées, et que le derme n'envoie dans l'épiderme aucun prolongement librillaire. Le réseau qui vient d'être décrit a une existence constante, il est possible qu'il représente la substance unissante (Kittsubstanz) intermédiaire aux cellules du corps muqueux. il na, contrairement à l'opinion de quelques auteurs, aucune part dans l'ombilication de la pustule. Celle-ci dépend, lorsqu'elle existe, de ce que le centre de la lésion étant déjà creusé d'une cavité cloisonnée, la pustule continue à s'accroître à la périphérie (Foerster). Les cellules épidermiques étant gonflées déjà, mais non encore vidées à ce dernier niveau, il en résulte une saillie comparative en forme de bourielet circulaire.
Les poils et les glandes ne prennent aucune part à la formation des pustules de la variole (Charcot). Le cloisonnement de leur cavité rend compte de la solidité qu'elles présentent. Aussi ne se déchirent-elles pas. Mais quand leur contenu a suppuré, leur voûte se ride et s'affaisse, et il existe au-dessous d'elles une petite ulcération du derme qui bourgeonne, suppure elle-même, et guérit avec destruction du corps papillaire, laissant une cicatrice enfoncée, caractéristique, <iue cette destruction même a rendue inévitable. Cette cicatrice n'existe que dans la variété de pustules appelées diplithéri(|iies, et dans lescjuelles il s'est |)i(tduil une vérital)le nécrose du derme, consécutive à l'inlillratiun de lil)rine ou de pus dans les mailles de ce dernier. C'est ce qui arrive dans la variole conlluenle. Les pustules simples, celles de l'impétigo jiar exemple, ne laissent au contraire aucune' tiacc [larce <|ue le chorion n'est pas sphacclé au-dessous d'elles.
Tt'HEncuLEs. — • Lois(|u'unt' inllaninialioii chronique se produit dans les parties profondes du derme et s'y maintient, ce dernier revient à l'étal emliryounaiie d'aiiord, puis soulève les parties superlicielies de la peau et forme une nodosité qui donne au loucher la sensation d'une iinliirittiiin jirufondi' nironscrite. C'est là ce qu'on ap|M'lle en (h'rmalologie un tubercule. Les cara( leres de chacun d eux seront iiulii|ués à propos des manifeslalions cutanées de lu i^yphilis, de lu scrofule, de lu Upre, de