INFLAMMATIONS CIRCONSCRITES DE LA PEAU, SUDAMINA
la morve, etc., qui s'accompagnent ordinairement de tubercules cutanés. Un tubercule, quelle qu'en soit la nature, peut d'ailleurs ou s'ulcérer, ou se transformer en une nodosité fibreuse, ou même se gangrener, suivant que la maladie qui l'a produit a des tendances régénératives, formatives ou gangreneuses.
Inflammations circonscrites périglandulaires. — Les inflammations circonscrites périglandulaires sont souvent dans la peau le résultat de l'accumulation du produit de sécrétion dans l'intérieur de la glande ou de son canal excréteur. C'est de la sorte que se forment les sudamina, les principales formes de l'acné inflammatoire, et les pustules qui se forment à l'entour des poils dans le sycosis inflammatoire ou dans la forme appelée arthritique par M. Bazin.
Sudamina. — Quand la sueur se produit en quantité excessive, comme il arrive dans le rhumatisme articulaire aigu, ou dans certaines fièvres, on voit apparaître à la surface de la peau de petites élevuresphlycténoïdes à contenu d'abord transparent et qui ressemblent à de petites gouttes de rosée semées sur la peau. La réaction du liquide contenu dans la phlycténule est nettement acide au début (Lailler), ce qui distingue de toutes les autres sécrétions morbides celle des sudamina, contrairement à l'assertion de Neumann {HandBook, p. 160) qui l'a trouvée alcaline.
Le contenu des sudamina consiste en des globules blancs absolument identiques avec ceux du sang et tellement nombreux, que dans une goutte de liquide prise sur une phlycténule récente, ils paraissent se toucher les uns les autres. Mais au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures, les sudamina qui ne se sont point vidés par rupture spontanée sont devenus opalescents ou jaunes, [.eur contenu est alcalin, comme tout liquide purulent, et les globules blancs qu'il renferme sont devenus granulo-graisseux, c'est-à-dire qu'ils se sont transformés en corpuscules du pus.
Lorsqu'on pratique des coupes transversales de sudamina récents passant par l'orilice de la glande sudoripare, on voit d'abord des cellules épidermiques accumulées dans cet orifice même et soulevant légèrement les couches cornées. Les coupes de sudamina complètement développés montrent qu'au niveau de l'orilice du canal glandulaire et dans le corps muqueux de Malpighi, s'est développée une phlyctène très-petite
au-dessus de laquelle les couches épidermiques foraient une voûte, et qui renferme des globules blancs serrés les uns contre les autres, il est vraisemblable que le liquide dans lequel nagent ces globules est la sueur elle-même, puisqu'il présente une réaction constamment acide.
FiL". 36J. - Section d'uo MiJamioe dont la cavité et le contenu se trouvent nu niveau du passage du conduit d'une glande sudoripare ù travers l'épideruic.
Pustule cVacné. — Inflammation phlegmoneiise des glandes sébacées. — Elle est consécutive à la distension de la glande sébacée devenue kystique et remplie par des cellules épidermiques soudées à la périphérie et ramollies au centre. Autour
Fiï. 303. — Accumiiintion ilo cullidon l'-i'iiltu'niiiinos dnnt U- cnnilnil d'une (;lnndo «luioriparu au nivunu du la euuche ('■pidd-inii|iia duu!< un i>udamin« depoAclii) ot alFaiMO.
de la nlaiide kyslicpio dnnt le comIimiu consliluc un corps étranger dans l,t peau, il se prodiiil une petite derniite congestivc. De là liiiduration inllaMinialoirc de 1 1 pustule acnéique.
INFLAMMATIONS CIRCONSCRITES Dli LA PEAU. ACNÉ. 1203
Tout autour de la glande les cellules embryonnaires s'accumulent, de sorte que celle-ci se trouve isolée. En même temps, au pourtour de l'orifice glandulaire obturé, il se- produit des lésions du corps muqueu.v analogues à celles qui accompagnent le développement de la pustule variolique ; l'épiderme se rompt enfin, et l'on peut extraire par piession le contenu glandulaire (comédon) qui baigne dans le pus du petit abcès périfoUiculâive. Ld terminaison par induration de cette petite lésion est commune, il se produit alors autour de la glande une inflammation chronique absolument identique avec celle qui se montre autour des kystes sébacés ou loupes (voy. p. 81). Si les glandes acnéiques sont voisines les unes des autres, comme au niveau du nez, on voit souvent dansées cas se développer l'ac/ié hypcrtrophique. Chaque glande est à sa périphérie entourée d'une zone embryonnaire qui s'organise peu à peu en tissu fibreux, tandis qu'une nouvelle couche de cellules indilTérentes se produit entre le tissu fibreux déjà formé et le sac foUi-
Fifç. 304. — lullamuiatioti (l'une glnndo siulori|Mire dans une [dacine muqueuse sy[iliililique. Les scctionp dos tubes du glouiérule sont les unes du diauiOtre normal 1, les autres plus considéraliics, 2.
culairc. En même temps les vaisseaux des glandes deviennent variqueux, il s'en développe en outre dans le tissu de nouvelle formation interposé entre les glandes. Il résulte de là des productions exubérantes connues en dermatologie sous le nom de molluscum aciiéiquc, et qui parfois deviennent très-nettement [tédiculées.
l/infiammationqui se faitautour des poils atteints d'cczfw^/ ou (ici)ityriasispilaris détermine la production de [lustules (pus-
tules du sycosis). Ces dernières ont pour origine Taccumulation de l'épiderme dans la gaîne du poil, et le mécanisme de leur production ne diffère pas sensiblement de celui de la pustule acnéique.
L'inflammation localisée au niveau des glandes sudoripares a été considérée conmie la cause de l'ecihyma, du furoncle et de l'anthrax, mais il est difficile de dire si véritablement ces derniers ont pour origine une inflammation du glomérule. L'inflammation de la glande est plus facilement suivie. Dans la peau enflammée spontanément ou expérimentalement, les cellules glandulaires prolifères, renferment de nombreuses cellules embryonnaires. Dans le tissu cellulaire lâche qui environnela glande, une infiltration cellulaire se produit également. Enfin les portions du glomérule adjacentes les unes aux autres s'ouvrent lesunes dans les autres, et ce dernier prend un aspect caverneux. La disparition des glandes sudoripares s'efl'ectue plus ou moins rapidement par ce procédé dans la peau enflammée clironiquement, ou au voisinage des tumeurs de cette dernière.
§ 6. — Remarques générales sur les diverses teiidanecs et les divers modes d'évolution des inllamiuatious cutanées.
Nous avons vu que les inflammations de la peau ont une grande tendance, dans nombre de cas, à revêtir la forme conye.s7ite dont l'érysipèle est le type. D'un autre côté, on ne voit presque jamais dans la peau de suppuration dill'use. Le type de la iliiinilc siqipitrce est l'inflammalidii luistiileuse de la variole qui se fait |iar points jihis ou moins distants. Inveisenient les inflammations fij/jnijildstii/itcs de la peau sont fréquentes, de même '\uc les iii/liitiininlioits drtiriiéritlircs, et reçoivent le plus souvent, des maladies giMit-rales dont elles sont la manifestation locale, un carlict iiarticulicr.
1. Inii.am.mathins iivi'r.iU'i.ASTKirES, hehmitks mhimativks. — On sait qu'une irritation prolonf;é(! du derme abtuilil à la production (l'une dcrmile liypeilrophiquc et (|u°il se forme niènu> ainsi (les proiluclioMs voisines des luineiMs (|)a|)illomes dilVus de la peau). Celte tendance à la formation du tissu fibreux n'est jamais plus mar<|U('M' (|ue dans les inflammations sypliilili(|ues de