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Sang

des mégaloblastes. On voit souvent des normoblastes de grande taille. On observe des globules rouges nucléés en karyokinèse.

Dans la myélocytémie, comme dans la lymphocytémie, du reste, il existe une diminution plus ou moins grande du nombre des globules rouges avec diminution de la valeur hémoglobique. D'une manière générale seulement, et en comparant des types cliniques semblables, on peut dire que l'anémie est d'autant plus considérable que le nombre (les globules blancs est plus élevé (Malassez).

La morphologie du sang de la leucémie peut être notablement modifiée par des maladies infectieuses surajoutées : dans la myélocytémie, ces infections secondaires font abaisser, souvent d'une manière considérable, le chiffre des leucocytes, et quelquefois la leucémie semble remplacée par une leucocytose polynucléaire (Fra^nkel); l'augmentation des polynucléaires a été également constatée dans le cours de la leucémie lymphatique, lors d'une infection surajoutée.

La nature de la leucémie nous est encore inconnue.

Quelques auteurs ont pu, dans le sang d'individus atteints de celte maladie, révéler l'e.xistence de micro-organismes, mais la diversité même des parasites incriminés montre qu'où ne peut tirer encore aucune conclusion des faits publiés. Nous ne connaissons jusqu'ici de la leucémie que des manifestations cliniques et anatomiques. Les lésions anatomiques les plus importantes sont celles du sang, que nous venons d'examiner, mais comment se produisent-elles?

La rareté relative des figures de karyokinèse dans le sang montre qu'on ne peut y voir l'explication suffisante des altérations du sang. La division directe a été observée in vitro par Renaut, dans le sang leucémique, mais il ne semble pas qu'elle puisse expliquer les faits les plus importants, car les cellules qui dominent dans le sang de la leucémie, spécialement de la myélocytémie, sont des cellules différentes de celles qu'on trouve dans le sang normal. Au contraire, la tuméfaction de la rate, du foie, des ganglions, la transformation de la moelle jaune diaphysaire en une abondante moelle rouge, de consistance

Fleraiiiiiig sans dessiccation. Safranine, vert acide. Myélocyte à granulations cosinophiles. — Grossisseniont de 1500 diamèlres.

Fie. lli. — Même objet, même technique. Myélocyte à granulations éosinophiles, en karyokinèse Phase do rupture du peloton en anses chromatiques. — Grossissement de l.ôOO diamètres.

Fir.. 113. — Sang Je l'homme. Myéloeytémie. Flemraing sans dessiccation.

Eosiiie Iiéniatéine. Myélocytes en karyokiiièse.; phase des deux étoiles-filles avec étranglement du corps cellulaire. Ces deux éléments ont été rapprochés. — Grossissement de 1000 diamètres.

pulpeuse, a porté depuis longtemps les observateurs à rechercher dans des lésions des organes hématopoïétiques la cause des altérations du sang. L'étude comparative de la morphologie des leucocytes dans le

sang et les différents organes, et surtout l'étude méthodique de leurs réactions histo-chimiques (Ehrlich) a montré, comme nous l'avons vu, que dans certaines formes de leucémie, les leucocytes du sang sont des cellules semblables aux lymphocytes; dans d'autres, des cellules semblables aux myélocytes. De là on pouvait penser que, dans le premier cas, les leucocytes du sang étaient formés par les ganglions hypertrophiés; dans le deuxième, par la moelle osseuse. Mais la question s'est un peu modiliée. On savait que non seulement les ganglions étaient hypertrophiés dans la leucémie, mais que du tissu lymphoïde, semblable à celui des ganglions lymphatiques, pouvait se produire en des points où il n'existe pas normalement : peau, tissu conjonctif des espaces portes, etc. Ranvier, Neumann, avaient même montré la transformation lymphoïde de la moelle osseuse. Inversement, on a observé (Ehrlich, Dominici) la formation, en des points anormaux (foie, rate), d'un tissu rappelant celui de la moelle rouge, tissu myéloïde. Aussi, aujourd'hui, tend-on à rapporter les modifications du sang de la leucémie lymphatique, non pas seulement à l'hypertrophie des ganglions, mais à l'accroissement du tissu lymphoïde en général; de même, on rapporte les

lésions du sang dans la myélocytémie, non pas seulement à l'hyperplasie de la moelle osseuse, mais encore à l'accroissement du tissu myéloïde, en quelque point qu'il se soit formé. Ces formations secondaires anormales de tissu myéloïde sont attribuées, soit à des

Flfi. 114. — Sang de l'homme. Myélocytémie. Flcmming sans dessiccation.

Safranine. Vert acide. Globules rouges nucléés en karyokinèse. — Grossissement de 1000 diamètres.

LEUCÉMIE 535

métastases, à des embolies cellulaires parties de la moelle (Ehrlich), soit à la reviviscence de tissus embryonnaires (Dominici). Ces faits rapprocheraient donc, à certains égards, les leucémies des tumeurs malignes.

D'un autre côté, la présence de myélocytes, constatée dans le sang au cours ou à la défervescence de certaines maladies infectieuses (Turk, Engel), leur existence dans la variole (Weil), enfln, la ressemblance entre la lymphocytose et la lymphocytémie ont permis de rapprocher les leucémies des leucocytoses, et de supposer qu'il s'agissait là simplement de réactions leucocytaires spéciales causées par des agents toxiques ou des micro-organismes particuliers. Mais ces faits sont encore trop obscurs pour qu'il convienne d'y insister plus longtemps (1).

A côté des formes de leucémie que nous venons d'examiner, il existe un certain nombre d'états pathologiques, qu'on a rattachés plus ou moins à la leucémie, et qu'on a décrits sous les dénominations diverses de lymphadénie, d'adénie, d'adénie sans leucémie, de pseudoleucémie, lymphadénone multiple, lymphome malin, maladie deHodgkin, etc. D'une manière générale, on range dans cette catégorie, les étals pathologiques qui présentent l'aspect clinique, les hypertrophies spléniquesct surtout ganglionnaires de la leucémie, sans les lésions du sang de cette maladie. Mais les dénominations précédentes embrassent certainement des affections disparates, difficiles à classer, parce que leur véritable nature n'est pas connue, et que nous n'en apercevons que des symptômes et des lésions analomiques. Cependant, parmi ces états pathologiques, nous pouvons déjà distinguer :

1° Des adénites clironi(iues avec ou sans leucocytose polynucléaire, adénopathies dont beaucoup sont de nature indéterminée, mais dont la nature infectieuse a été quelquefois mise en évidence, en particulier pour certaines adénites tuberculeuses;

2° Des tumeurs primitives ou secondaires des ganglions et de la rate, évoluant avec ou sans leucocytose polynucléaire;

(1) 11 nous est (lillicileiic voir dans la louccinic, siiiiiilcmeiit une; loiiiic paiiiciilioro de leucocytose. Nous sommes |ioités ;i croire, eu ell'et, que daus la leucémie, la réaction du sanii est conditionuée |iar des modilications sfiéciales des orjjaiics liémalo[)oiétii|ues, distinctes de celles qui existent pomlant la leucocytose. Dans la leucocytose, eu ettet, il semble n'y avoir qu'une exagération fonctionnelle, qui peut faire prédominer l'influence de tel ou tel organe hématopoïétifpie ; dans la leucémie, il existerait quelque chose de plus, hi viciation mémo d'une fonction, violation conditionnée [)ar des modilications anatonii(|ues spéciales : formation île tissu lymplioïtle ou myéloïde nouveau en des points où ces tissus n'existent pas normalement.

(^e qui, au point de vue des lésions sanguines, est tout particulier, dans la niyélacylémie, c'est le passage [irématuré dans le sang de formes immatures.

3" Des cas véritables de lymphocytémie où le nombre absolu des globules blancs n'est que peu ou pas augmenté;

4" Des cas de lympbadénie cutanée, de mycosis t'ongoïde avec lymphocytémie, et qui rentrent dans le cadre de la lymphocytémie;

5» Enfin, de véritables lésions lymphadéniques semblables à celles qui existent dans la lymphocytémie, sans altérations du sang, accompagnées seulement de leucocytose polynucléaire. Certains faits tendent à montrer, du reste, que ces cas pourraient n'être qu'un des moments, qu'un stade passager de l'évolution d'une lymphocytémie.

Enfin, il est un dernier état morbide du sang qu'on a rapproché de la leucémie; c'est l'anémie infantile pseudo-leucémique de Jaksch et Luzet. Cette anémie est caractérisée, d'après Luzet, par une augmentation considérable du nombre des globules blancs accompagnant l'anémie; ce sont surtout les lymphocytes qui augmentent; les éosinophiles sont assez nombreux; de plus, par l'existence, dans le sang, de très nombreux globules rouges nucléés dont beaucoup sont considérés par Luzet comme en voie de division indirecte (I).

Cette affection doit-elle être rattachée à la leucémie, ou au contraire ne faut-il y voir qu'un mode particulier, non spécifique, d'anémie pernicieuse de l'enfance, c'est ce qui est encore discuté.

Modifications dans les dimensions des globules blancs.

Le diamètre moyen des globules blancs du sang peut varier considérablement, suivant que des formes petites (lymphocytes) ou des formes grandes (mononucléaires, leucocytes à noyau polymorphe, éosinophiles) domineront dans le sang examiné. Il ne s'agit pas là, à vrai dire, de modifications dans le diamètre des globules blancs; mais, dans certaines circonstances, on peut observer, comme nous l'avons dit à propos de la leucémie, des polynucléaires et des éosinophiles d'un diamètre plus petit qu'à l'état normal.

Modifications portant sur la mobilité des globules blancs.

Les globules blancs du sang de l'homme présentent des mouvements amiboïdes faciles à observer en mettant la préparation de sang

( I) Des globules rouges nucléés eu karyokinèse ont été vus dans le sang de riiomme par l)lusieurs auteurs et nous en avons observé nous-mêmes de nombreux dans la niyéioeytémic. Toutefois, à notre avis, les globules rouges nucléés idu sanij reiaésentés par Luzet dans sa tlièse, ne peuvent être considérés comme de véritables karyokinèses. Ce sont là simplement des formes découpées des noyaux, telles iprellcs apparaissent «luelquefois dans les cellules liémoglobi(jues.

LEUCÉMIE 537

frais à une température voisine de celle du corps (1). Ces mouvements se voient aussi sur les cellules éosinophiles qui, dans le sang frais, sont reconnaissables à leurs granulations réfringentes (^). Mais les plus petits globules blancs du sang ne semblent guère posséder la faculté de se déplacer; ils ne sont capables que d'émettre de courts pseudopodes.

On ne peut conserver les globules blancs vivants et mobiles d'une manière durable que dans leur propre milieu, le sérum sanguin; cependant, on peut observer, pendant quelques heures, les mouvements des leucocytes d'une goutte de sang, mélangée à une solution de chlorure de sodium isotonique.

Dans la lymphocytémie, un grand nombre de globules blancs n'ont pas de mouvements, il s'agit des formes petites ; cependant, les lymphocytes, dans cette maladie même, peuvent quelquefois présenter des mouvements : ce sont des changements de forme peu considérables, aboutissant à des déplacements, le plus souvent minimes et lents.

Dans le sang des malades atteints de myélocytémie, il existe un très grand nombre de globules blancs qui ont des mouvements fort rapides avec émission de longs pseudopodes; ce sont les cellules qui correspondent aux leucocytes proprement dits. Quant aux cellules médullaires, aux myélocytes, ils ont des mouvements: seulement, ces mouvements se manifestent plus difficilement, ne commencent qu'à une température plus élevée, voisine de celle du corps ; ils sont beaucoup plus lents, moins étendus, moins pseudopodiques ; ils ne s'observent pas d'une façon aussi générale, on les voit sur un moins grand nombre de cellules. C'est pour toutes ces raisons qu'ils ont longtemps passé inaperçus. Pour les bien voir, il faut observer les myélocytes qui, dans la préparation, se trouvent un peu isolés au milieu d'un plasma abondant, et i)articulièrement à la périphérie, où il y a plus d'oxygène.

Les globules blancs du sang leucémique, d'une manière générale,

(1) On peut déjà voir les iiiouvemenls amiboides des leucocytes dans une simple préparation de sang frais examinée à la température du laboratoire. Mais pour observer convenablement ces mouvements, il faut se servir d'une platine chauffante. Nous donnons la préférence à la platine chauffante de Malassez, à conduction de chaleur métallique, qui est d'un maniement très simple. Il faut aussi donner une réserve d'air aux leucocytes. On y arrive en se servant d'une petite chambre à air, ou en faisant supporter la lamelle sur la lame au moyen d'une petite cale en ])arafline ou par un peu de fécule de pomme de terre (Uanvier) ; il faut que la goutte de sang soit petite et n'atteigne pas le bord de la lamelle.

(^) 11 convient de rappeler ici que sur les globules blancs vi\ants du sang de riioMime, le noyau ne se voit pas, ou n'est visible que d'une manière absolument imparfaite.

HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE Dl SANG

ne sont rlonc pas des cellules mortes ou en train de mourir, comme on Ta dit.

Dans les leucocytoses aiguës des maladies fébriles, leucocytoses

Fis. H5.

Fiir. 116.

FiG. 115. — Sang de l'homme. Myélocytémie. Sang frais examiné à la température de 38-39 degrés. Mouvements amiboïdes d'un leucocyte à granulations réfringentes (leucocyte éosinophile). De dix heures quarante à dix heures quarante-six. — Grossissement de 350 diamètres.

FiG. 116. — Sang de l'homme. Lèpre. Sang frais examiné à la température de 38 degrés. Mouvements amiboïdes d'un leucocyte à granulations réfringentes (leucocyte éosinophile). De onze heures trente-cinq à onze heures trente-huit. — Grossissement de 350 diamètres.

où les cellules à noyau polymorphe forment la presque totalité des globules blancs, on observe des mouvements amiboïdes très actifs du plus grand nombre de ces éléments, et ce fait, joint à quelques autres, conduit à penser que ce sont les leucocytes à noyau polymorphe qui sont les plus actifs.

Enfin, dans les éosinophilies, tout au moins dans celle de la lèpre, que nous avons examinée à ce point de vue, la plupart des cellules éosinophiles présentent des mouvements très actifs.

Les différences très appréciables qui existent entre les mouvements des globules l)lancs dans la lymphocyléinic, dans la myélocytémie, tlans les leucocytoses, n'expriment pas. à proprement parler, des modifications pathologiques; elles sont seulement le résultat des propriétés physiologiques différentes que possèdent à ce point de vue les différents types de leucocytes.

FiG. 117. — Sang de riKniiiiic. .Myélocytémie. Sang frais examiné à la température de 38-39 degrés. Mouvements d'un myélocyte.

De onze heures à onze heures cinq. — Grossissement de 350 diamètres.

PHAGOCYTOSE 539

Modifications poiiant sur des substances spéciales transportées anormalement par les globules blancs.

On peut trouver dans le sang des globules blancs portant des granulations paraissant de nature graisseuse. On a trouvé ces cellules plus nombreuses dans certains états pathologiques et, en particulier, dans la leucémie.

L'iode colore en brun acajou dans l'intérieur de certains globules blancs du sang une substance qui s'y trouve à l'état de masses sphériques relativement volumineuses, ou de grains plus fins, et correspondant à la matière glycogène (Ranvier). Le glycogène apparaît souvent accolé au leucocyte, sous forme d'une petite masse semi-lunaire ; il semble, dans ces cas, comme exsudé du protoplasma de la cellule (1).

On sait aujourd'hui que ces leucocytes porteurs de glycogène augmentent de nombre dans le sang au cours de certaines maladies. On les avait d'abord recherchés et trouvés, particulièrement, dans le sang des diabétiques. Mais les constatations qui ont été faites à cet égard sont très contradictoires. Là où ils existent surtout, c'est dans la leucocytose polynucléaire des maladies infectieuses et, particulièrement, au cours des suppurations. Leur recherche, au même titre que la leucocytose polynucléaire, peut donc avoir un certain intérêt pour le diagnostic des collections suppurées.

Dans l'infection paludéenne, on peut observer la présence de particules pigmentaires (mélanémie) dans les globules blancs du sang (Frerichs); elles sont arrondies ou anguleuses, d'un noir intense, extrêmement petites ou pouvant atteindre jusqu'à 8 ou 9 [a de diamètre. Le pigment pathologique se comporte là comme le ferait une matière granuleuse inerte contenue dans le sang, le vermillon par exemple. Lorsqu'on injecte dans le sang d'un animal du vermillon en poudre fine, suspendu dans l'eau, les granulations sont prises par les globules blancs et transportées par eux dans les divers organes; ils traversent la paroi vasculaire et vont se fixer dans les éléments qui sont le siège de la pigmentation pathologique. En général, les cellules

(I) l*oiir mettre en évidence le glycogène dans les leucocytes du sang, on peut (étaler la goutte de sang sur une lame, et sans dessécher, l'exposer aux vapeurs d'iode on renversant la préparation sur le col large d'un petit flacon contenant des cristaux d'iode; on l'y laisse jusqu'à ce rjue la couche de sang ait pris une teinte jaune foncé; on monte ensuite la préparation dans la gomme iodée ou dans une solution concentrée de lévulose (Ehrlich).

On a décrit une dégénérescence amyloïde des globules Idaiics; il est possible (}u'il s'agisse là simplement de la présence du glycogène dans les leucocytes.

lymphatiques pigmentées sont plus volumineuses que les autres ; elles peuvent s'accumuler alors dans certains vaisseaux et y gêner la circulation. Il ne s'agit pas là d'embolies véritables, mais d'un phénomène analogue à celui de la stïfce des globules blancs dans la leucémie (Cornil et Ranvier).

Les globules Idancs du sang sont capables, non seulement d'absorber et de transporter des particules inertes comme le pigment, mais encore des microbes vivants; c'est ce dernier phénomène qu'a découvert Metchnikoff, et au(iuel il a donné le nom de phagocytose. L'absorption de microorganismes vivants par les leucocytes, dans le sang même, a été bien mis en lumière par Metchnikoff dans ses observations sur le spirille d'Obermeier et sur le spirille de la spirillose des oies (1).

On a décrit, dans certains cas d'anémie intense, une « surcharge des globules blancs en hémoglobine » (Hayem).Onsaitque lorsque du sang se trouve mélangé avec un liquide qui conserve mal les globules rouges, une partie de l'hémoglobine dissoute dans le liquide peut colorer le protoplasma et même le noyau des globules blancs. Dans les anémies, où les globules rouges semblent plus altérables, il est possible qu'il se passe un phénomène du même genre. On peut aussi donner une autre interprétation. L'hydratation des fines granulations (neutrophiles) des polynucléaires, donne à la granulation une affinité très nette pour l'éosine; dans ces cas, le protoplasma de ces leucocytes sera coloré par l'éosine et pourra paraître chargé d'hémoglobine (2).

(1) A propos lie l'interprétation de la phagocytose, Baiinigarten a fait remarquer que l'existence, dans les leucocytes, de bactéries mortes, ne démontre pas nécessairement que celles-ci aient été la proie des leucocytes. 11 pourrait tout aussi bien s'agir, d'après lui, d'une destruction des leucocytes par la bactérie, phénomène analogue à la destruction des globules rouges par le parasite de la malaria. Cette remarque de Baumgarten ne saurait être généralisée, car Metchnikoff a donné des faits à l'appui d'une véritable digestion intracellulaire de la bactérie absorbée.

Les leucocytes peuvent également absorber des particules insolubles de substances toxiques introduits dans l'organisme comme médicaments par voie hypodermique par exemple, ou dans des intoxications expérimentales chez les animaux (Arnozan et Monlel, Besredka). On s'est demandé s'ils pouvaientaussi absorber d'une façon élective des substances toxiques solubles, et il existe en effet des expériences positives à l'appui de ceUe hypothèse (Kobert, iMetchnikoff, Stassauo, Besredka, Arnozan et iMontel). Cette question a un grand intérêt au point de vue de l'absorption des toxines et des théories de l'immunité, mais elle est encore en discussion.

(2) On a parlé aussi d'une véritable production active d'hémoglobine par. les leucocytes. 11 ne faut pas confondre cette hypothèse, nullement démontrée, avec le fait suivant, plus positif, mais absolument différent : c'est qu'il existe dans les organes liémopoiétiques, des cellules incolores dont le protoplasma semble se charger graduellement d'hémoglobine pour se transformer en hématie nucléée (protoliémoblastes de Malassez, érythroblastes de Lowit, van der Stricht).

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