PARASITES
les accès, surtout au début des accès, et chez les malades qui depuis longtemps n'ont pas pris de quinine.
Certains auteurs ont décrit plusieurs espèces distinctes de parasites des fièvres palustres. Laveran a montré que ce sont là simplement des variétés d'un même parasite, variétés qu'il ramène à deux principales (Hœmamœba malariae, var. parva; Hœmamœba malariœ, var. magna).
FiG. 122. — Hématozoaire de Laveran.
1. 2, 3, 4. globules rouges auxquels adhèrent de petits corps sphériques pigmentés; 5, petits corps sphériques pigmentés libres; 6, 7, corps sphériques avec flagella; 8, 9, 10, différentes phases de l'évolution des corps segmentés; 11, corps en croissant libre; 12, 13, corps en croissant accolés aux globules rouges (d'après Laveran).
Les recherches de Ross, deManson,de Koch tendent à montrer que l'évolution de l'hématozoaire du paludisme se fait dans le corps des moustiques (culicidés). L'infection du sang de l'homme, du moins dans un grand nombre de cas, serait ainsi la conséquence de la piqûre de ces insectes.
L'hématozoaire de Laveran est le seul sporozoaire connu du sang de l'homme. Mais des sporozoaires très voisins de lui ont été étudiés dans le sang de certains reptiles, batraciens et oiseaux, en particulier dans le sang des oiseaux. Smith et Kilborne (188'.l) ont observé dans le sang des bœufs atteints de la fièvre du Texas, des hématozoaires dont l'aspect rappelle certaines formes de l'hématozoaire du paludisme.
Les autres parasites du sang de l'homme sont des vers, des helminthes.
FiG. 123. — Sang de l'homme. Embrj-ons de Pilaire. D'après Lewis (figure empruntée à Blanchard). Grossissement de 400 diamètres.
Filaria sanguinis hominis; ver nématode, découvert par Demarquay en 1863 dans le liquide chyleux d'un éléphantiasis des bourses. Le ver adulte est parasite des vaisseaux sanguins et lymphatiques. Il donne naissance à des embryons découverts dans le sang par Lewis en 1872 et qui sont déversés en grand nombre pendant le sommeil de la nuit dans la circulation générale. Ils y apparaissent à ce moment comme de petits vers, animés de mouvements rapides,- longs de 125 à 300 |j., larges de 7 à M [jl. La présence de ces parasites dans l'organisme cause la maladie connue sous le nom d'éléphantiasis des Arabes.
Bilharzia hœmatobia, ver trématode de la famille des distomes, découvert en 1851 par Bilharz dans le sang de la veine porte. Le mâle est long de 11 à 14 millimètres et gros à peu près comme un oxyure; la femelle est plus longue et plus ténue. La bilharzie se trouve à l'état
FiG. 124. — Bilharzia hœmatobia.
Mâle renfermant la femelle dans sa rainure ventrale. — D'après Bilharz (figure empruntée à Blanchard).
adulte dans la veine porte et ses branches, la veine rénale et les plexus veineux de la vessie et du rectum; on ne la rencontre pas dans le sang de la circulation générale. Le parasite se nourrit de sang, on trouve des globules rouges dans son tube digestif. L'hématurie est la manifestation la plus fréquente de la bilharzie.
Distoma hepaticiun est seulement un parasite accidentel du sang de l'homme. C'est un ver plat lancéolé, de l'ordre des trématodes, ayant '2 à 4 centimètres de long. Il vit normalement dans les canaux biliaires du foie du mouton, mais il a été rencontré un certain nombre de fois dans les voies biliaires de l'homme. Enfin il existe quelques faits montrant que, d'une façon très exceptionnelle, ce ver peut pénétrer dans les vaisseaux sanguins.
Les kystes hydatiques causés par le tœnia echinococcus peuvent se développer dans les parois du cœur et s'ouvrir dans les cavités de cet organe; p,g i25 oisioma les hvdatides, libres alors dans le sane du cœur, hepaticum de gran-
-> ' o 7 deur naturelle, vu par
peuvent passer dans les gros vaisseaux et produire '» face ventrale. Da-
, , ,. i^ • . . près Blanchard.
des embolies, comme Davaine en a rapporte plusieurs exemples.