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IV. — Évolution du tissu lymphoïde

Arnold, Engel, Stohr, llirschfeld, Besançon, Labbé, Sabrazes et d'autres auteurs ont remarqué dans la moelle en état d'activité la présence de cellules dépourvues de granulations et ressemblant aux mononucléaires ordinaires du sang (1).

Aussi a-t-on admis que cet appareil renfermait des éléments du tissu lymphoïde. Mais cette proposition serait trop vague si l'on n'en définissait pas exactement la compréhension !

(1) Ce fait est coiilormo aux conceptions île Rcnaul et de lillibcrl, concernant la dillusioii des points lymphaticpies dans rorganisnic.

614 IJ; SANG ET LK lîOLE HÉMATOPO'lÉTIQUE DE LA MOELLE 'OSSEUSE

A l'état normal on peut trouver, dans la moelle osseuse déjeunes lapins de quinze à vingt jours, des cellules identiques au lymphocyte ordinaire (le plus petit des mononucléaires des zones à structure lymphoïde), groupées autour de quelques artérioles situées à la face interne de la capsule périméduUaire ou disséminées en les points les plus divers de la moelle.

Entre ces lymphocytes et des mononucléaires comparables aux mononucléaires ordinaires non granuleux du sang existent des formes de passage.

Là où les lymphocytes engainent les artérioles, ils se logent dans un tissu conjonctif réticulé (tissu réticulé de Van der Stricht).

L'accumulation de lymphocytes dans un tissu réticulé, des formes d'évolution vers le type de mononucléaire ordinaire du sang, voici des attributs catégorisant ce que l'on appelle le tissu lymphoïde.

En un mot. en certains points de son territoire, la moelle peut offrir une structure rappelant celle d'un corpuscule de Malpighi rudimentaire.

Mais peu à peu, avec les progrès de l'âge, se perd la trace des lymphocytes et des mononucléaires ordinaires.

Cela signifie que ces éléments du tissu lymphoïde se sont effacés peu à peu dans la moelle où à l'état normal persistent, pendant un certain temps seulement, les mégacaryocytes, les hématies nucléées, les myélocytes, les cellules spécifiques du tissu myéloïde en un mot. Si les éléments du tissu lymphoïde disparaissent du territoire médullaire, ils n'en sont pas à jamais bannis. Il n'ont pas pour cela perdu la propriété de reparaître in situ à l'occasion de certaines excitations morbides.

Nous serons donc amenés à envisager la poussée au sein de la moelle osseuse d'éléments identiques à ceux qui caractérisent histologiquement les organes a structure lymphoïde (ganglions, rate, etc.) (1).

Ce sera un corollaire à opposer à celui qui consistera à chercher l'éclosion du tissu myéloïde en dehors de la moelle des os dans les appareils que caractérisent normalement la structure lymphoïde.

(1) Présenler les faits de cette faron ce sera étendre au territoire médullaire les coneeptions de Ribbert et de Renaut sur la persistance des nodules de tissu lymphoïde (points lymphatiques de Renaut) et leur aptitude à proliférer dans les circonscriptions les plus diverses de l'organisme.

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