LE SANG ET LA MOELLE OSSEUSE A L'ÉTAT PATHOLOGIQUE
Allons-nous présenter successivement un résumé de tous les travaux qui concernent les réactions du sang et de la moelle à l'état pathologique ?
Certes, non ! Nous allons nous contenter de grouper un certain nombre de données acquises et dont l'importance nous paraît fondamentale au pointde vue hématologique... Nous retracerons les grandes lignes de l'anatomie pathologique de la moelle, celles dont l'ordonnance permet déjà de deviner dans quelle direction devront être prolongés les travaux futurs pour compléter l'œuvre commencée.
Pour dessiner cette esquisse, nous envisagerons le sang et la moelle dans les conditions suivantes:
1" Infections ; 2° intoxications ; 3° anémies ;¥ évolution des tumeurs malignes; 5" leucémies.
Cette division est loin d'être rigoureuse au point devueétiologique. Peu nous importe, si cette façon de procéder nous permet de saisir le mécanisme fondamental des réactions anatomo-pathologiques de la moelle osseuse.
LE SANG ET LA MOELLE AU COURS DES ÉTATS INFECTIEUX Modifications du sang.
Quelles sont les modifications déterminées dans le milieu sanguin par un état infectieux ?
A s'en tenir, en pareil cas, à l'étude des variations morphologiques, les deux phénomènes les plus frappants sont en général la diminution des globules rouges, l'augmentation des globules blancs.
C'est ce dernier fait que nous allons envisager pour l'instant, c'està-dire la leucocytose, pour employer le terme par lequel il est ordinairement désigné.
Mais, par leucocytose, on entend en général la surproduction des cellules blanches du sang envisagées globalement. Or celle-ci peut être élective.
En effet, au cours de la plupart des infections à marche cyclique,
l'augmenlation de nombre des polynucléaires ordinaires ou amphophiles est plus notable que celle des mononucléaires du sang.
On dit alors qu'il y a polynucléose ordinaire.
C'est là une réaction importante, malgré sa fréquence, car l'accroissement numérique des polynucléaires ordinaires est un précieux indice de la mise en activité de la moelle osseuse.
Mais il me paraît indispensable de rappeler des faits importants, que je vais indiquer brièvement.
a. Toute leucocytose se produisant au cours d'un état infectieux n'est pas fatalement une polynucléose.
En effet, la poussée des mononucléaires du sang peut, dans quelques cas, être proportionnellement plus marquée que celle des polynucléaires. On dit alors qu'il y a mononucléose ordinaire.
b. Toute maladie infectieuse ne suscite pas forcément l'accroissement numérique des globules blancs. Bien plus, le nombre de ces éléments peut tomber au-dessous du taux ordinaire. On dit alors qu'il y a leucopénie ou liypoleucocytose.
c. Il est des circonstances où les variations numériques des globules blancs passent à l'arrière-plan, parce que le trait dominant est la dégénérescence intense du milieu sangum.
Nous allons envisager les cas suivants :