I. — Étude expérimentale
A. Étude du sang au cours de r anémie post-hémorragique.
Sans décrire complètement l'état du sang au cours de l'anémie post-hémorragique, nous mettrons en relief certains des traits du tableau hémalologique de cet état morbide.
Éléments de la série myélogène. — Eléments hémoglobinifères. — Parmi les modifications du sang liées à la mise en jeu des éléments hémoglobinifères, nous citerons les suivantes :
1" La diminution du nombre des globules rouges;
2» Des modifications qualitatives de ces globules rouges, surtout quand les saignées sont fréquemment répétées pendant une ou plusieurs semaines (Malassez).
Elles se traduisent :
a. Par des changements de taille : macrocytie, microcytie (Malassez, Hayem) ;
b. Par une teneur moindre en hémoglobine (Malassez);
c. Par des changements dans l'affinité tinctoriale : polychromatophilie de Gabritchewski, que nous décrirons à propos des réactions de la moelle.
(1) Tous les auteurs ne sont pas d'accord pour ranger les anémies post-hémorragiques parmi les anémies protopathiques. C'est encore un thème de discussion que je laisse de côté.
3" L'apparition d'iiématies nucléées du type de normoblaste (Ehrlich).
Cellules blanches. — En ce qui concerne les cellules blanches de la série myélogène. nous dirons que le nombre des polynucléaires, reste normal ou le dépasse. Alors coexistent parfois la polynucléose amphophile et la polynucléose éosinophile (Ehrlich).
Éléments de la série lympJiogène. — Le nombre des mononucléaires ordinaires revient extrêmement vile au taux normal et le dépasse même (Maurel).
Bien plus, les organites de la série lymphogène (hématoblastes de Hayem) sont considérablement augmentés dans les anémies curables (poussées hématoblastiques de Hayem). Cet accroissement numérique est du reste un symptôme, au point de vue pronostic, excellent (Hayem), que l'on admette ou non les conceptions de M. Hayem sur la transformation des hématoblastes en globules rouges.
Conclusions. — Pour nous confiner à l'étude des réactions des éléments de la série myélogène, nous dirons que celles-ci peuvent donner lieu aux interprétations suivantes :
S'il est un signe de la plus haute importance indiquant une suractivité fonctionnelle des éléments hémoglobinifères de la moelle au cours des anémies, c'est la poussée des Aoiiuoblastes dans les vaisseaux périphériques (Ehrlich).
Quant à l'accroissement numérique des polynucléaires amphophiles et neutrophiles, il doit impliquer la réaction efficace et précoce des myélocytes de type correspondant.
En un mot, au cours des anémies post-hémorragiques, on peut présumer une mise en activité des éléments spécifiques du tissu myéloïde, en tenant compte de la poussée des Normoblastes, de la surproduction rapide des leucocytes à granulations amphophiles et éosinophiles. Mais ces réactions ont été à peine étudiées au cours des hémorragies qui ne sont pas compliquées d'infection.
B. Étude de la moelle osseuse du lapin saigné (1).
Depuis le moment où ^'eumann et Bizzozero, Malassez, Yan der Stricht, etc., nous ont initiés au rôle hématopoiétique de la moelle osseuse, les travaux concernant l'état de cet appareil pendant les
(1) 11 est intéressant d'opposer à la soustraction sanguine la stase sanguine qui accumule les globules rouges dans la moelle. En pareil cas il se produirait un ralen-