‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 129 sur 205 · LA -MOELLE OSSEUSE DANS L'ANÉMIE POST-HÉMORRAGIQUE · texte numérisé non relu

LA -MOELLE OSSEUSE DANS L'ANÉMIE POST-HÉMORRAGIQUE

anémies post -hémorragiques ont été excessivement nombreux et les résultats concordent presque unanimement à en démontrer la suractivité hémapoiétique en pareil cas. L'étude de la moelle osseuse du lapin saigné permet de constater l'exactitude de ces conclusions (1).

Examinons cet organe chez un lapin adulte, ayant perdu en une quinzaine de jours une quantité de sang correspondant au dixième de son poids.

Le nombre des globules rouges du sang de l'animal en expérience se réduit de moitié environ, et il se produit une réaction intense de la moelle osseuse.

Elle est accusée : 1" par l'hypergénèse du tissu myéloïde dans les régions de la moelle où il est normalement en activité; 2" par la régénération de ce tissu dans les zones où il avait subi la transformation adipeuse partielle, au niveau de la diaphyse fémorale par exemple; 3° par la poussée d'éléments du tissu lymphoïde dans le territoire médullaire.

Choisissons encore comme objet d'étude la moelle osseuse diaphysaire fémorale.

Les modifications dont elle est le siège coïncideront dans leurs grandes lignes avec celles que peuvent déterminer les états infectieux.

Macroscopiquement, c'est la substitution de la moelle rouge à la moelle jaune ; microscopiquement, c'est la combinaison des deux processus histogénétiques déjà signalés, l'un fondamental, l'autre accessoire. Le fait fondamental sera naturellement la multiplication des cellules spécifiques du tissu myéloïde ; le fait accessoire sera la régénération des éléments du tissu lymphoïde.

1" Réaction myéloïde.

Je laisserai de côté l'étude directe des mégacaryocytes pour envisager de préférence certaines des particularités présentées par les cellules spécifiques de la série hémoglobinifère et de la série leucocytaire qui sont destinées à émigrer tôt ou tard dans l'appareil circulatoire.

tissement de la multiplicalion des liémalies nuclééos et de leur transformation en globules rouges ordinaires (d'aiirès Rebustello). D'autre part E. Wcill a constate la prolifération de la nioelln ctiez lliomme atteint de cyanose congénitale.

(1) Je citerai, entre autres travaux parus sur ce sujet, les recherches (le Van dçr Striclit sur les modifications de la moelle après saignée. Gel auteur a mis en évidence avec la plus grande netteté la corrélation existant entre les soustractions sanguines et les poussées d'érytoblastcs, de Icucohlastes et de mégacaryocilcs dans le district méiiullairc.

CORNIL EThANVIEK. — !I. 42

058 LK SANd KT LE IlOLE HÉMATOPOIÉTIQUE DE LA MOELLE OSSEUSE

/{- ^ ^^lÊ^wfJ. '

j^ 6S ^,^>^..L/....pi

Éléments hémoglobinifères. — La mise en activité des cellules rouges est extraordinairement marquée (Neumann, Bizzozero, Freiberg, van der Stricht), et pour toutes leurs variétés mégaloblastes, normobiastes, microblastes, hématies nucléées à noyau large, à disque protoplasmique étroit.

Ces cellules se divisent par segmentation directe et indirecte, mais les kariokinèses en sont particulièrement abondantes (Bizzozero). Les cellules rouges se transforment en hématies sans noyau, de

taille variable.

Les mégaloblastes, les normobiastes, les microblastes fournissent des globules rouges, de taille correspondante, grande, ordinaire et petite (Ehrlich).

Leshématies à large noyau et à disque protoplasmique étroit se changent en des globules rouges largement ombiliqués.

Quel est le mécanisme de ces transformations? Je n'insiste pas sur la fonte du noyau des mégaloblastes (Ehrlieh), sur la gemmation du protoplasma de ces éléments (Malassez), pour mettre en relief la prédominance de l'expulsion du noyau des normobiastes (Van der Stricht).

Mais il n'existe pas seulement une corrélation notable entre les dimensions et l'ombilication des globules rouges nouvellement formés dans la rate et les cellules rouges d'où ils procèdent. La correspondance est aussi visible en ce qui concerne la quaUté du protoplasma.

L'étude de la polychromatophilie en est un exemple frappant.

Gabritchewski a désigné par cette expression un état anormal du

globule rouge fréquent au cours de l'anémie. L'hématie est dite poly-

chromatophile quand elle est dépourvue d'affinité acidophile franche et

présente une affinité mixte à la fois acidophile et basophile. Soumise

^ Mû.d.

Hji.b.

frill(i|-;ilr (le

FIG. 147. — Cuiipo de moelle osseuse diapliysaiii

lapin do 3 kilogrammes saigne. (Soustraction ilc i\M centimètres cubes de sang 'en douze jours.)

My.e, myélocyte éosinopliilo ; Mo. cl, mononucléaire ordinaire; /i, K, K, globules rouges nucléés en karyokinèse. Parmi les autres hématies, l'une, celle d'en bas, a un noyau (Idiilile; les autres montrent, pour la plupart, un noyau fenêtre dévolution relativement peu avancée; //?i. 6, hématies nucléées à |iroloi)liisma dépmirvu d'hémoglobine.

Page 1