L.V .MOtLLE OiSEUSE DA>iS L'ANEMIE l'OST-HE.MORR.VGIQUE
ampliophiles, myélocytes éosinophiles, myélocytes à types de Mastzellen sont simultanément en hypergénèse dans la moelle du lapin saigné.
De tous ces éléments, ceux dont la pullulation est de beaucoup la plus frappante sont les myélocytes basophiles et ampliophiles.
Mais ici s'impose encore une division. Elle concerne les myélocytes basophiles, dont la surproduction est véritablement extraordinaire et donne une touche particulière aux préparations de moelle osseuse colorée par l'éosine-orange et le toluidinblau.
Aspect général de la moelle du lapin saigné en réaction myéloïde (éosine-orange-toluidine). — Des mégacaryocites de toute taille en état de division directe et plus rarement indirecte jalonnent la préparation. Quelques-uns de ces éléments semblent découper leurs noyaux clairs et leurs corps violacé pour se transformer en myélocytes basophiles.
Les myélocytes basophiles forment des amas bleu sombre disposés à la face interne de la capsule, autour des artérioles, entre les vésicules adipeuses. Des traînées violacées sont entremêlées aux amas précédents. Elles sont formées par l'accumulation de myélocytes amphophiles à grains violets, dérivant des myélocytes basophiles ; par des amas de polynucléaires amphophiles, dérivant des myélocytes amphophiles. Myélocytes éosinophiles à sphérules orangées moins nombreuses que les amphophiles, Mastzellen, moins abondants que les éosinophiles, sont épars dans le champ de la préparation et se transforment en des polynucléaires de type correspondant.
En de nombreux points apparaissent des îlots orangé rouge. Ils sont dus à l'accumulation d'hématies sans noyau, dérivant d'hématies nucléées, dont les noyaux s'étirent hors du corps des cellules en prenant des formes d'haltères ou de poires. Après expulsion, ils se désagrègent en formant des boules opaques et violettes.
Au sein de cette moelle bourrée d'éléments spécifiques du tissu myéloïde et constellée de figures mitotiques, des flaques rougeâtres découpent leurs contours irréguhers. Ce sont les sinus où sont emportés hématies et polynucléaires de nouvelle formation. Il s'y joint des myélocytes en voie de transformation, et, comme j'ai pu m'en assurer à mainte reprise, des hématies nucléées, en nombre parfois prodigieux, etc.
Corollaire. — État de la rate. — La rate est en voie de transformation myéloïde, complète, massive et totale. Un tissu identique à celui de la moelle osseuse y croît de tous côtés. Ainsi s'affirme la soli-
66-2 LE SANG ET LE ROLE HÉ.MATOPOÏÉÏlQUE DE LA MOELLE OSSEUSE
darité réactionnelle de deux territoires médullaire et splénique où se manifeste un processus histogénétique homologue (4).
2° Réaction lymphoïde.
Poussée de lymphocytes comparables à ceux des follicules des ganglions, poussée intense de Plasmazellen, identiques à celles qui croissent dans les zones à structure lymphoïde (au moins chez les femelles de lapin en gestation), voilà par quoi se révèle la structure •lymphoïde latente de la moelle. Ces réactions sont évidemment à Tarrière-plan par rapport à la réaction myéloïde.
Conclusions.
A la soustraction sanguine la moelle répond par une prolifération intense de tissu myéloïde. Celle-ci est destinée à assurer au moins en partie la régénération des éléments de la série myélogène (hématies et leucocytes granuleux d'Ehrlich). Toutefois, suivant une loi primordiale, la restauration des éléments du groupe hémoglobinifère est plus tardive dans le sang que la restauration des éléments du groupe leucocytaire. Bien plus, certaines des hématies hâtivement formées présentent une constitution anormale dont la polychromatophilie est un exemple. L'étude de ces anomalies ne fait elle-même que confirmer la conception des auteurs qui admettent le rôle hématopoïétique de la moelle osseuse.