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C. — Méthodes cytologiques

Depuis une dizaine d'années, de nombreux travaux ont cherché à préciser la structure fine des cellules nerveuses et de leurs prolongements, grâce à certaines techniques nouvelles, qui méritent bien le nom de méthodes cytologiques, étant donné leur but spécial.

l-'iG. 157. — Ramifications terminales d'une branche collatérale appartenant à une des fibres des cordons postérieurs dans la moelle lombaire d'un embryon de veau. Métiiode de Golgi (d'après Van Gehuchlcn^.

Méthode de Nissl.

Parmi ces nouvelles techniques, l'une des plus réputées est la méthode préconisée par Nissl en 1885 et en 1891. D'un emploi facile, s'adaptant aussi bien à l'histologie normale qu'à l'histologie pathologique, celte méthode doit être, à l'heure actuelle, toujours employée quand la cellule nerveuse est en cause.

Nissl avait remarqué que les solutions de sels de chrome, depuis longtemps employées pour fixei' les cellules du névraxe, ne possèdent pas une puissance de pénétration suffisante pour prévenir les modifications artificielles, très faciles dans ces protoplasmas fragiles et à structure si délicate. Ce savant appliqua à l'examen de la cellule nerveuse des principes analogues à ceux qui avaient guidé Ehrlich dans l'étude fine des globules blancs de la lymphe et du sang. Dès lors, il vit que cette cellule nerveuse, tout comme une cellule lymphatique, se compose de plusieurs substances capables de réagir chacune à sa façon, en face des couleurs d'aniline, acides ou basiques : d'où la possibilité d'étudier séparément, grâce à leurs réactions colorantes spécifiques, la structure et les modifications, physiologiques ou pathologiques, de toutes les substances de la cellule nerveuse. Sans doute, les problèmes posés sont loin d'avoir été tous résolus; cependant, dès maintenant, des résultats importants ont déjà été obtenus.

La méthode de Nissl permet de reconnaître, dans le plus grand nombre des cellules nerveuses, l'existence d'une substance spéciahsée par son mode de disposition et par sa colorabilité en présence de certaines couleurs basiques d'aniline (bleu de méthylène, bleu polychrome d'Unna; thionine; rouge Magenta, etc.). Cette nouvelle substance, déjà étudiée en 1882 par Flemming, plus tard par Benda, a été bien décrite surtout par Nissl, dont les travaux furent complétés successivement par ceux de Held, von Lenhossèk, Flemming, Lugaro, Ramon y Cajal, Marinesco, Van Gehuchten, etc. Déposée dans la masse protoplasmique, au moins pour la plupart des cellules, elle est généralement appelée substance chromatique, le restant du protoplasma étant dénommé en bloc substance achromatique. Elle paraît bien correspondre en majeure partie aux granulations que les premiers histologistes (Max Schultze, Kôlliker, Deiters, Ranvier) avaient vues et décrites dans la zone, centrale ou périnucléaire, de la grande cellule des cornes antérieures de la moelle épinière.

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