CELLULES NERVEUSES. - MÉTHODE DE GOLGI
gementcylindraxile avant sa myélinisation (fig. 155-156). C'est pourquoi elle parut devoir faciliter singulièrement l'étude du trajet de tous ces prolongements, de même que celle de leurs ramifications terminales ; a.\a.ut tout, ce devait être le procédé de choix pour mettre en évidence /<^disj90sitif du réticulum si serré que Gerlach avait découvert dans la substance grise des Centres. — Les nouvelles notions furent remarquées à tel point qu'elles amenèrent en quelques années un changement radical dans nos idées sur l'agencement et les connexions des éléments nerveux du système cérébro-spinal, cela à la suite des travaux de Golgi et de ses élèves, travaux complétés par les recherches de Ramon y Cajal et de son école, par celles d^Kôlliker, G. Retzius, Lenhossèk, Van Gehuchten, Schâfer, etc. Tout d'abord, cette méthode, entre les mains de Golgi, confirme plusieurs des faits histologiques déjà connus parles travaux de Deiters, de Kôlllker, de Ranvier, c'est-à-dire : l'existence de prolongements protoplasmiques et d'un prolongement cylindraxile pour toute cellule nerveuse; les nombreuses ramifications secondaires des prolongements protophismiques; enfin, l'unité et l'aspect régulier du prolongement cylindraxile. Mais ce dernier est étudié plus complètement qu'avec les anciennes techniques. Né directement du corps cellulaire ou de la base d'un prolongement protoplasmique, il n'est pas indivis comme le croyait Deiters, puisqu'il émet en pleine substance grise de nombreux filaments de division (collatérales de Golgi, fig. 155, c). S'il est très court, il se termine à une petite distance de son corps cellulaire, après s'être divisé et subdivisé de façon à prendre une part importante au réticulum ou treillis, signalé par Gerlach dans les espaces intercellulaires de la substance grise; mais d'autres fois, il fournit un parcours considérable, par exemple quand il passe dans une racine antérieure motrice pour aller jusqu'àla fibre musculaire périphérique. Avec tous ces caractères, Golgi propose la classification suivante : toute cellule nerveuse pourvue d'un prolongement cylindraxile long, est motrice ; toute cellule avec prolongement cylindraxile coicrt, est sensitive. — De plus, le prolongement cylindraxile aurait seul la propriété de transmettre l'influx nerveux; aussi Golgi lui réserve-t-il le nom de prolongement nerveux ou fonctionnel. Quant aux prolongements protoplasmiques, « ils tendraient toujours à se porter vers les points dépourvus de fibres nerveuses, pour se mettre en connexion avec les cellules conjonctives et avec les parois des vaisseaux. En conséquence, ils doivent servir à la nutrition, et leur rôle essentiel consiste à conduire le plasma nutritif des vaisseaux sanguins et des cellules conjonctives jusqu'aux éléments nerveux. » (Golgi.)
Mais la nouvelle méthode a surtout le grand avantage de faciliter à Golgi l'étude des ramifications terminales en pleine substance grise. Pour les prolongements protoplasmiques, Golgi peut mettre en évidence des images histologiques moins complexes et plus faciles à lire que celles obtenues à l'aide du chlorure d'or par Gerlach; or, ces images montrent que tous ces prolongements se terminent par des extrémités renflées, toujours libres et dépourvues d'anastomoses : elles ne permettent donc plus d'admettre l'existence du réseau protoplasmique de
FiG. 156. — Cellule nerveuse multipolaire de la moelle d'un embryon de veau. Méthode de Golgi (d'après Van Geiiuchten). A remarquer les prolongements protoplasmiques multiples irréguliers et divisés; le prolongement cjlindraxiie, régulier et unique.
Gerlach. Toutefois, le savant italien croit voir, en pleine substance grise, des anastomoses bien réelles, celles-là formées par des fibrilles à caractères cylindraxiles, et, dans un travail publié en 1891, Golgi conclut à l'existence d'un véritable réseau nerveux diffus, dû aux anastomoses de toutes les fibrilles cylindraxiles qui se terminent dans la substance grise (ramifications des cellules nerveuses sensitives; collatérales des cellules nerveuses motrices; collatérales que les fibres de la substance blanche envoient dans la substance grise sur toute la longueur de l'axe cérébro-spinal). De plus, ce réseau
nerveux peut donner naissance aux fibres sensitives des racines postérieures de la moelle.
Après les travaux de Golgi, nous signalerons ceux de Ramon y Cajal et de son école. Mais nous devons nous contenter d'en indiquer ici les résultats généraux, en laissant de côté les structures particulières, décrites dans les différentes régions du névraxe. Ramon y Cajal reconnaît, comme Golgi, les cellules à cylindraxe long et les cellules à cylindraxe court, mais sans leur attribuer des fonctions différentes, motrices ou sensitives. Surtout, le savant espagnol a le grand mérite de démontrer que partout, à la périphérie comme dans les Centres gris, les prolongements cylindraxiles de toutes origines se terminent par des extrémités
libres, non anastomosées (fig. 157), contrairement à la doctrine de Golgi. En conséquence, quelque soit le territoire du système nerveux examiné, territoire périphérique ou territoire central, il n'existe aucun réseau, protoplasmique ou cylindraxile.
Ces notions nouvelles servent de base à la conception moderne de l'architecture générale du Névraxe, la cellule nerveuse et ses prolongements étant considérés comme un tout indivis et autonome, neurone de Waldeyer. Entre les prolongements de deux ou plusieurs neurones, il y a contiguïté de substance, mais non continuité.