COLORATIONS COMMUNES
Ces deux solutions servent à préparer le mélange colorant, qui est ensuite laissé un certain temps (i à i semaines) dans un vase couvert, pour la maturation. Le vase doit être découvert au bout de quinze jours, pour permettre Vévaporation complète de l'alcool. Le liquide brunit et dépose plus ou moins. On le filtre et on essaie sa force sur quelques coupes. Sa puissance de coloration persiste plus ou moins longtemps, ordinairement plusieurs semaines et même des mois.
a) Coloration simple :
Les coupes sont mises 1 à 2 minutes dans le colorant; puis, retirées avant qu'elles n'aient pris une teinte foncée et surtout diffuse; d'ailleurs, elles doivent être examinées, sans montage, au microscope, qui peut seul indiquer le moment favorable où les noyaux apparaissent bien teintés en bleu de lin. Les coupes sont lavées, plus ou moins longtemps, dans l'eau distillée additionnée de quelques gouttes d'acide acétique; puis, remises dans l'eau ordinaire faiblement alcaline, jusqu'à ce qu'elles aient viré au bleu en perdant toute teinte rosée;
Lavage; déshydratation; montage.
h) Colorations doubles ou triples :
1" Avec Véosine, en solution aqueuse à 5 pour 100. Avant la déshydratation, la coupe, déjà colorée par l'Iiéniatoxyline, est mise quelques secondes dans la solution d'éosine. Pour simplilier sans inconvénient aucun, on peut obtenir la même coloration, en éclaircissant la coupe avec du xylol faiblement éosiné ;
2° Avec le picro-carmin. Cette double coloration est excellente, quand elle a pleinement réussi. Le picro-carmin agit le premier, en solution très étendue, couleur fleur de pêcher. L'hématoxyline alunée agit ensuite, mais maniée d'une façon discrète, pour ne pas détruire les teintes rouges ou jaunes du picro-carmin.
Ces doubles et triples colorations (éosine; picro-carmin) doivent toujours être employées dans l'élude des processus pathologiques mixtes, à la fois interstitiels et parenchymateux, assez fréquents (myélites de diverses natures).
b. Hé.matéixe. — L'hématéine alunée, de préférence l'hématéine cristallisée de Mayer, se prépare de la même façon que l'hématoxyline deBœhmer; elle a l'avantage de pouvoir être utilisée presque dès le lendemain. De plus, pour les pièces du sj^stème nerveux, elle agit souvent d'une manière moins brutale et moins capricieuse que la simple héniatoxyline, dont elle ne parait être qu'un produit d'oxydation; ainsi, elle donne moins rapidement la surcoloration des protoplasmas et autres éléments en dehors des masses nucléaires.
c. HÉMATOXYLiN'E DE Mallory (1891). — Procédé simple pour colorer, outre les cellules, les fibrilles névrogliques, prolongements des cellules nerveuses, cylindraxes, avec plus d'intensité et sur une grande longueur.
Solution :
Molybdate de ptiosphore àlO pour 100. 1 centimètre cube.
Hématoxyline. , I gramme.
Eau distillée 100 grammes.
Hydrate de chloral 6 à 10 —
(A laisser mûrir au soleil pendant huit jours; filtrer.)
Coloration. — La coupe est déposée 10 à 60 minutes dans la précédente solution.
Différenciation. — Alcool à 50 pour 100, pendant une demi à une heui^e.
CORNIL ET l'.ANVIER. — II. 47
738 HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE DU SYSTÈME >ERVEUX XLENTRAL