‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 152 sur 205 · C. Liquide mixte (formule de Orth · texte numérisé non relu

C. Liquide mixte (formule de Orth

Bichromate de potasse 2'J',5

Sulfate de soude I grauime.

Formol 10 grammes.

Eau distillée 100 —

IL — INCLUSIONS

Les inclusions ont pour but de faire pénétrer dans tout un segment de moelle ou de cerveau, une substance liquide (collodion, solution de cclloï-

(1) Les moisissures se développent aisément dans le liquide de Miiller; on fera bien, pour en empêcher la trop grande puUulation, d'ajouter un peu de camphre ou d'acide phénique, aussi quelques cristaux de thymol.

dine, de pliotoxyline, etc.): laquelle substance peut être solidifiée plus tard, de façon à transformer la pièce en un bloc liomogène, capable d'être aisément débité en coupes minces et entières.

A. — Inclusion a la cklloïdine

Cette inclusion (collodions et celloïdines plus ou moins concentrées; photoxyline) constitue le procédé généralement employé pour le système nerveux centi-al. Il a été introduit en technique histologique par Matliias Duval (1879). Facile et donnant d'excellents résultats, il est indispensable pour les coupes sériées du cerveau et de la moelle. Surtout, ce procédé a le gros avantage de n'apporter aucun changement artificiel à l'agencement normal des éléments nerveux, et de respecter parfaitement la topographie des masses centrales, blanches ou grises.

a) Déshydratation (alcools à 80% 95", tOO°, pendant 1 à 10 jours, suivant le volume et le nombre des pièces); puis, 1 à 5 jours dans un mélange, à parties égales, d'alcool absolu et d'éther.

b) Imbibition (solutions de plus en plus concentrées de celloïdine ou de eollodion ordinaire, dit pharmaceutique). — La durée de cette imprégnation varie de quelques jours à plusieurs semaines, suivant qu'il s'agit d'un tronçon de moelle ou d'un lobe d'hémisphère cérébral.

1° Solution faible (1) :

Celloïdine (une plaque et demie à deux plaquesj. !200 à 300 grammes.

Alcool absolu / or\{\ .- u

,,., ,-. . aa 800 ccntim. cubes,

tlner sullurique J

2° Solution moyenrie :

Celloïdine (quatre à cinq plaques) 500 à 700 grammes.

Alcool absolu ) oaa .• u

,-,., ,„ . i aa oOOcentim. cubes.

Etlier sulfurique )

3" Solution forte ou sirupeuse :

Celloïdine (huit à dix plaques) 1200 à 1400 grammes.

Alcool absolu } r,fir\

Etncr sultunque )

(Chaque solution, conservée dans un vase clos, reste transparente plus ou moins longtemps, tout en s'épaississant légèrement. Ces trois solutions, faites à divers degréx de concentration, ont l'inconvénient de retarder l'inclusion; si elles ne sont pas indispensables pour les petits morceaux (moelle, nerfs, etc.), elles assurent une bonne imbibition pour les blocs de cerveau, de cervelet ou de protubérance, chose absolument nécessaire pour les coupes en séries.)

c) Solidification. — Les pièces, ainsi imbibées par la celloïdine, sont soumises à une évaporation lente, dans un cristallisoir à fond plat, dont le couvercle est soulevé par un peu de coton. La solidification est suffisante quand le bloc de celloïdine, devenu compact, tout en conservant sa transparence, a pris une consistance demi-molle. De plus, avant d'être débité en coupes minces, le bloc est laissé quelques jours dans l'alcool à 80", qui achève la solidification de la celloïdine, principalement dans les parties

(Ij La celloïdine se vend en plaques d'une consistance demi-molle; elle doit être transparente et non racornie, pour qu'elle puisse se dissoudre aisément dans le mélange d'alcool absolu et d'étlier, après avoir été débitée en minces lanières.

INCLUSIONS 735

centrales de la pièce. (Éviter les huiles d'air dues à une évaporation trop rapide, le durcissement précoce des régions superficielles; la consistance trop dure du bloc de celloïdine, etc.).

Le collodion non riciné s'emploie de même façon, à condition de l'étendre, en proportions convenables, avec le mélange, à parties égales, d'alcool absolu et déther, au moins pour les deux premières solutions,

B. — Inclusion a la paraffine

Depuis quelques années, l'inclusion à la paraffine est employée en histopathologie du système nerveux, surtout pour les méthodes de coloration laites dans le but de rechercher les lésions fines et élémentaires (cellules ou fibres nerveuses; tissu névroglique). Ce procédé ne vaut rien pour les éludes de topographie, qui tendent cà préciser le siège exact de tel processus pathologique et son étendue en largeur ou en hauteur; c'est que la paraffine exige des morceaux très petits et surtout elle provoque trop aisément, malgré les précautions les plus minutieuses, des dislocations et hélérotopies artificielles, particulièrement faciles dans le tissu nerveux. Dans la pratique courante, l'inclusion à la paraffine vient bien après l'inclusion à la celloïdine.

Le procédé suivant est celui qui donne le moins de mécomptes en système nerveux :

a) Déshydratation (alcools progressivement concentrés; alcool absolu). Comme durée : quelques heures ou une journée, suivant le volume, toujours petit, et le nombie des morceaux à inclure ;

b) Penetralion |)ar l'huile de cèdre, pendant quelques heures, jusqu'à ce que la pièce soit devenue transparente;

c) Inclusion proprement dite (quelques heures) pratiquée à l'étuve à paraffine (4(> à 54°) :

1" Premier bain, dans un mélange de paraffine molle (35" à iO"), dissoute dans l'essence de cèdi-e, à saturation;

2» Deuxième bain, dans un mélange de paraffine dure (45° à bi"). Ce bain devra être renouvelé deux et trois fois, dans le but d'obtenir l'élimination complète de l'huile de cèdre;

d) Solidification. La pièce, bien orientée, est coulée, avec sa paraffine chaude, dans un moule quelconque (boîte en carton ou métallique, etc.). La prise se fait vite en hiver; en été, on place la boîte dans un peu d'eau fraîche.

IH. — COLORATIOiNS

Les colorations employées sur les coupes du système nerveux central, varient beaucoup suivant le genre de recherches. Les unes, communes, ne font que répéter les procédés généralement utilisés pour les autres tissus (carmins; hématuxylines et hématéines; fuchsines, etc.). Les autres, dont le nombre a beaucoup augmenté depuis quelques années, étant spéciales à l'histologie, normale ou pathologique, du cerveau et de la moelle épinière, seront plus complètement exposées ici (méthode de Weigert; méthode de .Marchi; méthode de Nissl; Glia-métliode de Weigert; méthode de Golgi,etc.).

î. — Colorations communes A. — Les câkmins.

Leur technique n'a rien de bien spécial en système nerveux. Parmi les nombreux carmins utilisés pour les tissus en général, le meilleur pour les coupes de moelle ou de cerveau est le picro-carmin ammoniacal de Ranvier, suffisamment vieilli.

Les coupes, pratiquées sur des pièces sans mordançage excessif par les sels de chrome, sont laissées ta à 2i heures, de préférence à froid, dans une solution très faible (couleur fleur de pêcher), de picro-carmin. Quand la coloration est bonne, les gaines myéliniques sont jaune-clair; les cylindresaxes, rouges; le tissu névroglique, rouge un peu moins foncé; les cellules nerveuses, rouges dans leur masse protoplasmique, moins teintées dans leur noyau et dans leurs prolongements, au niveau desquels se distinguent plusieurs détails de structure; surtout, les plus petites taches de sclérose névroglique se découvrent aisément, en placards ou en traînées rouges plus ou moins denses, à travers la niasse plus claire des faisceaux nerveux intacts.

On peut employer, directement sur les morceaux, la coloration en masse (Ranvier-Korel), à l'aide du picro-carmin de Ranvier de préférence aux autres carmins, de la façon suivante :

a) Fixation et léger mordançaç/e (quatre à six semaines) par les bichromates en solution faible (liquide (le Millier) ;

b) Lavaiie soigné de la pièce, pendant plusieurs jours, dans l'eau distillée fréquemment renouvelée, ou à l'eau courante;

c) Coloration des pièces, très petites (un tiers de centimètre d'épaisseur), pendant trois à six semaines, dans des flacons remplis de picro-carmin en solution forte à 1 pour 100;

d) Déshydratation par les alcools, faiblement picriqués de préférence;

e) Inclusion à la celloidine, de préférence;

f) Coupes et montage.

Les autres carmins (carmin lithiné de Orth, carmin aluné de Grenacher, etc.) s'emploient sur les pièces très faiblement chromées, dans le but d'obtenir une meilleure coloration des noyaux; mais les résultats dans ce sens sont bien meilleurs avec les hémaloxylines.

R. — Les hématoxylines et hémâtéines.

Toutes les hémaloxylines peuvent être employées en système nerveux pour la coloration des noyaux, normaux ou pathologiques, et pour celle des protoplasmas également; même souvent, elles donnent des figures cellulaires, particulièrement nettes, très riches en détails, parfois préférables aux figures données par certaines méthodes cytologiques récentes, plus réputées.

a. Hématoxyline a l'alun. — L'hématoxyline généralement employée est Vhématoxyline à l'alun, de Roehmer, préparée de la façon suivante :

HéniatoxyHne cristallisée 2 g:rammes.

Alcool à 90 degrés 2U centimètres lulies.

(Solution à faire à froid.)

Alun purifié 2 grammes.

Eau distillée 300 centimètres cubes.

(Solution à froid.)

Page 1