COLORATIONS ÉLECTIVES. — MÉTHODE DE MARCHI
H. — MÉTHODES A BASE d'aCIDE OSMIQUE.
a. — Méthode de Marchi-Alyhieri (1887).
1" Fixation et mordançage jDar le liquide de Millier, pendant 1 i jours au moins. Morceaux très petits, ne dépassant guère un demi à un centimètre en épaisseur. Les pièces longtemps conservées dans les bichromates peuvent encore être employées pour la méthode de Marchi. Il en est de même pour les pièces fixées par le formol; dans ce "cas, elles seront utilement lavées à l'eau courante pendant un ou deux jours, avant d'être mises dans le liquide de Millier.
2'^ Coloration dans le liquide osmio-chromique fraîchement préparé, pendant 0 à 12 jours (moelle et nerfs périphériques); plusieurs semaines (cerveau, cervelet, isthme de l'encéphale) :
Liquide de Millier 2 volumes.
Solution d'acide osmique à 1 pour 100 1 volume.
I.e liquide devra être changé dès qu'il ne présentera plus l'odeur caractéristique des vapeurs d'acide osinique; cela dépend du nombre, de la nature et de la surface en largeur des pièces traitées. Ces pièces seront utilement suspendues à diverses hauteurs dans le liquide, pour aider la pénétration de l'osmium. Dans le même but, la solution sera fréquemment agitée. On peut placer les llacons à l'étuve (25" à 3U") pour activer l'imprégnation osmiée.
Dans les recherches expérimentales, on doit laisser passer 24 heures avant d'extraire le cerveau et la moelle de l'animal sacrifié. Avoir soin d'éviter les tiraillements des racines rachidiennes, et les pressions ou malaxations du tissu nerveux; ce sont là autant de traumatismes suffisants pour modifier la structure intime des gaines myéliniques, et faire se précipiter la myéline normale, qui, dès lors, donnera en présence de l'osmium, des granulations noires inter- et intra-tubulaires, certainement difficiles à distinguer d'avec les boules et blocs franchement pathologiques et de formation plus ou moins ancienne.
3" j^avage à l'eau courante pendant vingt-quatre heures au moins.
i" Inclusion celloidinée.
5" Les coupes doivent être épaisses (30 à80t^.). Elles sont montées directement ou après surcoloration (picro-carmin, éosine, fuchsine de Van Gieson, etc.). Ne pas employer de lamelles couvre- objets. Souvent, les préparations au Marchi, montées dans le baume de Canada, pâlissent à la longue, si bien que les granulations noires disparaissent plus ou moins complètement; pour éviter cet inconvénient, on peut employer le montage dans la glycérine.
La myéline normale est colorée en jaune brun, de façon uniforme et régulière, dans toutes les portions du névraxe.
La myéline pathologique (granulations, poussières, boules, corps granuleux, etc.) prend une teinte noire : ce qui permet de la reconnaître aisément, d'en suivre la distribution et la topographie générales sur le fond jaune brunâtre du restant de la préparation. La méthode de Marchi est donc le procédé de choix pour étudier les processus démyélinisaleurs dès leurs premières phases, même quand ils frappent simplement quelques gaines isolées ou des fascicules nerveux peu volumineux. Les erreurs de technique sont assez fréquentes; elles varient suivant qu'il s'agit du cerveau, de la moelle
épinière ou des nerfs périphériques; elles seront exposées en détail, de façon plus utile, avec les moyens de les reconnaître et de les éviter, au fur et à mesure de l'étude analytique des différents processus pathologiques.
b. — Procédé d'Exner.
Ce procédé d'imprégnation osmiée, surtout employé pour l'étude des fibres tangentielles de l'écorce cérébrale, demande des pièces très fraîches. Ces pièces, ayant au maximum 1 centimètre d'épaisseur, sont placées dans une solution d'acide osmique à 1 pour lOU, suffisamment abondante (de volume dix à quinze fois supérieur à celui des pièces), plus tard changée dès l'apparition d'une coloration noire. Puis, au bout de cinq à six jours, lavage des pièces. Coupes faites sans inclusion ou après enrobement extemporané par une celloïdine sirupeuse. Ces coupes sont lavées et montées. Les préparations se conservent très mal.
c. — Procédé d'Azoulay.
Les coupes très minces, pratiquées sur des pièces chromées, sont noircies pendant quelques minutes dans une solution faible d'acide osmique (1 pour 500); puis, chauffées pendant cinq minutes dans une solution à 5 pour 100 de tannin. Après montage, les fibres myéliniques sont seules colorées en noir.
Ce procédé a l'avantage d'être très rapide et ne demande pas des pièces longtemps chromées. Edinger et quelques auteurs lui reprochent de ne pas bien mettre en évidence les fibres myéliniques les plus fines, et de donner assez fréquemment une coloration brunâtre uniforme de toute la coupe. Ce dernier inconvénient peut être évité en décolorant les préparations, soit avec les liquides habituels (Pal, Kultchitzky), soit avec l'eau de Javel diluée. Il est surtout nécessaire de bien débarrasser les coupes des réactifs (tannin et acide osmique), cela par des lavages prolongés (vingt-quatre heures).
|j. — Colorations électives des cellules nerveuses, a, — Méthode primitive de Nissl (Substance dite chromatique).
1" Fixation par l'alcool à 96 degrés, remplacé au bout de 12 ou 24 heures par l'alcool absolu (deux à cinq jours) Les pièces doivent être recueillies le plus tôt possible. Chaque fragment ne doit guère dépasser un tiers de centimètre en épaisseur.
2" Après durcissement convenable, chaque morceau est collé, avec la gomme arabique ou la colle de poisson, directement sur un bloc de liège, d'après le procédé de Weigert. On pratique des coupes d'une épaisseur de 10 y. au plus, en mouillant constamment le l'asoir du microlome avec de l'alcool à 90 degrés.
3° Coloration par les couleurs basiques d'aniline. Au début de ses recherches, en 1885, Nissl avait recommandé le rouge Magenta, le rouge dahlia, la vésuvine, etc. Plus tard (1891 et 1894), il indiqua la solution suivante :
Bleu de méthylène B 3'"',75
Suvon de Venise râpé l'J'',75
Eau distillée 1000 grHmmes.
Les coupes, avec leur liquide, sont chauflées dans un verre de montre jusqu'à légère ébullition (65 à 70").