‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 17 sur 205 · RÉGRESSION PLASMODIALE ET CELLULAIRE · texte numérisé non relu

RÉGRESSION PLASMODIALE ET CELLULAIRE

d'un «c retour de la fibre musculaire à l'état embryonnaire ». Il avance également, à titre d'hypothèse, que l'état trouble de certaines fibres serait dû, non pas à une dégénérescence, mais à cette seule tuméfaction du sarcoplasma. Krôsing, en 1802, a donné le premier travail d'ensemble sur un certain nombre de ces phénomènes, qu'il a rapprochés les uns des autres et dont il s'est efforcé d'établir la filiation. Nous-même, sommes revenu à différentes reprises sur ce sujet. Nous avons cherché à montrer la fréquence de l'individualisation cellulaire plus ou moins parfaite du sarcoplasma et à mettre en évidence le rôle important que remplit cette régression plasmodiale ou cellulaire, infiniment variée dans ses manifestations, comme processus constant, peut-être unique, duquel semblent relaxer (\e?. meta moî^plwftes encore peu connues de la cellule musculaire et un certain nombre d'altérations de la fibre, jusqu'ici mal élucidées, parmi lesquelles on peut citer l'atrophie et l'hypertrophie, apparaissant en dehors de toute dégénérescence. De Buck et de Moor, enfin, sont venus, dans un travail récent, apporter de nouvelles preuves à l'appui de la mélaplasie graisseuse du muscle.

Régression et régénération. — 11 n'est pas inutile de rapprocher ici la régression cellulaire de la régénération. Ces deux processus, quoique comportant tous deux la formation de cellules musculaires, sont absolument le contraire l'un de l'autre; les cellules, issues d'un point de départ opposé, suivent une marche diamétralement opposée.

Dans la régénération à type embryonnaire, que nous avons étudiée plus haut, il se produit, après dégénérescence, une prolifération des débris sarcoplasmiques conservés qui donneront naissance à une nouvelle fibre adulte destinée à remplacer la fibre détruite. Il s'agit là d'une néofonnalion cellulaire, bien plutôt que d'un retour à l'état embryonnaire, car les cellules ainsi formées comportent une masse de substance bien plus considérable que celle des débris sarcoplasmiques dont elles prennent naissance.

Dans les régressions et métaplasies musculaires, il n'y a pas de fibre détruite, et, par conséquent, pas de régénération. La cellule musculaire, après avoir évolué dans un sens, depuis son état de cellule fœtale jusqu'à son état de fibre adulte, reprend, mais en sens inverse, le même chemin, et regagne son point de départ. La fibre, par suite du trouble de l'innervation ou de la nutrition, en dehors de toute dégénérescence, reprend peu à peu d'abord un état plasmodial moins hautement différencié, puis un état cellulaire. C'est un retour

en arrière, une véritable régression vers l'état embryonnaire, ou mieux, vers un état cellulaire indifférent.

Dans le premier cas, ces éléments évoluent de l'état cellulaire vers l'état adulte (régénération)', dans le second cas (régression), de l'état adulte vers l'état cellulaire, les cellules ainsi formées semblant revenir à un état indifférent qui leur donne une aptitude spéciale à abandonner leurs caractères propres pour subir des métamorphoses diverses.

On ne saurait donc assimiler le processus de la régression cellulaire à celui de la régénération; ils se dirigent en sens contraire et diffèrent autant par leur point de départ que par leur aboutissement final.

Afin d'éviter, autant que possible, les confusions entre ces deux processus, qui aboutissent tous deux à la formation de jeunes cellules fusiformes, mais l'un par -prolifération de débris conservés, l'autre- par retour à Vétat cellulaire sans destruction antérieure , nous conserverons à ce dernier le terme de régression cellulaire ou plas- MODiALE et réserverons celui de néoformation ou régénération a type EMBRYONNAIRE aux phénomènes de régénération proprement dits.

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