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RÉGRESSION CELLULAIRE. MÉTAMORPHOSES

prendre. La cellule conjonctive n'est pas seule à pouvoir se distendre par une gouttelette de graisse. Les épithéliums eux-mêmes y sont exposés, et nous nous bornons à rappeler la transformation adipeuse de la cellule hépatique.

Ces pseudo-cellules adipeuses musculaires, disséminées dans le tissu conjonclif, sont parfois encore reconnaissables à leur réaction colorante par le picro-carmin et à la présence dans leur protoplasma de débris de substance striée qui rendent leur nature indiscutable. Mais lorsque leur protoplasma, distendu outre mesure par la goutte de graisse, ne se présente plus que sous l'aspect d'une mince enveloppe, rien ne permet plus de déceler leur origine.

Il est impossible de ne pas rapprocher de ce fait l'apparition de nombreuses cellules adipeuses dans certains muscles en voie d'atrophie où, ce que l'on regarde comme atrophie simple, parait cadrer complètement avec une régression cellulaire suivie de métamorphose adipeuse. Ces cellules adipeuses, dont l'abondance est variable, mais qui sont presque constantes dans les amijotrophies primitives, myélopathiques et névropatliiques, sont disposées souvent en longues traînées parallèles, et semblent tantôt occuper les anciennes gaines de sarcolemme, tantôt s'être développées aux dépens de cellules musculaires tombées dans le tissu conjonctif. Nous avons pu, du reste, dans un cas d'amyotrophie pseudo-hypertrophique, nous assurer de cette origine, grâce à la présence d'éléments de passage incomplètement remplis par une gouttelette de graisse volumineuse mais possédant encore un protoplasma musculaire caractéristique.

En dehors des amyolrophies. la lipomatose musculaire (voir ce mot), certains nodules adipeux circonscrits (voir Lipome musculaire) développés en suite de lésions locales, semblent relever, au moins en partie, de la même métamorphose, qui pourrait se rencontrer jusque dans les cellules striées du rltabdomyome (voir ce mot).

Il est à noter, toutefois, que la transformation adipeuse de la cellule musculaire semble être d'autant plus aisée et abondante que le sujet est plus jeune. Elle peut se manifester à tout âge, mais apparaît au plus haut degré chez les myopalhiques jeunes, chez lesquels une phase de pseudo-hypertrophie précède souvent l'atrophie définitive. Ce fait est à rapprocher de l'aptitude générale que présentent les enfants à accumuler de la graisse en tant que réserve nutritive.

Il y a là exagération et déviation d'un processus physiologique qui, au lieu de se limiter au tissu cellulaire sous-cutané, s'accomplit également dans le tissu musculaire.

Y- Métaplasie osseuse. — D'après Krôsing, dans la myosite ossifiante jwogressive (voir ce mot, p. 345), les cellules musculaires, après individualisation, ne disparaîtraient pas, mais joueraient le rôle de véritables ostéoblastes. La myosite ossifiante progressive ne serait alors qu'une amyolrophie dans laquelle la cellule musculaire, au lieu de subir la transformation conjonctive ou adipeuse, subirait la transformation osseuse.

B. — Régression plasmodiale partielle centrale.

(divisions, MULTIPLICATION.)

La régression peut se faire, non pas à la périphérie de la fibre, mais dans son épaisseur. Elle n'aboutit pas alors, généralement, à une individualisation cellulaire aussi parfaite et entraîne, non pas une exfoliation, mais une dicision plus ou moins inégale de l'élément.

Sur une fibre, autour d'un noyau, on voit apparaître une traînée de protoplasma clair, légèrement grenu, qui, se prolongeant longitudinalement au-dessus et au-dessous, s'unit bientôt avec des traînées

FiG. i\.. — l'iljre imisiiilaire en voie de division longitudinale (libre en Vj (grand iiectoralj (Durante).

A, libre mère; a et a', fibres fiiles. A l'union des trois portions s, amas de sarcoplaama renfermant des noyaux. — (G. Durante, Presse médicale, 1900.)

voisines collectées autour d'autres noyaux. Une fissure se produit alors, qui ne siège pas en un point quelconque, mais est toujours disposée de telle sorte que sur chacune de ses lèvres on retrouve, largement disséminés, des noyaux et leur couche protoplasmique. Cette fissure peut s'étendre d'un bout à l'autre de la fibre qui est ainsi divisée en deux demi-fibres indépendantes ayant chacune leur gaine de sarcolemme propre. Ailleurs, la division est incomplète et donne naissance à des fibres ramifiées en Y dont la branche unique a un

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volume sensiblement égal à la somme des volumes des deux autres. La division peut se faire successivement ou, plus rarement, simultanément en divers points de l'épaisseur de la même libre qui est ainsi séparée en un plus ou moins grand nombre de libres secondaires.

Si ces divisions se font toutes dans le même sens et demeurent incomplètes, la libre se transforme en un pinceau d'éléments plus ou moins volumineux. Si elles se font en sens opposé, on voit apparaître des libres en N ou en M qui peuvent donner naissance à un véritable réseau musculaire à larges mailles losangiques anastomosées (voir lig. "20, fibre d). C'est en particulier ce que nous avons pu observer dans certaines hypertrophies musculaires numériques comme celle du

FiG. i-1. — Hy|iiMli(i|ilii«' iiiiisculairc vraie, vi)liimiiliii(iio (f)iiraiito) Coupe longitudinale du deltoide. Divisions longitudinales des lihr-ps musculaires. La libre a se divise eu fibre c très ^rcle et en libre h plus larije. Celte dernière se divise à son tour en libre rf et libre e. Auiiuientatiou cousiiléralde du nombre des noyaux formant des chaînes et des amas à la surface des libres et parliculièrcnienl aux points de bifurcation (h). — Grossissement de 180 diamètres. — (G. Durante, HuU. de ta Soc. anat., l'JOO.)

grand droit antérieur de rabdomen dans les derniers mois de la grossesse. La division dichotomique nous a paru de beaucoup la plus fréquente. Les dimensions respectives des parties isolées sont très variables : tantôt les deux portions sont sensiblement égales, tantôt l'une ne compte qu'une ou deux fibrilles, tandis que l'autre conserve un volume presque normal.

Lorsque les fibres ainsi divisées restent fusionnées par une de leurs extrémités, on trouve toujours, au point de bifurcation, tant que le processus est en voie d'activité, des noyaux en plus grand nombre entourés d'une étroite zone protoplasmique dont une pointe effilée semble prolonger la direction de la fissure primitive (voir lig. 21). Ce détail permet d'affirmer, sur les coupes longitudinales, qu'il ne s'agit pas d'une illusion d'optique occasionnée par deux fibres superposées en partie, et, dans les dissociations, que l'on ne se trouve pas en présence d'une division artificielle par les aiguilles.

Sur les coupes transversales, on peut s'assurer que cette fissuration ne se fait pas, en général, de dedans en dehors, mais de dehors en dedans. Partant de la périphérie de la fibre et se portant vers son centre, elle se montre d'abord sous la forme d'une encoche (voir fig. 25) qui se prolonge et finit par séparer l'élément en deux parties distinctes, possédant chacune leur champ de Cohnheim. La présence de noyaux à

la surface et au fond de l'encoche permet également d'affirmer que ce n'est pas une altération artificielle.

Ces divisions peuvent donner lieu, sur les coupes transversales, aux figures les plus inattendues. Erb a vu des fibres, subissant une division radiée, transformées en une série de triangles dont les somments se réunissaient autour d'un point central, tandis que les bords opposés, convexes, dessinaient encore les limites de la fibre primitive (voir fig. 24, b). Ce même auteur rapporte un exemple de division intrinsèque. La fissure s'était effectuée à mi-épaisseur de la filjre, avait évolué circulairement et avait ainsi donné naissance à deux éléments concentriques, dont le plus excentrique, en forme de cylindre creux, entourait le central, représenté par un cylindre plein, comme un canon de fusil, la baguette que l'on y introduit (voir fig. 26). Nous avons nous-même observé plusieurs figures identiques dans des fibres hypertrophiées (voir fig. 27, a, b), alors que d'autres subissaient des divisions dichotomiques ou trichotomiques plus vulgaires.

Le sarcolemme ne semble apparaître sur les deux lèvres de la fissure que lorsque celle-ci a traversé la fibre de part en part et l'a complètement divisée. Ce sont les coupes transversales qui, sous ce rapport, sont les plus démonstratives. Parfois, ainsi que nous l'avons constaté au voisinage de tumeurs, l'absence totale de sarcolemme vient faciliter ces subdivisions»

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Fig. 23. — Atrophie par divisions longitudinales dans un muscle de vieillard qui n'avait, cliniquement, présenté rien de pathologique (d'après une préparation de M. Gonibault).

Les fibres atrophiées qui naissent des fibres o et 6 sont chargées de noyaux nombreux, se subdivisent souvent à leur tour (e) et parfois inêirie s'anastomosent entre elles.

RÉGRESSION PLASMODIALE. DIVISIONS

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II semble que l'on doive rapporter à de pareilles divisions, certaines figures si fréquentes sur les coupes transversales de muscles pathologiques. On observe souvent, en efîet, une ou plusieurs fibres grêles accolées (iontre une fibre plus volumineuse, ou de petits amas constitués par trois, quatre, jusqu'à six ou huit petites fibres parfaitement indépendantes, mais serrées les unes contre les autres et remplissant approximativement l'espace qu'occuperait une fibre normale (voir lig. 24, "25 et 26). On les a, jus([u'ici, considérées comme un petit faisceau de fibres atrophiées. Nous croyons, plutôt, qu'il s'agit d'une fibre ayant subi plusieurs divisions successives ou simultanées.

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l'ifc'. iii.

Fie. ii. — D'aprùs \V. Eii) : Dyslropliios inusculairi's |)ro;,'n!Ssivcs, iii Deutsche Zeilschrift fur Nervcnheilk'inde, Bil I, IS'.ll, |il. I, lig. 11. Oliservation do Scliiieller : Myopatliio iiitermûdiaire à la pseudo-liypciUopliic et à la forme juvénile. Biceps. Deltoido. En a, fibre musculaire divisée et subdivisée. En b, division on rosace.

FiG. 2.T. — D'après W. Erb : Dystrophie musculaire progressive. In Deutsche Zeilschrift fiir Nervenheilkunde, Bd I, 1891, pi. I, lig. 17. Observation Koch. Myopathie de forme infantile. Muscle long supinateur.

Fibre musculaire en voie de division.

Fie. 26. — D'après W. Erb : Dystrophie muscuiairi> progressive. In Deutsche /eitschrift fiir Xervenheilkunde. Bd I, 189IJ, pi. 1, lig. 10. Observation de Sclineller. Myopathie inli-rniédiairc à la pseudo-hypcrirophie et à la forme juvénile. Fibre en voie de division avec emboîleuicnt concentrique des éléments ainsi formés. On remarquera dans ces figures ral)ondance des noyau.x. Les lignes de division se pi'opageant le long des traînées de sarcoplasma hypertrophié, les noyaux se trouvent ainsi disposés principalement le long des lèvres de ces fissures.

Cette division par activité partielle du sarcoplasma, aboutit donc à une augmentation de nombre, à une vév'iUhle multiplication des (ihres striées adultes. Cette multiplicatioti dilîère sous certains rapports de la prolifération que nous avons étudiée plus haut. Dans la prolifération, c'est une cellule musculaire seule qui s'isole. Pour reproduire une fibre musculaire, cette cellule doit s'accroître, augmenter ses noyaux et différencier une nouvelle substance striée. Il y a prolifération cellulaire et ces cellules doivent régénérer une fibre de toutes pièces. Dans la multiplication par division, il n'y a que scission de la fibre en deux. Chaque portion est une fibre complète comprenant une partie du sarcoplasma et une partie du myoplasma de la fibre

mère. Les nouvelles fibres, toutes formées dès le début, n'ont pas à être régénérées. Il n'y a même pas, à proprement parler, de nouvelles fibres, mais simplement réorganisation des anciennes fibrilles sur un nouveau plan.

Le sort ultérieur des libres ainsi multipliées par division varie. Tantôt elles s'accroissent et finissent par acquérir chacune un volume égal à celui de la fibre primitive. Elles pourront ainsi, soit remplacer un certain nombre de fibres détruites, soit amener une véritable

hypertrophie des muscles, hypertrophie numérique, par augmentation de nombre, qu'il faut distinguer de l'hypertrophie par augmentation de volume de ces éléments {y o'w Hypertrophie). Tantôt, au contraire, les fibres filles ne s'accroissent pas. Dès lors, par suite de division successive ou d'exfoliation ultérieure, ces éléments diminuent de plus en plus de diamètre et Unissent par disparaître, probablement par métamorphoses conjonctive ou graisseuse. C'est alors Vatrophie simple progressive qui en est la conséquence. Il est curieux de constater que ce même processus de multiplication par dirision longitudinale peut aboutir, ici à l'hypertrophie, et là, à l'atrophie.

Cette division longitudinale, par régression partielle de fibres musculaires, est très fréquente. On la retrouve plus ou moins complètement indiquée dans plusieurs observations d'amyotrophie progressive (Friedreich, KnoU, P. Marie, Hoffmann, Heubner, Hitzig, Singer, etc.), et Erb, en particulier, en donne une très bonne description dans son travail sur les dystrophies musculaires, sans, toutefois, essayer d'en expliquer le mécanisme. Yolkmann l'a décrite dans le voisinage des tumeurs où la division peut aller jusqu'à transformer les fibres en un

l'iG. i'. — Hypertrophie miisiulaii-e vraie volumélrlc|iie. Coupe transversale du deltoïde (Durante).

En a 6, fibre ayant subi une division concentrique; la libre intérieure est de toute part enveloppée par la fibre creuse périphérique. Dans la fissure séparant ces deux libres, un voit plusieurs noyau.x musculaires. — Grossissement de 200 diamètres. — [G. Dur.\nte, Bull, delà Soc. anat., 1900.1

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